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Stupeflip: Survivre hors des médias de masse… ou mourir

Stupeflip est un groupe français formé en 2000 et composé de Julien Barthélémy (dans son rôle de King Ju), Stéphane Bellenger (dans son rôle de Cadillac) et Jean-Paul Michel (dans son rôle de MC Salo). Le style musical du groupe est varié: rap, pop, fusion et variété, mais trouve ses influences également du côté de Bérurier Noir, du hip-hop et du punk, le tout ponctué de sons expérimentaux créés par King Ju.
L’une des caractéristiques majeures de ce groupe est la volonté assidue de ses membres de se détacher des star-system et studio-system de l’industrie musicale. Cette volonté se traduit notamment par une méfiance envers les médias de masse.

Ils le démontrent de manière parfaitement claire dans cette interview « pas préparée » de Thierry Ardisson, au sein de son émission Tout le monde en parle, sur France 2. La seule version disponible est celle rendue disponible par France 2 après un remontage de l’émission. Il semble évident que l’attitude du groupe n’a pas plus à la chaîne nationale. D’ailleurs, je me souviens bien n’avoir pas compris grand chose la première fois où je l’ai vu.

Cette méfiance envers les médias de masse et l’industrie musicale va mener le groupe a être exclu du label qui les produisait et à poursuivre sa carrière en freelance, sur internet.
Leur troisième album, The Hypnoflip Invasion, sortira en 2011 et sera suivi deux albums particuliers: The Terror Maxi (sortit uniquement en vinyle en 2011) et Terrora !! (un Maxi sortit en 2012). Leur succès public sera mitigé (le public fidèle du groupe sera au rendez-vous, mais le grand public ignore presque totalement ces albums), bien que le succès critique soit plutôt au rendez-vous (Si les deux premiers albums, Stupeflip (2003) et Stup Religion (2005) sont reconnus comme bon, le troisième est considéré comme leur meilleur).

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Stupeflip (2003), Stup Religion (2005), The Hypnoflip Invasion (2011) et Terrora !! (2012)

Malheureusement, d’après les dires de King Ju, membre principal du groupe, les ventes n’ont pas suffit et le groupe peine à poursuivre son exploration musicale. Tout leur contenu musical – même inédit – est aujourd’hui accessible sur YouTube et aucune annonce concernant un nouvel album n’a été émise.

On peut voir là le rôle majeur des médias de masse dans notre société actuelle. Pour se faire connaître, il faut accepter de se glisser dans un moule qui plaise à la fois à l’industrie musicale et à la presse.
Si des artistes démontrent leur différence vis-à-vis de la société des médias de masse  (Jean-Louis Murat chez Ruquier, Hubert-Félix Thiéfaine, etc), Stupeflip est aller beaucoup plus loin et ce rejet de cette société est au coeur même de leur groupe.

Le personnage de Pop Hip, qui incarne justement le chanteur s’intégrant à l’industrie musicale, est démonstratif. Les morceaux qui lui correspondent sont parmi les plus connus du groupe – et les plus diffusés sur les quelques radios qui acceptent de passer leur musique – et ce n’est pas pour rien s’il est tué dans le troisième album qu’ils ont du produire eux-mêmes.

Pop-Hip, lors du concert de Stupeflip au Paléo Festival à Nyon, en Suisse.
Pop-Hip, lors du concert de Stupeflip au Paléo Festival à Nyon, en Suisse.

 

Le signe qu’ils n’allaient pas survivre ? Ou qu’ils acceptaient pleinement de tenter l’expérience sans les majors ?

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