British pop singer David Bowie in concert at Earl's Court, London during his 1978 world tour.   (Photo by Evening Standard/Getty Images)

L’homme qui venait d’ailleurs

W.J.T Mitchell est un théoricien américain, également professeur à l’université de Chicago, où il enseigne l’histoire de l’art. Dans son essai «  Que veulent les images ? Une critique de la culture visuelle » parut en 2014 en France, il introduit la notion de médium national en prenant l’exemple du photographe Robert Frank et son œuvre « Les Américains » (1958)

Dans ce contexte précis, selon Mitchell, le médium national est un artiste qui, à travers son œuvre,  réussis à capturer la fugacité de l’instant en retranscrivant le réel pour mieux témoigner d’une culture, d’une société de la manière la plus fidèle possible (en l’occurrence, les états-unis). Son œuvre est unique et intemporelle : aujourd’hui encore, lorsque l’on feuillète cet ouvrage, on reconnait instantanément le lieu, les habitants, l’ambiance.

David Robert Jones est né dans la banlieue de Brixton, à Londres en 1947. Il deviendra au fil de sa carrière un musicien incontournable de la culture musicale anglo-saxonne, un véritable symbole de l’univers de la pop anglaise.

Comme tout le monde sait, il est décédé ce dimanche 10 janvier, trois jours après la sortie de son nouvel album intitulé « Blackstar« , il était atteint d’un cancer depuis 18 mois.

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On a tendance à réduire le chanteur à quelques succès commerciaux durant les années 80 tels que « Let’s Dance » ou « China Girl » mais n’oublions pas qu’il est aussi l’auteur d’albums sublimes tels que « Heroes« , « Low » enregistrés à Berlin en 1977, pendant la guerre froide et qui retranscrivent toute l’atmosphère de cette période, lugubre et étrange à la fois. Ou encore « Station to Station » (1976), dont Bowie n’a aucun souvenir, puisqu’à l’époque il se nourrissait exclusivement de poivron, de lait et de cocaïne mais qui demeure tout de même très bon. Il y a aussi, bien sur, les grands classique de sa carrière : « Hunky Dory » (1971) et « Ziggy Stardust » (1972), ce dernier demeure son personnage le plus célèbre.

Le chanteur David BOWIE sur scène pendant sa tournée mondiale Isolar. Portrait en gros plan de David BOWIE cheveux gominés, un pouce sous le menton, une cigarette à la main dont s'échappe une volute de fumée
Le chanteur David BOWIE sur scène pendant sa tournée mondiale Isolar.
Portrait en gros plan de David BOWIE cheveux gominés, un pouce sous le menton, une cigarette à la main dont s’échappe une volute de fumée

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En fait, tout est bon dans Bowie : sa voix hors du commun, ses maquillages spectaculaires, sa coupe mulet (que vous pourrez admirer dans sans clip « life on mars »), ses yeux verrons, ses performances entant que mime, son déhanché, son lancé de cookie dans « The Man Who Fell To Earth » (1976) et bien sûr sa magnifique bassiste Gail Ann Dorsey.

4 réflexions sur “ L’homme qui venait d’ailleurs ”

  1. Je ne savais pas qu’il s’était nourrit de lait, poivron et cocaïne pendant une période ! C’est dommage qu’il n’ait pas de souvenirs, j’aurais été très intéressé d’avoir son témoignage sur sa façon de vivre de l’époque !

    En tout cas, un article très intéressant pour moi qui découvre seulement Ziggy Stardust.

    1. Tu as de la chance de seulement le découvrir, il a fait tellement de choses dans des domaines très variés (la musique bien sur mais aussi le théâtre, la peinture, le cinéma…) tout un monde à connaitre dans lequel je me propose avec joie de t’orienter ! Ziggy Stardust est un bon point de départ, je te conseille également son album « Aladdin Sane » !

  2. Bowie comme medium national je trouve ça très intéressant. Son corps était un medium de part les personnages qui se créait. Fine analyse !

  3. Bel homage à Bowie. Il a toujours été là, il a bercé près de 3 générations entières de part son talent, ses personnages extravagants et touchants, ses musiques qui nous parlent et ses albums faisant preuve de grande créativité, nous contant des histoires (The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars). Un choix intéressant comme medium national… que je pourrais même qualifié d’international, mais ne laissons pas l’admiration que j’ai pour cet homme prendre le dessus.

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