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L’hyperréel, plus vrai que nature.

Au cours du XXème siècle, de nombreux philosophes ont tenté d’analyser la société de consommation alors en gestation. Parmi eux, Jean Baudrillard était l’un des plus radicaux. Toujours en rupture, il refusera par exemple de passer le concours de l’Ecole Normale Supérieure, pour lequel il s’était préparé, pour aller s’établir en tant agriculteur puis  maçon dans le sud de la France. Radical, il le fut dans toute son œuvre qui allait chercher dans le fond des choses jusqu’à l’épuisement du sens de celles-ci. C’est pourquoi il précisait que sa pensée visait à créer des modèles qu’il ne considérait pas comme vrais mais comme intéressants. Il y a donc une certaine provocation dans ses propos et ses concepts.

Il en est ainsi dans sa description d’une forme d’épuisement de sens de la Société du spectacle, selon le mot de Guy Debord, dans laquelle nous vivons. Baudrillard estimait que nous pouvions l’interpréter comme une hyperréalité. L’hyperréel, c’est un réel factice qui n’existe que par les signes et est donc vide de sens et d’essence.

Si Baudrillard estimait à l’époque que cette interprétation n’était qu’une provocation censée nous pousser à la réflexion, peut-être changerait-il d’avis de nos jours. En effet, nous avons, dans les dernières années écoulées, fait la connaissance de la réalité virtuelle. Elle apparait comme un synonyme du concept d’hyperréel. La réalité virtuelle désigne une technologie informatique qui reproduit un environnement virtuel à 360 degrés autour de l’utilisateur d’un casque spécialement conçu pour cette utilisation.

Comment cette technologie peut-elle être utilisée ?

Dans le cas de l’image ci-dessus, où un militaire utilise un simulateur de parachute basé sur ce principe de réalité virtuelle, il s’agit de recréer une réalité la plus fidèle possible. Le but est de faire correspondre la simulation au maximum à la situation véritable, afin de préparer la confrontation avec celle-ci. Nous sommes donc face à une utilisation bénéfique, qui améliore la capacité de l’humanité à faire face à des situations complexes.

Mais qu’en est-il d’une utilisation fictive de la réalité virtuelle ? Lorsqu’elle serait utilisée pour raconter des histoires -on peut imaginer des films à 360 degrés, ou pour les faire vivre -les jeux vidéo en réalité virtuelle existent depuis plusieurs années, et ce marché qui s’ouvre est amené à grossir exponentiellement, on pourrait parler d’une utilisation négative, qui tend à éloigner le sujet de la réalité véritable. Ce qui amène à la notion de dissonance cognitive. Celle-ci désigne un écart trop important entre deux cognitions, ce qui peut être une pensée, ou un comportement. Lorsque l’image que nous avons de la réalité et la réalité elle-même sont trop éloignés, il y a dissonance cognitive. Pour comprendre comment la réalité virtuelle peut créer de la dissonance, vous pouvez allez voir cette vidéo sur la chaîne e-penser.

Une réflexion sur “ L’hyperréel, plus vrai que nature. ”

  1. Est-ce que tu connais le jeu de S-F en développement, Star Citizen ? Le but de son créateur est de développer un nouveau genre de MMORPG qui se déroule en temps réel qui est principalement construit pour la réalité virtuelle, en plus d’être un simulateur de vol au passage.
    A terme, on pourrait même envisager des métiers pour ce genre de jeux virtuels où tous les NPC seraient interprétés par des comédiens.
    Un système qui créerait de l’emploi mais mènerait le monde à la dérive (selon moi, en tout cas).

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