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Stéphanois sur Lyon depuis 2013, j'entre à Marc Perrot en 2015 en Création numérique après deux années à l'université Lyon 2 en Information-communication et Sciences politiques, avant de rentré à l'UQAT en 2016. Cette page de blogue retrace les articles que j'ai du rédigés dans le cadre de mes cours.

Street-art et Réalité augmenté

Depuis peu, la notion de réalité mixte (physique et numérique) grandit grâce à de nouvelles technologies, comme la réalité virtuelle ou la réalité augmentée. C’est de cette dernière dont je vais parler dans cet article, associé au street-art. Ma réflexion a commencé avec cette vidéo de la chaîne Vimeo « Heavy & Sons ».

La réalité augmentée peut clairement apporter un plus aux œuvres de street-art. Cette vidéo nous montre comment des œuvres pré-existantes peuvent être sublimer par la réalité augmenté, en apportant une nouvelle dimension spatiale et technique.

On peut également imaginer que l’on pourrait créer des œuvres d’art de rue entièrement en réalité augmentée, qui ne se laisseraient découvrir qu’à l’aide de la technologie, caché de l’œil humain. Le graffiti et le tag, aux réputations sulfureuses pour cause de leur bien souvent illégalité, changerait totalement de forme.

Le numérique possède un énorme potentiel artistique, les réalités mixtes peuvent apporter des notions d’immersion et d’interactivité. Cela va dans la continuité du street-art, en respectant l’anonymat du graffeur, il n’y  pas de réel coupure qui est créé avec le street-art traditionnel, plus artisanal.

Post-humanisme et capitalisme

La cyberculture a souvent porté des thèses post-humanistes. L’humain et la machine, le créateur et sa création, ne formant plus qu’un seul et même être. Les débats sont souvent houleux autour de cette question, certains y voient une déshumanisation cataclysmique, d’autres le simple avenir logique de l’humain toujours poussé à aller de l’avant par le progrès depuis son existence.

Mais la question que je me pose n’est pas de savoir si cela va/doit arriver mais plutôt comment ceci va arriver. En effet, l’humain a toujours été porté par le progrès (social, culturel, technologique), c’est inhérent à sa condition. Alors qui somme nous pour décider de la fin du progrès ? Il est normal que le futur puisse nous effrayer mais il en a été de même pour toutes les époques. Imaginez si les humains d’une époque aurait décider d’arrêter le progrès. Ou bien regardez ce qu’il s’est passé quand l’Eglise a voulu ralentir le progrès en pratiquant une véritable chasse aux scientifiques. Le progrès continuera quoi qu’il advienne.

Plutôt que combattre les avancées d’un progrès inarrêtable, il faut participer pleinement au débat sur notre avenir qui actuellement se fait sans nous. Actuellement, ce sont de grandes firmes transnationales qui œuvre à créer notre futur. Ces entreprises sont en train de réaliser des avancées capables de changer la face de l’humanité mais agissent dans le secret, pour des besoins économiques et sans aucun contrôle citoyen possible. Ce sont les conséquences du capitalisme sur le progrès technologique.

La propriété privé des moyens de production devient véritablement dangereuse pour le futur de l’humanité. Des acteurs économiques privés ne devraient pas avoir le choix de notre destin, cette décision appartient à la collectivité. C’est pour cela que les entreprises dans les hautes-technologies comme la robotique ou les biotechnologies devrait être des propriétés collectifs. Cette collectivisation permettrait d’avoir un contrôle citoyen sur ces avancées pour que les humains décident ensemble. Ainsi, des objectifs sociales, environnementales et culturels pourraient être privilégié aux objectifs économiques préférés par la doctrine capitaliste qui n’a pour but que d’accumuler du capital, de l’argent.

Le post-humanisme peut donc être la plus formidable avancée de l’humanité comme il peut être sa plus grande catastrophe. Il en va a nous de décider en arrêtant de nier ou contourner un débat plus que primordial pour notre futur.

Interactivité et intelligence artificielle

Contrairement à l’immersion, dont je parlais dans mon dernier article, l’interactivité est une recherche plus récente dans la culture humaine. C’est principalement au XXème siècle que la problématique entre en jeu avec les courants modernes et « révolutionnaires » du futurisme italien et du constructivisme soviétique.

L’interactivité vient compléter l’immersion pour entièrement plonger l’utilisateur dans un autre univers. En plus d’être plongé dans un autre monde, l’utilisateur peut influer dessus ainsi que recevoir des réponses de l’interface. Pour améliorer les œuvres interactives, l’intelligence artificielle semble être une bonne piste.

En effet, plus la machine devient intelligente, plus les possibilités d’interaction sont grandes. Les dispositifs pourraient répondre à n’importe quelles données humaines : paroles, gestes et même pourquoi pas pensée. Ces avancées ne serviraient pas seulement à l’art mais a toutes sphères sociales comme la domotique (robot domestique) par exemple.

Les intelligences artificielles deviennent de plus en plus puissantes et complètes et elles ouvrent la voie à de nouvelles possibilités artistiques. On peut supposer que les machines seraient capables d’analyser les émotions humaines et de fournir une rétroactivité en fonction.

Les peurs autour de l’IA ralentissent ces possibilités mais comme toute technologie, ce n’est pas l’innovation qui est dangereuse mais l’utilisation que l’on peut en faire.

A la recherche de l’immersion parfaite

L’homme a toujours recherché à atteindre l’immersion dans ses œuvres culturels, en art ou en divertissement. Les outils numériques nous permettent de plus en plus d’atteindre un but d’immersion totale. Le video mapping, la réalité augmentée ou la réalité virtuelle viennent agir sur l’environnement propre de l’humain, la frontière entre le medium et la réalité devient flou, ce qui propose de nouvelles expériences immersives.

Mais ces outils numériques ne sont pas encore (du moins dans notre position actuel) capable de créer l’immersion parfaite. Le cerveau, bien qu’impressionné, bloque encore pour créer un sentiment de réel alter-réalité. Les possibilités d’évolutions technologique dans le numérique ne me paraît donc pas la meilleure hypothèse pour atteindre l’immersion final.

Mais il existe un domaine où les possibilités immersives me paraissent beaucoup plus grande : la drogue. La drogue altère la réalité et peut créer des cadres extrêmement immersifs. Ce sont principalement les drogues psychédéliques (LSD, champignons hallucinogènes, salvia divinorum, ayahuasca etc…) qui arrivent à immerger l’utilisateur dans un autre monde avec des qualités immersives extraordinaires.

Actuellement, il est assez difficile de donner une direction particulière aux « trips » que procurent ces différentes drogues mais les rites chamaniques tendent quand même à nous montrer que le contraire est possible. Dans l’hypothèse où nous arriverions à maitriser les effets de ces drogues ou alors à en découvrir des nouvelles, cela pourrait être un grand pas supplémentaire vers l’immersion total et parfaite. La culture, l’art et le divertissement serait incroyablement renouvelé.

Le patron de Netflix partage aussi cette opinion comme il a pu en parler dans cette interview au Wall Street Journal. http://www.wsj.com/video/generation-netflix/55754B1F-E0DE-47CE-8699-8FE94CF4C665.html

Quand on sait que ce sont les grandes compagnies d’Internet (Google, Facebook etc…) qui construisent actuellement notre futur, on peut supposer que l’hypothèse d’utilisation de drogue à des fins récréatives, culturelles et immersives est parfaitement possible et pourrait même arrivée plus vite que l’on ne le pense.

Machines et humains en co-actions

Le numérique s’est rapidement immiscé dans l’art et en particulier dans les arts du spectacle. En effet, de nombreuses œuvres multimédias vont apparaître dans les années 90 avec l’avènement de l’informatique. Ces diverses œuvres, en plus d’être associées au numérique, étaient le plus souvent interactives. C’est à dire que le public contribue à l’œuvre d’art en elle-même en interagissant directement avec elle. Des informations sont envoyés à un ordinateur qui les analyses avant d’y répondre. Avec ces œuvres, la notion d’intelligence artificiel va apparaître dans l’art. L’ordinateur se rapproche alors encore plus de son créateur, l’humain. La question du rapport entre l’humain et la machine existe dans l’art depuis la révolution industrielle ainsi que la notion de modernité théorisé par Baudelaire. Avec l’ordinateur et l’intelligence artificielle, ce questionnement est encore plus poussé. Les œuvres présentées dans le texte allient l’humain et la machine dont l’interaction devient œuvre d’art. Des algorithmes sont créé pour recevoir des informations de la part des humains en fonction de leur corps, leur sens, leur position et même leurs émotions. La machine envoi alors une réponse aux humains qui peut lui même s’adapter à la machine par la suite, créant ainsi de l’interaction. La machine et l’humain deviennent alors co-auteurs de l’œuvre d’art. Derrière la machine se cache l’artiste et le public joue son rôle d’humain. La technologie vient s’immiscer dans des arts traditionnelles créant ainsi une hybridation, les arts numériques, quand même reliés aux médiums traditionnelles : peinture, photographie, vidéo, installation etc… Beaucoup de personnes voient la technologie de manière plutôt péjorative en insinuant que les machines nous déshumanisent. Ce n’est pas mon cas, la technologie fait partie du progrès et c’est ce qui fait avancer l’humanité, on ne peut pas l’arrêter ou c’est l’Histoire humaine que l’on stoppe. Ces machines supposément déshumanisantes sont fabriqués et possédés par d’autres êtres humains, c’est donc bel et bien la déshumanisation de l’Homme par l’Homme (et l’exploitation également mais c’est une autre histoire). Ce n’est pas l’arme qui tue mais la personne qui la tient, il en va de même pour la technologie, c’est l’utilisation qui en est faite qui peut être qualifié de bonne ou mauvaise, une machine n’a ni morale, ni éthique, ce n’est qu’une machine, c’est l’humain qui l’active qui lui donne ces notions. On peut trouver facilement des modèles d’humanisation des machines, comme les art numériques ou la musique électronique par exemple.

Bolloré is watching you

Pour illustrer les propos de Bourdieu dans Sur la télévision, je vais prendre l’exemple de Vincent Bolloré à Canal Plus.

Vincent Bolloré est un danger pour la démocratie. Sa reprise de Canal Plus est significative d’un désir de main mise sur les médias. Sa stratégie est tellement flagrante qu’on peut se demander comment elle peut se mettre en place aussi facilement. Quatres exemples pour illustrer mon propos :

Tout les programmes qui pouvaient remettre un temps soit peu en question la gestion de la chaîne par Bolloré ont subi des changements drastiques. Et encore je ne vous ai parlé que des activités médiatiques de notre cher Vincent qui s’amuse aussi beaucoup en Afrique.

L’hyperréalité d’un compte Facebook

Baudrillard expliquait que nous vivions dans une société de surconsommation d’image. Cette surconsommation d’image entrainait une rupture avec la réalité car une image n’est pas le reflet du monde mais déjà une interprétation.  Dans ce sens, un compte Facebook est l’apogée de cette hyperréalité comme l’appelait Baudrillard.

En effet, Facebook est une mise en scène de sa vie, je vais m’arrêtez ici seulement sur la publication de photo. Lorsqu’on publie une photo sur Facebook, on attend un jugement de cette photo par notre communauté. On recherche le « J’aime » (et maintenant plus avec les nouveaux émoticônes) pour jauger la popularité d’une photographie.

Dans cette logique, les photos Facebook deviennent des mises en scène de la vie, nous éloignant toujours plus de la réalité. Une autre réalité (hyperréalité) apparaît alors. Qui n’a jamais scruter le compte Facebook d’une personne pour en apprendre plus sur elle et se rendre compte que la réalité était bien éloigné. Même moi j’ai été le premier en début d’année scolaire à espionner le compte Facebook de mes camarades en croyant en apprendre plus sur eux, mais je m’étais trompé.

 

La société du spectacle : la coupe du monde au Qatar

Guy Debord nous expliquait comment le capitalisme nous divertit pour cacher les vrais problèmes. Je vais vous expliquer en quoi la futur coupe du monde au Qatar en 2022 en est le parfait exemple.

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En effet, cette futur coupe du monde fait déjà coulé beaucoup d’encre alors qu’elle ne commence que dans 6 ans. En premier lieu, c’est l’attribution au Qatar qui fît scandale. Ce pays, dont le seul rattachement au football est le rachat du PSG, ne disposait pas de stade adapté. Ils ont donc décidé de faire construire 9 nouveaux stades… Et oui ! On voit les choses en grand dans le petit pays pétrolier.

Mais l’histoire est loin de s’arrêter ici puisque dans les travaux pharaonique, pour atteindre les exigences de la FIFA, 1800 ouvriers vont mourir. Ces ouvriers, qui travaillait dans des conditions quasi esclavagistes, sont morts pour le plaisir de notre divertissement occidental qu’est la coupe du monde de football.

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L’exemple est donc ici flagrant pour montrer comment la société capitaliste et ses institutions, comme la FIFA, se servent de spectacle, comme la coupe du monde, pour cacher les vrais problèmes, tel les conditions de travail ouvrière. A ce jour, aucune sanction n’a été prise et les ouvriers continuent de mourir pour construire des stades de foot dans un pays où les femmes n’ont aucun droit, les homosexuels sont exécutés, les opposants politiques enfermés. On pourrait attendre le chiffre de 4000 morts en 2022 selon certaines estimations.

Du bipartisme au monopartisme

Dans les années 60 aux Etats-Unis, Herbert Marcuse avait démontré l’uniformisation de la société capitaliste en prenant l’exemple des partis démocrates et républicains. En effet, selon l’auteur, ces deux partis politiques avaient à peu près le même programme. Un programme libéral qui s’inscrivait dans la logique capitaliste, animant quelques différences sur des « sujets de société » pour occuper la vie politique et les médias.

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Je suis parfaitement d’accord avec Marcuse, même si les dernières primaires américaines ont montré que des outsiders progressistes (Bernie Sanders) ou réactionnaires (Donald Trump) pouvait venir agiter le jeu libéral de l’establishment américain. Mais je ne vais pas m’attarder sur les Etats-Unis et plutôt démontrer que le même phénomène est à l’œuvre dans notre pays entre le Parti Socialiste et Les Républicains.

Le phénomène n’est pas récent, il a commencé dès la présidentielle de Mitterrand et son « tournant de la rigueur » en 1983, rapprochant ainsi le Parti Socialiste vers une politique social-démocrate et non socialiste. L’uniformisation a continué de s’accentuer avec Lionel Jospin entre 1997 et 2002, avec une politique social-libéral malgré la « gauche plurielle ». Mais ce qui a définitivement fait prendre un tournant libéral au Parti Socialiste c’est le mandat de François Hollande depuis 2012.

En effet, Hollande s’est fait élire sur un programme qui était déjà considéré par beaucoup comme de centre-gauche mais en plus il ne l’a pas respecté pour y préféré des réformes libérales que même la droite n’avait pas osé. Il a répété les réformes de Sarkozy sur les retraites, la TVA, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux etc… N’a pas laisser en place des reformes phares pendant la campagne comme la taxe à 75% sur les très hauts revenus. Il s’est entouré de personnes considéré de droite comme le président du MEDEF, Pierre Gattaz ou Emmanuel Macron, ancien banquier chez Rothschild, qui lui fait maintenant de la concurrence dans la course aux présidentielles 2017.

Mais notre président ne s’est pas arrêtez la dans l’uniformisation de la vie politique française. Il a mis en place tout un tas de réformes libérales dans la continuité de celle de l’UMP (à  présent Les Républicains) tel que la loi Fioraso dans l’enseignement supérieur ou le pacte croissance emploi compétitivité. Récemment, la loi travail a agité les foules, même la droite n’avait pas osé un tel tour de force libéral. Les deux parties n’ont jamais été aussi proche en terme de programme.

sarko hollande

On peut se demander d’où vient cette uniformisation et la réponse n’est pas très compliqué à deviner. En effet, la France est soumise aux directives de l’Union Européenne, ce n’est plus vraiment elle qui a le contrôle sur l’ensemble de sa politique. L’Union Européenne a pour but assumé d’uniformiser la politique européenne, cette uniformisation se fait dans un sens libéral donné par l’Allemagne qui ne satisfait pas beaucoup d’européens. Malheureusement, ce type de discours n’est tenu en France principalement que par Marine Le Pen qui critique une uniformisation en proposant une nouvelle uniformisation, ce à quoi Herbert Marcuse s’oppose (tout comme moi).