Les Hach Winik et la perte d’aura

Hach Winik signifie « vrais hommes » en maya.

chiapasCe peuple, d’indien Lacadon, vit dans le la forêt du Chiapas. Leur culture provient des mayas en particulier leur religion. A l’origine, ils vénèrent Hach Ak Yum (leur créateur) ainsi que  de multiples dieux et déesses en rapport avec la nature. Mais lorsqu’un indien ne veut plus honorer ses dieux il doit alors aller l’enterrer dans la forêt pour qu’il repose en paix. Cependant dans les années 1930, des pasteurs sont venus pour les convertir au catholicisme, ce qui n’a pas toujours été accepté mais petit à petit les Hach Winik ont changé de religion. Certains pasteurs forçaient les indiens à bruler leurs encensoirs et statuettes ce qui était contraire à leur religion. Une minorité de jeunes aujourd’hui ai malgré tout , encore inspirée par les dieux de leurs ancêtres mais la plupart de leurs statuettes ont été détruites ou enterrées.HachWinik08_bigthumb

Walter Benjamin  un philosophe allemand du XXème siècle, s’est concentré sur l’authenticité des  oeuvres d’art par rapport à l eur statut original. Il souligne par exemple que la reproductibilité d’une oeuvre contribue à sa dégradation. Il existe des photographies de ces statuettes ce qui, pour Walter Benjamin revient à une altération. En effet, ces dernières perdent une certaine aura. Plus encore, ces statuettes ne sont plus considérées par la majorité des Lacadons, comme représentatives de sacré. Or Benjamin précise bien qu’une oeuvre d’art doit, en plus d’être inscrite dans une culture spécifique, être reconnue et entretenue par celle-ci. 

Le fait que les indiens aient détruit leurs statuettes, mais encore plus que la majorité n’y croit plus, laisse entendre que ces oeuvres d’art ont perdu toute leur authenticité originelle.

Mexico, Chiapas, 2002-2003 The Lacandons Waterfalls of Lacanha' Mexique, Chiapas, 2002-203 Les Lacandons Cascades de Lacanha' © Miquel Dewever-Plana / Agence VU

Durant 10 ans, le photojournaliste Miquel Dewever-Plana est parti à de nombreuses reprises vivre avec les Hach Winik, prendre des photos et partager leur mode de vie. Il regroupe dans un livre une cinquantaine de photos, ainsi que deux textes, un de Paul Bowles et un autre de lui. Ce livre permet de vraiment se rendre compte de la situation de ces indiens qui sont forcés d’abandonner leurs traditions pour adopter le mode de vie de la société occidentale.


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