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L’ère numérique nous définit-elle ?

Lorsque que la vidéo prend le pas sur la vie réelle, finissant pas nous conditionner nous éloignant ainsi de notre humanité et de notre liberté. C’est ce que nous illustre le film de Cronenberg, Vidéodrome, sorti en 1983. Brian O’Blivion, personnage central du récit, théoricien des médias ne communique plus que par le biais de la vidéo.

Brian accepte une interview télévisée, à la seule condition qu’il soit montré dans un télévision. On comprend rapidement que le professeur O’Blivion s’est inspiré d’un chercheur connu : Marshall McLuhan. C’est un théoricien Candien travaillant sur les médias de masse. Il est perçu comme un visionnaire. Il a prédit l’apparition de la « galaxie Marconi », ou l’ère numérique, près de 35 ans avant son apparition réelle. Cette ère numérique serait introduite par la radio, la TV et la cybernétique reposant sur un message global et simplifié.

McLuhan cherche avant tout à forger de nouveaux outils de réflexion car, pour lui, ce passage d’une ère industrielle à une ère médiatique doit nécessairement se penser à l’aide de nouveaux modèles théoriques car l’enjeu est majeur ; rien de moins que déjouer cet adage que McLuhan considère essentiel mais dangereux : « nous devenons ce que nous regardons ».

Je n’ai donc qu’une seule question : L’ère numérique nous définit-elle ?

3 réflexions sur “ L’ère numérique nous définit-elle ? ”

  1. Votre question touche en fait bien davantage à l’essence même du personnage central du film de Cronenberg : Max Renn qui en vient à fusionner avec le médium télévisuel… On en reparlera en cours !

  2. Pour moi, l’ère numérique ne peut pas pleinement nous définir puisqu’elle introduit des notions qui falsifient notre raisonnement et notre rapport au réel. Le réel n’apparait pas à la hauteur du virtuel, il est « fade » puisque le virtuel est souvent l’incarnation d’un réel sublimé. A contrario, le virtuel à tendance à nous faire subir le syndrome d’hyper réalité, on a tendance à donner plus de crédit à ce simulacre. L’ère numérique à venir risque de vouloir nous définir de manière absolue sans pouvoir être conforme à notre pensée première, quitte à nous berner.

  3. Tes articles sont dans l’ensemble denses et fouillés. J’ai eu beaucoup d’intérêt à les lire. Pour rebondir sur la question du numérique qui définirait les individus contemporains, je crois que cela est d’une brûlante actualité : derrière le numérique se cache la notion du code (cf. Baudrillard). Or le code est en voie de définir absolument tous les aspects de notre vie, depuis les découvertes sur le code ADN. La science contemporaine est convaincue que le code génétique pourra tout résoudre : abolir la maladie, abolir la vieillesse, abolir la mort. Nous sommes en passe de devenir programmable.

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