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Du plateau de tournage à votre salon

« Silence ça tourne ! »

De la caméra du studio de tournage jusqu’à votre salon, un film fait un très long voyage.

Une reproduction massive

Ça y est c’est bon ! Le film vient de sortir de la post-production il est terminé et peut désormais être diffusé. Les salles de cinéma ont commandé leurs copies et le distributeur n’attend plus qu’elles pour satisfaire la demande. Des milliers de copies vont alors être créées.

Walter Benjamin, philosophe, critique littéraire et critique d’art du XXème siècle, propose, dans L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1936), une réflexion sur la reproductibilité technique d’une oeuvre et son authenticité.

Dans l’exemple d’un film, nous sommes en droit de nous poser cette question d’authenticité. Quel est le véritable film, la véritable oeuvre d’art ? W. Benjamin disait que tout ce qui relève de l’authenticité échappe à la reproduction. La reproduction des œuvres d’art et leur diffusion massive affaiblit le rapport que l’on pourrait avoir avec l’œuvre originale. Il va même plus loin en disant que la reproductibilité de l’œuvre d’art la désacralise.

De la pellicule au numérique

On assiste à une dématérialisation de l’oeuvre quant à la technique utilisée par le réalisateur pour faire son film. Ainsi,  Christopher Nolan, fais le choix de tourner son film Interstellar (2014) avec une pellicule de 70mm. La pellicule est de plus en plus rare dans le cinéma « moderne », et le 70mm l’est encore plus.

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Cette rareté s’explique par les salles de cinéma qui sont passés au numérique. Très peu sont les salles ayant encore des projecteurs adaptés au 70mm, si bien que seules 15 copies du film dans ce format circuleront dans le monde, les autres salles de cinéma bénéficiant d’une copie numérique.

Face à la demande, le format de 70mm qui reste le souhait du réalisateur pour son film ne pourra pas être respecté.

On peut se demander si une copie d’un film en 70mm est plus authentique qu’une copie numérique. J’avoue ne pas avoir la réponse à cette question, même si je serai tenté de dire qu’il y a finalement peut être une hiérarchie dans cette authenticité, la copie DVD étant tout en bas de l’échelle.

Une réflexion sur “ Du plateau de tournage à votre salon ”

  1. Forcément, la copie d’un film en 70mm paraît plus authentique dans le sens où elle paraît unique. Voir Interstellar dans une salle adaptée au 70mm, ce n’est pas la même chose que le voir en streaming sur son ordinateur. D’ailleurs, ne sommes nous pas nous-même responsable de l’altération des oeuvres que sont les films quand nous ne obligeons pas à aller les voir au cinéma ?

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