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La matrice, eldorado de la société du plaisir

The Matrix (2002) est une oeuvre cinématographique réalisé par Lana et Lilly Wachowski et se distinguant par ses prouesses techniques et philosophiques par le biais de nombreuses références et allusions. Elle se complète par Matrix Reloaded (2003) et Matrix Revolutions (2003). Elle relate le chemin de Thomas Anderson, un jeune informaticien familier de l’univers du hacking, découvrant et appréhendant l’univers fictif de la « matrice ».

Une des grandes forces de Matrix n’est pas le fait d’avoir imaginé un monde où nous sommes contrôlés par les machines mais plutôt de donner corps et d’illustrer ce contrôle avec le concept de la Matrice. L’idée n’étant pas de créer un monde virtuel, mais d’utiliser le principe du virtuel pour mettre en avant certains aspects du monde réel. La morale qui émerge du parcours de l’élu et la clé pour appréhender son monde et le comprendre est la connaissance. C’est cette connaissance du système et des règles qui permet à chacun de choisir son propre chemin, de manière critique et autonome. En analysant l’environnement de la matrice et ses entités de contrôle, nous pouvons faire un lien avec les modèles théoriques de la communication de masse.

Le Luxe, l’érotisme et la superficialité que l’ont peut associer à “La société de spectacle” décrite par Guy Debord sont très présents dans la Matrice et en particulier lors de la scène où l’on rencontre le Mérovingien et sa femme Perséphone (référence mythologique Grecque à la femme d’Hadès et dotée d’une rare beauté).

Ce penseur fait paraitre avant mai 68, La société du spectacle, un livre qui préfigure le mouvement de révolte. Véritable réquisitoire sur la société, il décrit l’emprise du capitalisme sur tous les aspects de la vie humaine. En pointant du doigts les failles du système afin que chacun puisse faire tomber le système, il critique les médias qui sont la source. On passe de l’être à l’avoir ou le paraître semble nous définir : le spectacle est le sujet mais aussi l’objet. Il reste cependant assez évasif sur ses thermes pour qu’on ne puisse pas le reprendre. En définitif, nos rapports sociaux seraient médiatisés par l’image, ce texte parle donc de l’allienation proposé par nos différents médias et joue le rôle de guide qui cherche à désaveugler la société de son époque. Cette vision de la société de Debord peut prendre écho dans la scène suivante de Matrix Reloaded

Dans cette dernière, on voit le seul autre humain non libéré visible à l’écran. Il s’agit d’une femme à laquelle le Mérovingien fait manger un dessert, le luxe du lieu et du gâteau évoque tous les subterfuges que la société crée pour faire oublier la matrice (le système) là où l’orgasme est atteint dans la vie réelle avec labeur. Le gâteau généré par la Matrice le fait en quelque seconde. Ce désir de divertir, de faire “ressentir” des “trip” est retrouvé à travers les night club présents à l’écran, la musique Trans et la drogue évoquée au début du premier film (la mescaline).

Vous pouvez visionner ci-dessous l’extrait avec Le Mérovingien et la scène illustrant les propos de l’écrivain, Guy Debord sur la société du spectacle.

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