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Gilles Lipovetsky vs Swagg Man

Gilles Lipovetsky avance le fait que nous sommes entrés dans l’âge de l’individualisation du luxe. Selon lui les individus, quelque soit leur classes sociales, ont les mêmes aspirations. Cela se retrouve dans leur gout pour le luxe. Dans les années soixante il est vrai que peu de marque de luxe étaient connues pour de tous. C’est à dire que la logique de consommation ne s’applique pas en fonction des classes mais selon des phénomènes de mode. Il n’y a plus de culture de classe de consommation. Certes le model économique actuel, empêche l’homogénéité des classes mais favorise la popularisation de la consommation de luxe. Apple l’a très bien compris avec sa politique d’écrémage s’adressant à tout les utilisateurs. Au-delà des considérations esthétiques et technologiques d’usage, il est facile d’affirmer que cette popularisation répond avant tout à une tendance structurante du marché mondial. C’est pourquoi pour se distinguer des masses, l’élite choisit aujourd’hui l’ultra-exclusif que l’on appelle « hyperluxe ». Cette nouvelle tendance, dont Louis Vuitton serait l’exemple, remet en question la stratégie de massification de la consommation qui va de pair avec le pouvoir d’achat en hausse. L’hyper-luxe part du principe que le consommable se veut personnalisée, discret et sans aucune restriction. C’est dans une démarche de customisation que l’hyper luxe marque la fin du « luxe démocratique » souligné par Gilles Lipovetsky.

 

3 réflexions sur “ Gilles Lipovetsky vs Swagg Man ”

  1. Merci pour ton article Charlton !
    Luxe hyper-luxe, c’est bien beau, mais une fois que la personne possède cela, existe-t-il d’avantage que l’hyper-luxe ?

    1. Bonsoir Côme,

      Je pense qu’au-delà de l’Hyperluxe il y a la valeur suprême.
      L’Hyperluxe est une manière de se distinguer des masses, afin d’atteindre le stade supérieur au luxe. Cela passe par la possession d’un bien unique aux yeux de la convoitise. Pour répondre plus précisément à ta question je dirais que pour souhaiter plus unique que l’Hyperluxe il faudrait qu’il y ai une massification de l’Hyperluxe. Mais cela ne tien qu’à la valeur du bien que la personne intéressé par l’Hyperluxe veut posséder. Autrement dit l’originalité, la rareté et le prix de ce bien permet de définir à quel degrés d’Hyperluxe nous sommes. L’Hyperluxe est difficile à calculer, peut-être même aussi dure que de définir la valeur d’une oeuvre d’art.

      Amicalement.

  2. Bonsoir Gabriel,

    En ce qui concerne la richesse intellectuelle et spirituelle, c’est un tout autre débat mais qui rejoint l’idée d’hyperluxe. Pour te répondre je parlerais de la place du mental dans le transhumanisme et le bouddhisme.

    Le bouddhisme soutient l’idée que nôtre âme survivra à notre mort et qu’elle flottera en dehors de nôtre corps post mortem. A ce stade l’âme enferme les capacités perceptives et intellectuelles plus puissantes qu’avant notre mort. C’est à dire que l’âme est capable de se séparer du corps tout en restant à peu près la même que lorsqu’elle était logée dans ce corps.

    On pourrait comparer l’idéologie bouddhiste de l’âme au grand projet du transhumanisme, celui de télécharger le contenu de notre mémoire dans un support informatique afin de pouvoir l’uploader dans un nouveau corps. Ainsi on retrouverait grâce à des moyens technologique, un équivalent de la survie de l’âme post mortem. C’est à dire que l’âme doit être retranscrite sous forme de données pour circuler d’un corps A vers un support de stockage vers un corps B.

    De ce fait, l’hyperluxe ne peut s’apparenter qu’au transhumanisme du fait qu’il n’est pas question d’avoir la foi comme dans la religion bouddhiste, mais de financer cette technologie. Cela revient à dire que la religion n’est pas un luxe mais une croyance contrairement au transhumanisme. De plus si cette technologie est mise au point, le marché du « uploading memory » créera une homogénéité des classes sociales exactement comme le fait l’hyperluxe, si bien qu’il poserait des question d’ordre éthique.

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