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L’hyper-réalité des spectacles


Jean Baudrillard est un philosophe français du XX
ème siècle, dont les pensées ont été connues internationalement et appréciées notamment aux Etats-Unis. Baudrillard dans Simulacres et simulation (1981) aborde le sujet de la réalité. De son point de vue, nous sommes entré dans une ère où le réel a disparu pour laisser place à sa copie, tellement réaliste soit dit en passant, que nous ne percevons pas la différence. Il n’existe plus de référentiel, seulement des substitutions. Il qualifie ce phénomène de crime parfait, car personne ne se rend compte de la supercherie. Il met cela en rapport avec notre système de signes (d’images). Il est en effet de plus en plus présent dans notre quotidien, et ce sont ces images qui nous induisent en erreur car elles sont facilement falsifiables.

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Nous pouvons prendre en exemple le film Birdman (2015) d’Alejandro González Iñárritu. Un détail n’est pas anodin, la quasi totalité est tournée en plan séquence (ou en tout cas donne une impression de plan séquence). Dans ce film, Riggan Thomson, un acteur tombé dans l’oubli qui incarnait le superhéros Birdman, revient mais cette fois sur les planches de Broadway. Il rencontre des difficultés à percer dans le milieu du théâtre, car il est décrédibilisé par son ancien rôle. Riggan se battra malgré tout pour présenter ce spectacle qui lui tient vraiment à coeur.  On découvre alors un acteur assez torturé qui ne s’est pas vraiment remis de son désenchantement,  qui parle avec son coté obscur (soit Birdman) mais veut réussir à nouveau. 

Attention /SPOILER/  :maxresdefault

Il est possible de relier ce film avec Baudrillard car il aborde la notion d’hyper-réalité. Le personnage de Riggan n’arrive plus, à partir d’un certain moment, à faire la distinction entre sa vie, celle de Birdman et son jeu. Il pense qu’il lui ai possible de voler dans les rue de New-York tel un oiseau grâce à ses anciens pouvoirs alors qu’il se déplace en taxi. Un acteur de sa nouvelle pièce, Mike Shiner, le pousse à améliorer son jeu de telle sorte qu’il doit entrer littéralement dans le personnage (Mike exige de boire du vrai whisky et non de l’eau et va jusqu’à inciter lourdement sa copine pour coucher sur scène durant la représentation). Les frontières entre le réel et la fiction sont donc largement brouillées pour Riggan. Son comportement devient violent à tel point qu’il casse tout dans sa loge. Sa désorientation atteint son paroxysme lorsqu’il décide de se tirer une balle dans la tête à la fin de la première représentation, sous un tonnerre d’applaudissements. Le film ne s’arrête pas ici car Riggan survie et la critique tant attendue est l’une des première chose qu’il va entendre. Sa réputation est sauve, car la plus grande critique du moment écrit un papier « La Surprenante Vertu de l’ignorance » dans lequel elle encourage cet hyper-réalisme. Le sang versé par Riggan est vu comme quelque chose qui rend la pièce plus vraie. C’est certes véridique mais malgré tout cela reste du théâtre. Cela deviendrait compliqué s’il fallait à chaque fois filmer une personne qui meurt réellement pour pouvoir faire un bon film. La société d’aujourd’hui cherche de plus en plus à recréer le réel  que ce soit au cinéma où dans d’autres domaines. Les limites de ces façons de fonctionner sont que le réel est compromis au profit du fictif.

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