Tous des génies ? Barthes et le descriptif.

Sur la quatrième de couverture du roman 99 francs écrit par Frédéric Beigbeder, on peut lire qu’il a été calculé que « […] entre sa naissance et l’âge de 18 ans, toute personne était exposée en moyenne à 350 000 publicités. ». La facilité avec laquelle ces affiches, ces spots télés, ces annonces radios, sont comprises pourrait porter à croire que nos esprits sont vifs et alertes : qui pourrait interpréter et s’expliquer le message de centaines de publicités vues, entendues, perçues chaque jour ? Comment l’homme fait-il pour saisir l’entière exactitude d’autant d’information, d’une masse si conséquente de contenu imposé ?

Serions nous alors des génies ? Une génération programmée génétiquement pour accepter l’hyper-média, l’instantanéité de la connaissance ?

Et si, en fait, tout ce contenu était plus facile ? Cette facilité que l’on retrouve derrière le terme ami sur Facebook, l’absence de surface des accroches tel que « Enjoy Coca-Cola », ou « Fraîcheur de vivre, Hollywood Chewing-Gum »… Si toute information est prémâchée, parée à l’instantanée, alors il ne subsiste aucun génie, seulement l’automatisme.

Barthes appelle cette description très premier degré et univoque le descriptif. Et ce dernier, observé d’un œil lointain, pourrait bien être anxiogène tant il pense à notre place.

2 réflexions sur “ Tous des génies ? Barthes et le descriptif. ”

  1. Ta réflexion est totalement naturelle, mais nous ne sommes malheureusement pas tous des génies (si seulement…). À vrai dire, notre cerveau voit des centaines de publicités par jours, cependant, 24h après, à peu près 10% seulement des messages sont toujours dans notre mémoire, dont 5% qui sont perçus positivement. De ce fait, la publicité n’a pas tant d’impact que ça sur nous, d’où la recherche constante des grandes têtes de la publicité d’attirer l’oeil le plus vite possible et par tous les moyens.

  2. Je pense justement qu’à ce propos, le fait que les pubs n’aient que peu de profondeur intellectuelle rendent leur assimilation facile. Le but des publicitaires ne serait t’il pas de rendre le produit familier, présent tout le temps, plutôt que d’essayer à tout prix que nous ayons envie de l’acheter ? Je pense que par la suggestion, la pub fonctionne (malgré nous) mieux.

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