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Exploration urbaine

« Derrière la plupart des images, quelque chose disparaît, quelque chose d’unique. » écrit Baudrillard. Selon le philosophe, sociologue et photographe, les images contrôlent notre vision en nous donnant l’impression d’une réalité. Elles reflètent l’absence de ce qui est montré. Par le biais de la photographie, le monde réel disparaît. Il n’a plus d’odeur, plus de relief, plus de poids. Plus d’espace ni de temps, il est figé dans une sorte de souvenir qui est faux.

Baudrillard tout comme Roland Barthes, dans La Chambre Claire, évoque la photographie comme étant, d’une certaine manière, la mort du réel. Par le biais de cet art, la réalité disparaît, elle est transformé, l’instant photographié est déjà passé. Par la photographie mais aussi, par le cinéma, nous sommes entrer dans l’air de l’hyper réalité. L’individu confond aujourd’hui le réel avec sa représentation, c’est à dire le simulacre. (photographie, vidéo, film etc)

« Il ne s’agit plus d’imitation, ni de redoublement, ni même de parodie, mais d’une substitution au réel des signes du réel.  »Jean Baudrillard, Simulacres et Simulations (1981)

 

CWuwS_ZW4AECl_VLe milieu de l’urbex (contraction de « urban » et « exploration ») est aujourd’hui très en vogue. Que ce soit par curiosité, pour se procurer des sensations fortes (crainte de l’atmosphère du lieu, dangerosité, braver l’interdit, risque de faire une mauvaise rencontre…), ou bien pour prendre des photos, nous sommes de plus en plus nombreux à jeter des coup œil curieux sur les façades de lieux qui semblent être abandonnés.

Lorsqu’en 2016, Timothy Hannem publie son ouvrage « Urbex, 50 lieux secrets et abandonnés en France » (ouvrage très intéressant et complet que je recommande!), il y livre ses différentes escapades dans ses lieux oubliés (vraiment ? ). En photographiant ses bâtiments, il tend à capter leur transformation au fil du temps et ses différentes découvertes (objets, histoire du lieu, environnement…)

637b0ab71cfd80f3656c6ea7a2c38829Il y a un peu de tout ; des châteaux, des hôpitaux, des maison bourgeoise, des usines, des sanatorium… En feuilletant le livre, le lecteur tend à s’imaginer ces lieux comme des décors. En effet, notre culture, notre imagination à tendance à relier ce genre de lieux à un scenario de film (le plus souvent d’horreur). Nos émotions accompagnée d’une certaine adrénaline, nous trompent.

Lorsque nous nous promenons dans ces endroits, nous ne pouvons nous empêcher d’imaginer ce que le bâtiment eu été par le passé, quel genre d’événements pourrait arriver ici, là, maintenant. On se laisse impressionner par notre besoin de fiction. L’hyper réalité trompe nos sens. Nous sommes engagés dans un monde imaginaire et dépendant de ce dernier.

 

Une réflexion sur “ Exploration urbaine ”

  1. Engagé dans un monde imaginaire qui retrace d’une certaine manière notre patrimoine, ne penses tu pas ?
    Ici tu prends l’exemple de l’Urbex, ces lieux délaissés, abandonnés mais ceux ci représentent notre histoire et l’excitation de l’exploration devient envahissante dans ce genre d’endroits. (connaissance de cause, mais chut…)

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