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La conscience voilée

Depuis sa naissance, l’Homme s’interroge sur son arrivée fracassante dans l’Univers faisant de lui l’espèce dominante de notre planète bleue. En effet depuis l’élévation de la conscience, les hommes n’ont jamais arrêtés de questionner les fondamentaux (compréhension du monde alentour, compréhension de sa création, notions scientifiques et psychiques…) et le rapport que nous entretenions avec ceux-ci.
On peut donc dire que l’homme se détache de son évolution animale et acquiert au fur et à mesure une conscience plus accrue, plus critique et l’irréfutable recherche de soi ne peut s’arrêter à la superstition ou aux suppositions.
Selon Théodore Adorno et Marx Horkheimer, pères fondateurs de l’école de Francfort, l’homme se détache de la Nature par sa raison mais vient naturellement la domination de l’Homme par l’Homme.

Actuellement la domination se fait à toute échelle, contrairement aux deux sociologues qui voyaient celle ci uniquement dans la société capitaliste occidentale. Leur vision pessimiste s’arrête au domaine des médias mais je pense qu’il est important de spécifier que cette domination se fait depuis l’élévation de l’homme au stade d’être pensant et réfléchi. La société capitaliste ne voit que le profit d’une économie libérale stable et durable, les régimes totalitaires subsistant aujourd’hui exercent une domination sur leur peuple, le scientifique dans sa quête de vérité et de recherche infinie domine le citoyen lambda, les classes sociales les plus avantagées dominent les plus pauvres…

Je pense que cette vision parfois trop pessimiste s’explique aussi par le contexte historique des hommes fondateurs.
Cependant, les deux sociologues allemands vont développer un aspect des plus intéressants. Ils parlent alors de Standardisation de l’industrie culturelle. Regardez donc toutes ses suites interminables ou nouveaux volets de films de super héros, ou encore l’adaptation en film de grands dessins animés (Alice aux pays des Merveilles, Le livre de la jungle prochainement).

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Depuis l’apparition de ces nouveaux moyens de communication et de diffusion, l’Homme veut donc essayer d’exercer une domination sur son prochain de manière plus ambigüe et plus massive. L’homme n’est qu’un objet de la société moderne de progrès asservi et aliéné par les médias de masse. Dans l’ouvrage « Dialectique de la Raison », les penseurs allemands vont alors même s’interroger sur la liberté propre de l’homme. Il est vrai que cette vision pourrait coller avec l’ère ultra médiatique dans laquelle nous plongeons, ne serait ce pas dénuer d’envie et d’espoir notre existence mineure, celle qui nous ai donné par les miracles des molécules et des atomes, composantes mères de nos vies et de la vie dans notre Univers. Dans son merveilleux cycle cosmique, l’arrogance humaine se perdra dans la déflagration infinie de notre système qui posera de nouvelles bases pour une « vie prochaine » envisageable.

Ne laissons pas le progrès technique faire de nous de simples machines, nous créons sans cesse, innovons en masse… Nous sommes composés de notre propre Univers. A nous d’en faire quelque chose de censé et de trouver un sens à toute cette machinerie régit par les lois de la physique.

« L’homme n’a vraiment un passé que si il a conscience d’en avoir un, car seule cette conscience introduit la possibilité du dialogue et du choix. »
Aristote.

3 réflexions sur “ La conscience voilée ”

  1. En fait, l’asservissement développé par Adorno et Horkheimer ne se limite pas à la sphère médiatique ; celle-ci en est juste un exemple frappant car perpétuellement contemporain…

  2. Alice in Wonderland est tout d’abord une oeuvre de Lewis Carrol. L’adaptation de Disney n’est donc pas une oeuvre d’origine ce qui implique qu’elle est aussi une reproduction de l’industrie culturel.
    Je ne suis pas d’accord pour le qualifier de « grand » dessin animé (point de vu très subjectif que j’assume du aux déviances douteuses de l’auteur). Elle est la libre adaptation par Disney qui s’éloigne du roman initial et qui s’était très bien vendu en 1865. Les « suites » réalisées par Burton ont le parti pris de ne pas se contenter de copier mais bien d’innover avec l’introduction d’image de synthèse et de justement ne pas suivre le scénario original afin d’apporter du créatif. A sa sortie en 1951, le film de Disney n’a vraiment pas eu de succès donc on ne peut pas vraiment considérer qu’il ait répondu aux désirs de la masse. (ici on retrouve donc l’exemple de l’objet culturel industriel qui a subit un vrai flop). C’est seulement dans les années 60 avec la culture hippie qu’il a trouvé son public. (Disney est peut être juste visionnaire au final?)

    1. Quand je parle de grands dessins animés, je veux mettre le point sur l’industrialisation et la commercialisation autour de ces films.
      Oz the great and powerful, réalisé par Sam Raini en 2013 est aussi une nouvelle adaptation produite par Disney après le film de 1939 de Victor Flemming lui même repris du livre pour enfant publié en 1900 par Lyman Frank Baum. Le film de Raini est aussi novateur puisque l’on se retrouve dans un univers similaire à celui d’Alice in Wonderland, paysages psychédéliques, images de synthèses, etc…
      Je veux mettre le point sur le fait que toutes ces adaptations s’épuisent au fur et à mesure au plaisir du grand public.
      La beauté de l’univers créé par Laum et adapté par Flemming en 39 se perd dans la narration enfantine et la sur-utilisation du numérique qui permet de combler l’ébahissement permanent du dernier volet (mais ce n’est qu’un avis très personnel encore une fois).
      Je ne pense pas que Disney soit aussi innovant et visionnaire sur l’adaptation en films de ses dessins animés, contrairement au cinéma d’animation que je trouve d’une créativité, d’une beauté riche en couleurs et d’originalité sans fin.
      Si la « suite » de Burton est aussi novatrice et un de ses plus gros succès commercial, c’est par le côté déjanté et le style bien connu du réalisateur.
      Les reproductions de l’industrie culturelle ne sont que des moyens de relancer une mode et des produits sur le marché.
      Le meilleur exemple reste l’arrivée prochaine de 21 nouveaux films de super héros (Marvel et DC comics) d’ici 2020, je suis sceptique mais cela reste à voir et peut être aurais-je de belles surprises qui me feront penser moins critique.

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