Addiction

« On est passé d’un demi-siècle de l’écran-spectacle à l’écran- communication, de l’écran-un au tout-écran, voici l’époque de l’écran global. L’écran en tout lieu et à tout moment »

Gilles Lipovetsky est un essayiste et professeur de français agrégé en philosophie. Nous parlons du dernier chapitre de son livre ; Tous les écrans du monde. Cette partie propose une description de la nouvelle « écranocratie ». L’écranocratie est l’omniprésence de l’écran dans la société. Les écrans seraient devenus des objets indispensables à notre vie, qui semble nous diriger, pire nous dominer.

Gilles_Lipovetsky_by_Cedric-Audinot

(Image trouvée sur : http://cedricaudinot.com/portfolio/serie-de-portraits/)

Datant de 2007, cet ouvrage décrypte assez bien nos rapports addictifs aux écrans. « L’homme d’aujourd’hui et de demain, relié en permanence par son mobile et son ordinateur à l’ensemble des écrans, est au cœur d’un réseau dont l’extension marque les actes de sa vie quotidienne ».

Une phrase de l’ouvrage pointe le doigt sur le danger de cette addiction de l’humanité, et m’a personnellement effrayé : « Un jour, peut-être, ce qui ne sera pas disponible sur écran, n’aura plus d’intérêt et d’existence pour tout un ensemble d’individus : quasiment tout se cherchera sur écran et renverra à celui-ci. Être sur écran ou ne pas être ». Cette thèse a déjà évoqué plusieurs fois par de nombreux hommes mais m’apparait toujours aussi provocante quand au comportement aliéné de la société qui ne veut pas se l’avouer. Cette société change-t’elle pour autant ? La vraie question est, doit-elle changer alors que le monde évolue à une vitesse conséquente technologiquement ?

Je me demande si nous pourrions vraiment perdre les objets de culture présents depuis si longtemps dans les mœurs. Les livres ? Les cahiers ? Les toiles ? Voici seulement quelques exemples infimes. Si cela viendrait à se produire un jour, ce serait sans doute la plus grande perte de l’humanité. En effet, plus qu’une perte matérielle ce serait aussi la perte de nos anciennes valeurs les plus importantes et de nos plus grandes sensations. Le toucher des pages, le glissement du pinceau, l’encre sur la feuille…

ND

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