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La musique et sa reproductibilité

Walter Benjamin est un des grands penseurs Allemands du XXème siècle, il est l’un des premiers à avoir défini les caractéristiques culturelles de nos sociétés Européennes industrialisées.

Il rédige en 1935 L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique , un classique des arts visuels proposant une réflexion entre l’art et la technique. Dans cet essai il introduit le concept de l’aura pour affirmer l’unicité d’une oeuvre d’art. Il la définit comme  « l’unique apparition d’un lointain, quelle que soit sa proximité ». Walter Benjamin explique qu’avec l’apparition de nouvelle technique de reproduction d’oeuvre d’art comme la lithographie ou la photographie, l’art peut perdre de son authenticité et donc de son aura.

Peut on appliquer ce constat à l’industrie musicale ?

L’industrie musicale voit le jour au début du XXème siècle grâce à l’invention du disque en 1898 par l’allemand Emile Berliner. Par la suite de nombreuses améliorations du disque sont visibles quant à sa qualité et à sa reproduction. Dans les années 90  avec le développement du numérique la musique est distribuée et reproduite de façon massive et de plus en plus facilement. Le numérique est par essence un support qui se prête à la reproduction et a la multiplication .

Aujourd’hui avec le sampling (le fait de prendre un son d’un autre morceau pour l’agencer dans un autre ), le remix et  le principe du mash up, la musique se sert d’autres morceaux afin de créer une nouvelle oeuvre d’art considérée comme unique. La musique original ne perd  pas son caractère unique, son aura,  mais sert de béquille à la création d’une  musique à part entière.

On conclut ici que  Walter benjamin n’avait pas anticipé cette évolution de la reproductibilité d’une oeuvre et que son constat est propre à son époque. Depuis cette évolution la reproductibilité d’une oeuvre apparaît plus comme un acte destructeur  mais comme une opportunité pour apporter plus de diversité.

 

Une réflexion sur “ La musique et sa reproductibilité ”

  1. La technique du sample ou du mash up questionne effectivement, de manière ontologique, le concept d’authenticité développé par Benjamin..
    Je suis certaine que vous pouvez creuser un peu de ce côté-là…

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