Le softpower relève-t-il de la malhonnêteté intellectuelle ?

Le soft power (puissance douce, pouvoir de convaincre) est un concept utilisé en relations internationales. Il décrit la capacité d’un acteur politique —État, firme multinationale, ONG, institution internationale — d’influencer indirectement le comportement d’un autre acteur ou la définition par cet autre acteur de ses propres intérêts à travers des moyens non coercitifs.

En effet, le soft power a tendance à sembler rassurant comparé à la répression et la mise en évidence de rapports de force, mais n’est-il pas plus dangereux que le hardpower?

À première vue, non. Il n’y a pas de raison qu’il le soit, sachant que hardpower utilise des moyens bien plus drastiques pour arriver à ses fins (puissances militaires etc.) Ce qui inquiète, c’est que le hardpower peut atteindre l’intégrité physique d’un individu.

Mais il n’en rend pas moins dangereux le softpower. Le risque avec celui-ci, c’est de ne pas se rendre compte qu’un rapport de force se crée entre deux parties. L’un aura donc pour objectif de prendre la main sur l’autre, alors que l’autre n’y verra que du feu, tout simplement parce que l’individu aimera ce qu’il verra.

Mais le softpower peut permettre d’arriver à de bien plus grandes choses (aussi positives que négatives) en utilisant les médias de masse. En effet, nous en revenons à l’idée de loisir et de plaisir.

240011Par exemple, Edgar Morin aborde deux concepts : la projection et l’identification.

Imaginons une personne dans une salle de cinéma. Le cinéma est un loisir très apprécié du public et qui a déjà prouvé son influence sur la vie des gens. En effet, le spectateur se retrouve devant un film devant lequel il peut se projeter, rêver, sortir de son quotidien qui ne lui convient peut-être pas. Autrement, le film pourrait permettre une certaine identification du spectateur au protagoniste. Le constat reste le même : il est évident que la finalité est la quête de bonheur. Sauf que la réalité ne disparait jamais et le risque est de chercher sans fin un monde qui n’existe pas. Bien évidemment qu’il n’existe pas, tout est orchestré pour que le film renvoie l’image du même monde qu’aujourd’hui, mais en mieux.

Dans cette quête de bonheur infinie basée sur un idéal qui n’existe que dans les films, autant profiter de ces quelques heures d’évasion de notre quotidien, et tant pis si le retour à la réalité fait mal. 

Une réflexion sur “ Le softpower relève-t-il de la malhonnêteté intellectuelle ? ”

  1. Article très intéressant ! Pour continuer dans ta réflexion, il existe également le concept de Smart-power. Développé par Hillary Clinton quand elle était secrétaire d’état américaine et qui correspond à un mélange de hard-power et de soft-power.

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