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Désir d’évasion

Theodor W. Adorno était un sociologue et philosophe allemand. Il fait partit, comme Horkheimer et Marcuse, de l’école de Francfort. Dans son œuvre « Dialectique de la raison », ce dernier critique violemment le système capitaliste de la société des années 30. L’Homme, selon lui, aurait perdu toute liberté face à un système de société totalitaire. Adorno s’en prend à la culture de ce dernier, qu’il nomme « l’industrie culturelle », ayant pour but non pas d’instruire et d’élever les consciences mais de rabaisser l’Homme au statut d’esclave.

Charles Burns, célèbre auteur de bande dessiné, s’est lui aussi, opposer au système capitaliste américain. En proposant une œuvre singulière et pour le moins étrange, il parvient à déranger les esprits. Dans ses dessins, il laisse parler son imaginaire sans soucis (ou presque) de plaire.

image tirée de "Black Hole"
image tirée de « Black Hole »

« Black Hole » demeure être son œuvre la plus introspective dans laquelle l’auteur s’inspire de sa jeunesse pour écrire celles d’adolescents en marge de la société. Ils essayent de se débattre face à une culture dans laquelle ils ne se reconnaissent pas.

« J’ai appris a être banal, mais à l’intérieur, j’étais bourré de fausses notes : j’étais foiré, incapable de comprendre les règles établies par le bon comportement sociale. »

Très jeune, il est attiré par la marginalité émanant du « milieu underground » et fréquente régulièrement les clubs de San Francisco. Dans les années 70, il côtoie le mouvement punk en se rendant en Californie dans des petits clubs. C’est en faisant des illustrations pour des pochettes d’albums de groupe d’amis qu’il commencera le dessin.

"Black Hole"
« Black Hole »

Les créations de Burns témoignent d’une réelle volonté de liberté dans la création, il évoque de nombreux sujets tabous comme le sexe, la maladie, la violence, la drogue, l’isolement… Ce n’est pas une œuvre dite « commerciale ». Elle s’interroge sur la place de l’Homme dans la société, dans un groupe d’individu. En allant au plus profond de ses émotions, de sa sensibilité, Charles Burns parvient à toucher l’Homme dans sa vulnérabilité. Il permet à ce dernier de se reconnaître entant qu’être singulier et libre dans sa différence.

« Et j’aime dire la lutte entre le monde intérieur et extérieur de mes personnages, la lutte pour maintenir la façade d’une apparente normalité nécessaire pour naviguer dans le monde réel. »

Ainsi, bien loin de la culture qu’Adorno désigne comme étant industrielle et aliénante, l’œuvre de Charles Burns laisse place à l’humain et le pousse dans ses retranchements lui permettant ainsi de mieux se connaitre. Plutôt que de le réduire au statut d’esclave, il le pousse à une certaine forme d’introspection. Bien loin de l’uniformisation que déplorait Adorno en désignant la société de consommation, (il disait : « Les films, la radio et les magazines constituent un système. Chaque secteur est uniformisé et tous le sont les uns par rapport aux autres ») Burns parle à chacun de nous entant qu’individu différents.

3 réflexions sur “ Désir d’évasion ”

  1. La bande dessiné teinté d’humour noir se fait de plus en plus populaire. Je ne sais pas si tu connais mais Cyanide & Happiness a beaucoup de succès en ce moment et ses scénarios pour le moins barrés sont très actuels.
    Ps: la présence du noir dans cette bande dessinée donne des images magnifiques

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