J’ai assisté au salon « Planète PME » au Palais Iena à Paris

Jeudi dernier, dans le cadre de mon stage, je suis allé à Paris, et plus précisément au salon Planète PME, au palais Iena, en plein centre de Paris, à 2 minutes à pieds de la Tour Eiffel. Ce salon avait était destiné aux jeunes entrepreneurs, et avait pour but de leur apporter des conseils, ou de les mettre en contact avec des incubateurs.

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Photo de l’entrée principale du bâtiment
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Location du palais Iena dans Paris, la tour Eiffel est juste en dessous

Arrivé sur place, j’ai fait la connaissance d’Olivier Soyer, la personne avec qui j’allais travailler la journée.

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Olivier Soyer (Gauche) et moi même (droite)

Le parcours d’Olivier est assez particulier. A 20 ans, il vient juste de finir son bts pour travailler dans une papeterie. 3 ans plus tard, il plaque tout pour travailler dans un zoo, dans lequel il travaillera en tant que garde et assistant vétérinaire. Il quitte le zoo pour aller à l’ESRA, une école supérieur d’audiovisuel, où il fera une année d’étude. Après avoir bossé plusieurs années pour une webtv (dont lui même ne se rappelle plus le nom), il se lance en tant qu’auto-entrepreneur. Il travaille seul. Son métier consiste en filmer et monter des événements divers, mais principalement des conférences comme celles auxquelles j’ai assisté ce jour là. Olivier dispose de deux caméras, un micro et un panneau LED.

 

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Les deux caméras d’Olivier

La particularité des caméras d’Olivier, c’est qu’elles sont pas numériques. Olivier fonctionne avec des cassettes, qu’il  doit ensuite exporter sur son ordinateur via un magnétoscope, ce qui lui prend du temps. Il préfère cette méthode, car il n’a pas les moyens de changer son matériel pour des caméras numériques.

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Une des cassettes qu’utilise Olivier

J’ai alors demandé à Olivier : « Mais ça ne te coûte pas trop cher en budget de cassette ? Et tu en trouves facilement ? » il m’a répondu qu’on pouvait enregistrer par dessus des cassettes déjà pleines, donc pas besoin d’en racheter, il suffit d’avoir assez de stock pour enregistrer plusieurs heures. La seule grosse contrainte c’est qu’il faut changer de cassette toute les 45 minutes (d’où l’intérêt d’avoir 2 caméras).

Les conférences ont débuté vers 8h30 du matin, et se sont finies aux alentours de 19h. Rester derrière une caméra debout pendant 7 heures d’affilées n’est pas facile. Tout au long de la journée je me suis demandé comment Olivier pouvait bien se débrouiller tout seul, avec tout son matériel à transporter et des journées comme celle ci. Il m’a confié qu’il ne travaillait pas plus de 7 jours par mois, chaque contrat/journée de travail lui rapportant en moyenne 400 euros.

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Une des conférences

Ce qui est très intéressant avec le métier d’Olivier, c’est que chaque événement qu’il film, est toujours différent en terme d’organisation, et qu’il faut être plutôt bricoleur pour faire ce métier (surtout quand on est tout seul).

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un des casques qui permettaient d’écouter les conférences

Par exemple, comme on peut le voir sur la photo ci dessus, les conférences ne mettaient pas d’enceintes à disposition. Le publique écoutait les intervenants grâce à des petits casques avec des lecteurs individuels. Ce qui a posé un problème par rapport à la prise son. Impossible d’enregistrer ce que disaient les intervenants avec le bruit ambiant du salon. Et lorsque vous exposez le problème à votre patron, il n’aura que les mots « ce n’est pas mon problème » pour vous aidez, et pour mieux vous faire comprendre l’état de la situation dans laquelle vous vous trouvez.

Heureusement, en fouinant un peu dans les coulisses et vers le fond du bâtiment, on a trouvé un pupitre avec deux micros compatibles avec des câbles XLR. On a branché un micro à chaque caméra, et même avec le changement de cassette, on avait toujours la prise son. Et heureusement pour nous, la première conférence allait être refaite l’après midi. Un gros coup de bol qui nous a fait passer une journée moins difficile.

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le pupitre en question

C’était la première fois que je voyais un intervenant faire une conférence avec trois micros, mais le système de retransmission des conférences ne nous permettait pas de procéder autrement. D’autre part, il était plutôt surprenant d’enregistrer des conférences auxquelles on entendait rien, à moins de brancher un casque à la caméra.

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Photo de la caméra 1 pendant une conférence

 

 

Le seul problème c’était lorsque l’intervenant (malgré avoir été préalablement briefé par nos soins concernant le système de capture son) décidait malgré tout de s’écarter du pupitre, d’une distance suffisamment grande pour rendre la capture son inutilisable. Alors quand je me suis retourné vers Olivier, il m’a tout de suite dit « comme dirait le patron, c’est pas mon problème ». Sans parler des questions posées par le publique, impossibles à enregistrer.

Une autre surprise dans cette journée déjà bien remplie : c’était la visite du ministre Emmanuel Macron. Dès son arrivée, j’ai reçu l’ordre de le photographier jusqu’à ce qu’il quitte le salon. Cela m’a également permis d’avoir un aperçu du métier de paparazzi.

Pendant le salon, j’ai essayé de repérer toutes les personnes qui exerçaient une activité proche de la mienne, qui ne venaient pas pour le contenus même de conférences, mais qui comme moi étaient chargé de les enregistrer, ou de les photographier. Et j’avais repéré 3 personnes (que des hommes) qui traînaient dans le salon, sans prendre de photo, l’air de se promener tout en cherchant quelque chose. J’ai compris plus tard qu’ils attendaient l’arrivée du ministre, qui est apparu aux alentours de 15h (l’un d’entre eux est arrivé le matin vers 9h).

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J’ai fait mon possible pour que l’agent de sécurité à droite apparaisse flou. Il ne m’a quasiment pas quitté des yeux pendants que je photographiais le ministre.

Ces photographes étaient plutôt agressifs, et faisaient leur possible pour ne faire apparaître aucun agent de sécurité dans leurs photos (c’est tout du moins ce que j’ai compris en regardant par dessus l’épaule de l’un d’entre eux). Ils sont assez agressifs, et n’hésitent pas à donner de bon coups de coude pas forcément amicaux aux concurrents.

Au final la meilleure méthode, ou tout du moins celle que j’ai utilisée, c’était de me glisser parmi les exposants, et de prendre facilement des photos de face.

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Au final, ce fut une journée très instructive. Un très bon aperçu de ce qu’est le monde du travaille, et comment ce type d’entrepreneur perçoivent les profils créatifs : comme un genre d’ouvrier qui se trimbale en permanence un appareil photo. Mais qui savent également reconnaître lorsque vous avez fait du bon travail. C’est également un métier ou il y a de la concurrence. Même si c’est relativement bien payé, il faut chercher des contrats, car comme Olivier m’a dit : « si t’as pas de contact, t’as pas de boulot, donc ça vaut quand même le coup d’aller voir ce genre de salon pour voir si des entrepreneurs ont pas de films ou des shooting photos à te faire faire ». C’est un métier bien plus difficile qu’on peut le penser. Ça m’a rappelé le blitz.

Mais c’est le genre d’expérience qu’il est essentiel de vivre, lorsque l’on fait ce type d’études, et que l’on se destine à des métiers de l’audiovisuel.

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