Members of the media are gathered next to the Mona Lisa, during an event to unveil the new lighting of Leonardo da Vinci's painting Mona Lisa, also known as La Joconde, at the Louvre museum in Paris, Tuesday June 4, 2013. Mona Lisa is now illuminated by LED lighting. The lighting had to meet various technical specifications, but also meet the more subjective and aesthetic requirements of the museum Director and France’s Historical Monuments Committee.(AP Photo/Remy de la Mauviniere)

La Joconde, un bien culturel?

Walter Benjamin nait en 1982 à Berlin. Il est l’un des grands penseurs européens du XXIème siècle, spécialiste d’auteurs littéraires mais aussi grand connaisseur de la culture française. Il est l’un des premiers auteur à penser ce qu’est la modernité mais aussi les principes fondamentaux et les caractéristiques culturelles de notre société industrialisée.

Dans ses oeuvres, Benjamin cherche à questionner et à faire avancer la notion de l’oeuvre d’art et donc de création pour nous faire prendre conscience que dès les années 30, la notion d’oeuvre d’art à muté pour aller vers celle de « bien culturel ».

Il explique que ce qui caractérise l’oeuvre d’art est « l’authenticité », c’est à dire sont statut original d’oeuvre d’art. C’est à la fois un objet physique unique situé en un lieu (« hic ») et un temps (« nunc »), mais également un objet inscrit dans une culture spécifique reconnue et entretenue par cette dernière.

Du coup, la reproduction d’oeuvres d’art et donc ses conditions techniques  vont dévaluer son aura et « détacher l’objet reproduit du domaine de la tradition ».

Illustrons cela avec un exemple: La Joconde de Leonard de Vinci. Cette oeuvre est unique, elle n’est disponible qu’au Louvre à Paris et nulle part d’autre. De ce fait, l’aura de l’oeuvre reste alors intact et inscrit dans son époque. 

Malheureusement, la société d’aujourd’hui est devenue tellement consommatrice que cette oeuvre est reproduite pour être vendue à des milliers de personnes qui souhaitent pouvoir l’avoir chez eux. Le système de reproduction a alors détruit la notion d’aura et l’oeuvre d’art devient un objet de masse culture. Elle devient un bien culturel que toute personne peut avoir chez elle.

Cela nous amène à nous demander s’il reste des oeuvre d’art unique, et non reproduite? La culture de masse à-t-elle tout « détruit » sur son passage?

5 réflexions sur “ La Joconde, un bien culturel? ”

  1. Très bon article, simple et pertinent. J’aurais juste précisé plus l’implication des médias dans la reproduction des œuvres d’art.

    1. Les médias sont finalement une source de destruction de la réalité ; ils permettent de manipuler et reproduire les sons ou les images mais représente une destruction des œuvres et de la culture.

  2. Des oeuvres d’art unique et non reproduite ? C’est vrai que l’infrastructure capitaliste les a presque détruit mais il reste encore quelques exemples. Le street art par exemple par son lien avec le lieu, la rue, où il est exposé. Les performances ont aussi un valeur d’unicité par leur lien avec le moment où elles ont lieu, comme un moment hors du temps.

  3. Je pense qu’on peut encore considérer les œuvres d’arts tel que le film et la musique comme unique car ils s’inscrivent sur un support numérique qui est par essence fait pour reproduire et diffuser en masse.

  4. La reproduction est si importante qu’il y a aujourd’hui des doutes quant à l’originale d’une oeuvre comme la Joconde. Est-ce vraiment l’oeuvre originale exposée ? De nombreuses théories existent. L’une d’entre elle serait la reproduction de l’oeuvre originale pour protéger la véritable oeuvre gardée secrète dans les sous sols du Louvre…. Enfin, tout ça pour dire qu’on est aujourd’hui plus que jamais confronté à la question de l’authenticité.

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