Profitons de notre temps libre pour devenir de meilleures personnes

Théodore Adorno est un compositeur et philosophe Allemand né à Francfort en 1903 dans une famille cultivée d’origine juive. En 1934 suite à son interdiction d’enseigner en Allemagne, il rejoint les Etats-Unis et va s’installer à Los Angeles. Il était à la fois fasciné et horrifié par la société de consommation californienne de l’époque.
Il rejoint très vite l’école de Francfort qui se mettait en place et qui cherchait à comprendre à l’aide de la philosophie les problèmes dus au capitalisme moderne, notamment concernant la culture.

Il va particulièrement insister sur le danger que peuvent représenter aujourd’hui les temps de loisir. En effet Adorno avait une idée assez ambitieuse de comment devrait être utilisé notre temps libre : non pas pour se relaxer et se vider l’esprit, mais une opportunité pour élargir et développer nos horizons, pour nous améliorer nous mêmes et devenir des êtres meilleurs, et par la même occasion d’obtenir les outils nous permettant de changer la société. Ce temps devrait être mis à profit pour lire des livres et ainsi avoir une vision plus complète de la politique, de la nature et des relations entre individus, ou encore pour écouter de la musique (n’oublions pas qu’il était compositeur !), pouvant nous permettre de reprendre confiance en nous.

leshiboo.fr
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Mais dans le monde qui est le notre, nous occupons notre temps libre avec ce qu’Adorno appelle l’industrie culturelle : les films modernes, la télévision, la radio, les magasines et aujourd’hui les réseaux sociaux et internet. Le danger de ces derniers est qu’ils sont quasiment conçus pour nous garder éloignés de la compréhension de nous même, ainsi que tu monde réel.
Par exemple les information vont nous procurer un flot de mélange d’informations sans sens, sans s’intéresser aux réels problèmes sous-jacent, ne nous laissant aucune possibilité de comprendre la prison-ouverte dans laquelle nous existons. Le cinéma nous berce d’histoires d’extraterrestres alors que nous ne comprenons pas le fonctionnement profond de notre planète. La musique pop ne s’intéresse qu’à l’évocations de sentiments en lien avec l’amour romantique, suggérant que le bonheur ne peux venir qu’en étant une seule et même personne, plutôt que de nous éveiller aux plaisirs de la communauté (n’oublions pas que nous étions en plein mouvement hippie) ou même plus généralement en propageant de la bonté.

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Walt Disney – Wikipedia

L’industrie culturelle aime donc nous maintenir dans cet état de distraction permanente, de confusion et il n’est ainsi pas étonnant de voir qu’Adorno qualifiait Walt Disney « d’homme le plus dangereux d’Amérique ».

 

Fast-thinking, le fléau des médias ?

Pierre Bourdieu (1930 – 2002) est un sociologue français dénonçant la façon dont l’informulation circule dans notre société contemporaine. Et ce, au travers de ce qu’il nomme le fast-thinking. Bourdieu définit ce dernier comme un contre-la-montre. Les équipes rédactionnelles des journaux, qu’ils soient télévisés ou radiophonique, trient les informations qui seront présentées au spectateur ou à l’auditeur au cours de la journée et, principalement, aux informations données à certaines heures en particulier où l’audimat grimpe « naturellement »: le matin et la fin d’après-midi pour saisir les travailleurs qui sont sur la route, le midi ou le soir à l’heure des repas. Mais n’est-ce pas qu’une façade ?

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Jeux vidéos, à la recherche du réalisme

Depuis l’apparition du premier jeu vidéo, les prouesses techniques n’ont cessé d’évoluer à tel point que la culture jeu vidéoludique a prit la même ampleur que la culture cinématographique. Aujourd’hui nous pouvons distinguer deux types de jeux : les jeux se revendiquant réalistes  et les autres.

dans la catégorie des jeux de courses nous retrouvons Assetto Corsa, la référence pc de la simulation automobile.http://images.spaziogames.it/articoli/2013/11/pc/15437/15437_1a.jpg

 

Dans la catégorie fps on retrouve battlefield 4 dans lequel l’avatar du joueur est confronté à des montées d’adrénaline lors de tirs de suppression ennemis. La destruction de l’environnement grâce au moteur graphique frostbite 3 contribue à renforcer le sentiment d’immersion.https://i.ytimg.com/vi/X5Y1zPIhFj8/maxresdefault.jpg

Nous pourrions encore en citer bien d’autre. Mais aujourd’hui c’est un nouvel outil qui est lancé sur le marché, la réalité virtuelle. Casques ayant déjà fait vivre le motion sickness à de nombreux joueurs.

http://www.realite-virtuelle.com/motion-sickness-solution

Quelques jeux d’horreur ont déjà fait leur apparitions, et pour peu que la personne soit sensible, ce simulacre hyperréel qu’est la réalité virtuelle, peut en traumatiser certains. Nous sommes face à une technologie nouvelle encore peu exploitée. Quels en seront les limites ? Espérons que simulacres et réalité ne sois pas confondus, car cet volonté à toujours vouloir repousser les limites du réel pourrait nous mener à confondre réalité et simulation.

http://www.francetvinfo.fr/economie/tendances/sante-la-realite-virtuelle-pour-guerir-les-phobies_1477043.html

société du spectacle, bonheur inassouvi

Nous faire espérer atteindre l’inatteignable, tel est le crédo du monde de la pub. L’Homme subit sa course folle à la consommation.
Mais la question que Debord ne se pose pas, c’est que le bonheur réside peut être dans l’attente que le consommateur s’inflige avant d’acquérir son produit.

Guy Debord est un écrivain, essayiste, cinéaste et poète français. Il conceptualisa la notion sociopolitique de « spectacle » dans « la société du spectacle » (1967)

D’après lui, les médias tendent à uniformiser la manière de penser des individus afin de former une masse normo-pensante. Les médias s’adressent à la masse tout en persuadant le consommateur de son individualisme. En menant les individus à penser de la même manière que les autres individus au sein d’une même société, celle-ci acquiert le pouvoir de manipuler la masse. Les individus une fois pris au piège souhaitent se démarquer les uns des autres.

La publicité, conduisant à la consommation, peut être considérée comme la finalité de la société du spectacle. L’Homme se retrouve dépendant de la mode, et de manière intrinsèque, à la nouveauté.
Sa condition de vie étant impactée et influencée par l’individualisme auquel tend à atteindre la masse.

Quelques exemples aberrants poussant à la consommation :

Apple rend ses anciens produits obsolètes au gré des mises à jour. Mises à jour stipulant une amélioration de la fluidité des anciens modèles.
Tandis que du côté d’Activision, des jeux comme destiny sont vendus en kit (incomplets). Mais le vice ne s’arrête pas là, les extensions payantes viennent paralyser le jeu tel qu’il fut vendu à sa sortie au point qu’il soit obligatoire de passer à la caisse si l’on veut pouvoir continuer à jouer au jeu payé au prix fort (70 euros).

Capitalisme : domination ou ambition ?

Herbert Marcuse était un intellectuel allemande du 20eme siècle ayant fait partie de la théorie de pensée de l’Ecole de Francfort. Il est très engagé politiquement et est un des précurseurs de la New Left, une nouvelle gauche rejetant les erreurs du communisme et s’ancrant parfaitement dans le mouvement culturel et social de l’époque : le mouvement hippie des années 60.

Pour lui, la société occidentale empêche de manière volontaire à l’échelle individuel et collectif tout changement social et personnel. Elle veut assurer la pérennité de sa logique capitaliste, c’est une logique de domination.  Cette société va assimiler toutes les forces contraires, illusions d’une liberté de pensée. D’ou le terme d’unidimensionnel. La société ne laisse pas exister ce qui ne s’adapte pas à elle. La société contemporaine se veut démocratique alors qu’elle est sous une logique de domination due à l’industrialisation.

10000dollars

Seulement, c’est comme en politique aujourd’hui : le discours du « Tous pourris » ne fait pas avancer les choses et est un peu simpliste ; ici dire que cette société est vraiment cruelle, ne laisse pas sa chance aux individus et les prive de liberté est un peu facile. Cette société a de nombreux travers c’est vrai, mais elle offre aussi de nombreux avantages. Jamais dans l’histoire de l’humanité autant de personnes ont pu cohabiter avec des standards de vie aussi haut dans les pays occidentaux. La vie que nous offre le système capitaliste, bien qu’elle soit loin de celle dont chacun rêverait au fond de soi, est une vie très confortable, nous ne manquons de rien ! Des vêtements, de l’eau, de la nourriture, des divertissements, etc… Même sans avoir particulièrement réussi professionnellement, nous pouvons jouir de tout cela, ce qui n’est pas donné dans tous les pays.
Ensuite Marcuse affirme que la société empêche volontaire tout changement social et personnel. Ah bon ? L’ascenseur social est-il vraiment bloqué ou est il bloqué pour ceux qui n’ont même pas envie d’appuyer sur le bouton ? Je ne dis pas que pour réussir il suffit de le vouloir, je dis que tout ceux qui ont réussi le voulait, et on compte une multitude d’histoires d’homme et de femmes partis de 0 et ayant aujourd’hui accompli leurs rêves.

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La peur cultivée par la télévision

Dans son ouvrage Sur la télévision, Bourdieu fait une critique des médias en considérant que la télévision elle-même est soumise à la loi du marché. Si on s’intéresse aux journaux télévisés, on peut retrouver cette idée dans le sens ou c’est un domaine concurrentiel, avec de multiples chaînes qui diffusent un journal à la même heure.

Les chaînes cherchent l’audience, alors elles font tout pour capturer l’attention des téléspectateurs, et c’est ainsi que la télévision accorde une grand part à des sujets bien spécifiques, qui font souvent scandales majoritairement les affaire politico-médiatiques et les faits divers.

Un autre moyen de tenir les téléspectateurs en haleine, c’est de jouer sur le sensationnel. Les journaux télévisés misent sur l’angoisse, le suspense pour garder l’attention.

A ce propos, un reportage traite de l’exploitation de la peur par les médias, et en particulier par les journaux télévisés.

Pour résumer, ce reportage explique comment les journaux abusent parfois de la vérité en déformant la réalité dans l’objectif d’être plus impressionnant afin d’avoir plus d’impact, et cela en alimentant la peur (jusque dans les publicités choisies). Ce qui nous est dit n’est finalement pas représentatif de ce qu’il se passe vraiment, et nous avons ainsi tendance a sur-évaluer le danger.

Il n’y a qu’à voir le générique du JT de TF1 :

L’aura de Jr

Jr artist est un artiste contemporain qui a fait disparaitre le musée du Louvre à Paris ce 29 mai. Il a créé une oeuvre sur la pyramide de l’entrée du musée qui permet par un trompe l’oeil de rendre la devanture du musée en noir et blanc :

On comprend ici qu’il s’agit de faire de l’art, pour l’art.

Mais peut-on vraiment parler d’Aura pour cet oeuvre ?

Ce terme utilisé par Walter Benjamin signifie la spécificté d’une oeuvre d’art à s’inscrire à un endroit précis dans l’histoire. Cependant, certes cette oeuvre d’art répond à ces critères, mais peut -on parler de sentiment ? Le sentiment que chaque personne ressentira en voyant cette oeuvre sera unique, mais il durera qu’un court instant et ne sera reproductible.

Cepedant, on constate la présence de l’aura sur cette photo :

Photo de Jr devant son oeuvre avec la foule

On le voit prendre un selfie avec la foule devant son oeuvre, et c’est à ce moment, unique dans le temps et dans l’espace, qu’on peut parler du terme de « l’aura », car cet instant ne peut pas être reproduit. De plus, cette photo ne peut pas être copiée, c’est l’originale qui ne peut rester qu’originale.

Banalisation d’une fatalité : la mort

Pierre Bourdieu, figure majeure française en sociologie a étudié plusieurs facettes des médias de masse et notamment de la télévision. Il dénonce par exemple la circulation de l’information ou le fast-thinking. Bourdieu explique ce dernier par une course contre le temps. Les journaux télévisés trient et choisissent des informations compréhensibles par tous pour ne pas avoir les développer par soucis de temps, de rendement, tout ceci bien sur dans la logique capitaliste du monde dans lequel nous vivons.

Bourdieu parle également de la banalisation que font les médias, en particulier dans l’information télévisuelle, mais c’est valable dans un grand nombre de domaines, tels que la mort…

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« Comprendre et ne pas juger »

Bourdieu, célèbre sociologue de la deuxième moitié du XXème siècle, s’intéresse au domaine de la télévision.  Selon lui, au lieu d’être au service de la démocratie, cette dernière s’inscrit dans la logique capitaliste. Elle est devenu un concept anti informatif dont le but est de faire toujours plus d’audimat.

Il la critique notamment pour censurer certaines informations en en imposant d’autres de manière massive et répétitive qui envahissent les journaux. Le fait de sur-traiter une information permet à la télévision d’en passer d’autres sous silence et d’exercer ainsi une certaine censure.

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Toute une génération en danger

Marshall McLuhan, chercheur canadien des années 50 est un des premiers auteurs à se rendre compte de la puissance de l’image. Bien que son style d’écriture ne soit pas académique, sa thèse du déterminisme technologique selon laquelle les médias nous renseignent  sur l’homme social en ce qu’ils contribuent à le déterminer est plus que d’actualité aujourd’hui.

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