Pirates !

L’auteur et penseur allemand Walter Benjamin publie en 1955, à titre posthume, un essai longuement dénommé « L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique« .

La thèse principale du livre est celle de la déperdition de l’aura de l’oeuvre d’art, de par la reproduction massive, parfois industrialisée de ces produits, ils sont donc objectivisés, détournés de leur fonction impressive première par leur reproduction à grande échelle.

On pourrait penser qu’avec la fin approchante du DVD, l’industrie du cinéma ne serait pas directement liée à ce phénomène de reproduction, du moins pas de la même manière que les reproductions à la chaîne des tableaux de maître que l’on peut trouver sur internet.

Mais les salles obscures qui se désemplissent sont à l’image du musée : l’art est devenu disponible autrement, d’une manière détournée ou dérivée, plus besoin d’aller au musée du 7ème Art. Maintenant, on télécharge.

Logo de µTorrent, principale plateforme de peer-2-peer.

Lorsqu’un téléchargement est effectué, le film récupéré est souvent d’une qualité graphique dépréciée. Son titre, également, porte les stigmates d’une massification, d’une entrée dans l’air du tout-data qui concentre l’information sans juger de sa qualité, de part les indications purement informatiques. On ne télécharge plus Chinatown, l’oeuvre de Polanski, mais « [ripDivX_Chinatown(tpb)[1080p] ». En cela, le 7ème art s’inclue parfaitement dans le concept de perte d’aura que propose Walter Benjamin.

Une réflexion sur “ Pirates ! ”

  1. En même temps, le principe du téléchargement est illégal car on a pas payé les droits des films. Si tu les as en DVD ou tout autre support que tu as acheté, il est totalement légal de DL un film ou de la musique pour ton usage personnel, et parce que le support que tu as ne permet pas forcement une numérisation.
    Cela me fait penser à cette anecdote sur Bruce Willis (grand mélomane) qui avait racheté toute sa collection de disques (c’est à dire un nombre imposant) sur Itunes avant d’apprendre qu’il avait payé une deuxième fois les droits, et qu’il a donc engagé un procès pour récupérer l’argent qui a payé en double.

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