Peut-on tout accepter ?

Lors de ce festival de Clermont-Ferrand, j’ai pu découvrir de merveilleux courts-métrages, très intéressants, divertissants ou prenants. Mais certains courts-métrages m’ont interpellé. Je me demandais ce qu’il y avait d’artistique, de divertissant ou de technique dans ces réalisations. Certains films ont même été sifflés lorsque les lumières s’allumaient. Je ne souhaitais pas être à la place de ceux qui ont payé pour assister à des courts métrages sans histoire et dans lesquels il ne se passait rien. Je parle d’une salle de projection particulière : la salle LABO. Chaque court métrage est un défi lancé aux spectateurs. Ce ne sont pas des réalisations « classiques », elles sont faites pour que le spectateur se pose des questions et réagisse. C’est mon cas.

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DeepSpace

Par exemple, Deep Space de Bruno Tondeur (2014), un film d’animation dans lequel un astronaute part en mission sur une planète pour ramener une espèce intelligente sur la Terre. Ce court-métrage est bien fait artistiquement mais l’histoire est absurde… Il n’est pas précisé aux grands-parents qui emmènent leurs petits-enfants à une séance qu’ils pourront peut-être en ressortir traumatisés aux vues des scènes obscènes. Vraiment j’ai été déçu, je ne vous en dis pas plus.

Hillbrow
HillBrow

HillBrow, film de Nicolas Boone, 2014. C’est un court métrage de 32 min (s’il vous plait!!) où l’on suit des citadins dans le quartier de HillBrow en Afrique du Sud. Il est réalisé en plan séquence. Chaque plan doit durer entre 5 et 7 min. Et … on s’endort. Trois plans auraient suffi, mais 5 ou 6 plans – sachant qu’il n’y a pas d’histoire et qu’on ne s’attend à rien – c’est lassant. Ce film peut être apprécié en effet mais le spectateur n’attend pas 32 min pour apprécier un film comme celui la. Un plan suffisait largement pour apprécier le travelling du steadycam et le travail du caméraman. Le reste n’est que répétition et on se lasse très vite. Surtout lorsqu’on ne s’attend pas à tomber sur ca… C’est l’un des seul film qu’y a été sifflé dans la salle de projection… C’est pour dire !

2 réflexions sur “ Peut-on tout accepter ? ”

  1. Bonjour Thibault,

    Je trouve tes remarques très intéressante sur ta perception des films du laboratoire. Mais je suis en complet désaccord avec ton point de vue. Les auteurs de la plupart des courts des séances labo, font preuve d’audace et prennent des risques dans leur créations pour nous offrir des œuvres qui sortent des sentiers battus, le spectateur doit sortir de sa zone de confort et ne reste pas dans son apathie habituelle. Je pense qu’il y a toujours des critiques à faire sur chaque film mais on ne peut pas critiquer l’impudence et le culot des auteurs, l’impertinence nous sauve.

    Je pense malgré ça que les films ont fait effet vu que comme tu dis ils sont fait pour réflechir et réagir ce qui est ton cas.

    Et juste à titre informatif les deux films dont tu parles n’étaient pas programmées dans la compétition laboratoire, mais respectivement en national et international, leurs narrations étaient plutôt classique comparé à d’autres court-métrages.

    Voila je t’embrasse mon cher Thibault, et j’espère que tu auras quand même envie de revenir au festival :)

  2. Cher Thibault,

    Il me semble que nous avons une vision du monde, de l’art, et de leur place dans nos vies qui diffèrent du tout au tout.

    Il m’est incompréhensible de voir que tu t’insurges contre ces deux courts métrages en particulier. Deep Space a une narration qui me semble extrêmement classique. Serais-tu choqué par la représentation de la sexualité ? Ne peut-on pas tout dessiner ? Tu m’interroges sur des questions bien actuelles.

    Rémi a déjà souligné le fait que ces deux films ne figuraient pas dans la programmation Labo, je ne reviendrais pas là dessus.

    La programmation Labo, parlons en. Serait-il incompréhensible de s’extraire d’une narration classique, de choisir un thème, une forme et de s’y attarder ? L’art ne sert-il qu’a raconter des histoires ?

    Je ne me permettrais pas de répondre à ta place à ces questions,

    Je t’embrasse,

    Emma Chapuy with love

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