L’ère de la reproduction sonore

Peu nombreux sont les français écoutant de la musique sans utiliser d’enceintes, restituant plus ou moins fidèlement de la musique. Il fut un temps où la musique n’était pas reproduite, et où la performance des artistes avait beaucoup plus d’importance et de valeur.

Walter Benjamin disait que la reproductibilité technique a pour conséquence la perte de l’aura, parce que la copie acquiert une autonomie vis-à-vis de l’original par le fait que l’œuvre est placée dans de nouveaux contextes, qu’il devient possible de changer de point de vue, d’opérer des grossissements. En plus la copie va vers l’observateur, devient accessible dans des situations nouvelles et est sortie de tout contexte historique et spatial. Ainsi l’œuvre devient un objet commercial.

Écouter de la musique classique par le biais du médium des écouteurs dans les transports en communs n’est-il pas déplacé ?
L’art musical n’est pas seulement audible il est également visible et dans une moindre mesure kinesthésique. Je pense qu’il est plus intéressant d’observer un musicien à l’œuvre pour s’imprégner de la passion, de l’émotion qu’il transmet à travers son instrument. Jouer d’un instrument à haut niveau est d’autre part une véritable prouesse physique. Les écouteurs seraient alors un moyen de secours, une simulation dégradé d’un art sonore. L’aura de l’œuvre est par ce biais réduite à néant.

4 réflexions sur “ L’ère de la reproduction sonore ”

  1. Ton article est bien rédigé et réfléchis, mais ne pense tu pas que tout support tel que la télévision ou encore internet (avec youtube par exemple) serais une perte d’aura de la musique et une fausse réalité de ce qu’est le véritable son des instruments ?

    1. Je suis tout à fait d’accords avec ton commentaire. J’ai réfléchi à deux fois avant d’ajouter une vidéo youtube à mon billet, et je suis heureux que celui-ci t’ai porté à la réflexion.
      D’un autre côté je me pose encore cette question : L’aura, n’est-elle pas un détail ? Sa présence est-elle réellement nécessaire pour profiter de l’œuvre ? Ou n’a t’elle qu’un pouvoir psychologique bourgeois ? Prenons un exemple : est-il nécessaire de dépenser plusieurs millions d’euros dans le but d’acquérir une peinture originale empreinte de son aura ? Ou est-ce que dépenser une centaine d’euros pour une reproduction de celle-ci dénuée de son statut d’original suffit ? Seriez vous prêt à dépenser une telle somme pour « l’aura » ?

  2. Finalement toutes reproduction que ce soit visuelle ou sonor représentent une pertes d’aura ; c’est une fausse réalité perturbé par les médias qui la diffuse.

  3. Si l’aura est altéré par la reproduction, dire qu’elle soit réduite à néant est un peu fort, surtout dans le domaine de la musique qui est destinée à être diffusée (c’est vrai, un peu moins pour la musique classique), ce qu’on entend reste quelque part vrai, authentique, l’appréciation n’est pas totalement impossible.

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