Tous les articles par Airdeuz

Stéphanois sur Lyon depuis 2013, j'entre à Marc Perrot en 2015 en Création numérique après deux années à l'université Lyon 2 en Information-communication et Sciences politiques, avant de rentré à l'UQAT en 2016. Cette page de blogue retrace les articles que j'ai du rédigés dans le cadre de mes cours.

Ecole de Francfort et Nuit Debout

Dans les années 30, des auteurs comme Théodore Adorno ou Marx Horkheimer ont adopté une philosophie et un mode de pensée radicale. Le pessimisme de leur époque (crise économique, misère sociale, montée du fascisme…) les a poussé à cette radicalisation et force est de constater que notre époque a tout de ce pessimisme des années 30. Après ce postulat, on peut donc se demander si une pensée comme celle de l’école de Francfort pourrait réémerger de nos jours.

Parce que si la colère gronde en France, elle a du mal à se structurer autour d’une pensée. Le meilleur exemple est le récent « Nuit debout ». Ce dernier est le résultat de l’éclatement d’une colère généralisée dont la loi travail a été l’allumette. Ce mouvement propose de libérer la parole et il est vrai que le peuple en a grandement besoin en ces temps peu démocratique. Mais les perspectives apparaissent floues, si ce n’est inexistantes.

En effet, le mouvement ne veut pas se structuré craignant de tomber dans les vices de la politique, mais il tombe ainsi dans les vices du gauchisme. Un certain immobilisme a atteint le mouvement, se contentant de discuter sans proposer de réel action commune en dehors de passer une nuit dans le froid sur une grande place parisienne. Il aurait pourtant pu analyser « Los Indignados » ou « Occupy Wall Street » pour deviner ce qu’il l’attend si il ne se structure pas davantage en avançant des propositions et des actions concrètes.

La réponse a mon questionnement est donc malheureusement « non ». Une pensée comme celle de l’école de Francfort aurait du mal à réapparaître de nos jours. La dépolitisation est tellement intense que le mot d’ordre est « discuter » et non « décider » ou « agir ». Parallèlement, on peut remarquer que les banlieues et les campagnes, pourtant les plus aptes à une colère, ne participent pas à ce mouvement, exclusivement urbain intra-muros. De là à dire que Nuit Debout est constitué principalement de bobos parisiens se contentant de gentiment discuter car ne ressentant pas l’urgence contrairement aux populations banlieusardes et rurales qui ont plus que besoin de propositions et d’actions concrètes clairement lisible… Non je n’oserais pas aller jusque là…

McLunatisme

Marshall McLuhan était quand même un visionnaire. Il a réussi à théoriser son « village planétaire », monde unifié par la mondialisation où l’information circule activement grâce aux médias de masse, en 1967, à l’ère de la télévision et de la radio, avant même qu’internet n’existe. Selon lui, ce village planétaire a pour conséquence s’unir toutes les sociétés en une seule culture globalisée. Pourquoi a-t-il raison et pourquoi a-t-il tord ?

McLuhan a d’une part raison. Il a même encore plus raison de nos jours. Il est vrai que nous assistons à une forme de culture mondialisé en particulier chez la jeunesse avec internet et les réseaux sociaux. Les intérêts, de plus en plus commun, d’une jeunesse mondialement relié par internet, tendent à former une seule et même culture comme le pensait McLuhan. Cette culture-monde, on peut l’observer dans la musique, le cinéma, la littérature ou la politique, comme peut en témoigner les réactions mondiales et semblables aux récents attentats en Europe occidentale.

D’autre part, McLuhan a tord. Nous avons la fâcheuse habitude d’affirmer mondial quelque chose qui n’est qu’occidental. Cette culture mondialisé dont je parlais dans le précédent paragraphe ne concerne que le monde occidentale, États-Unis et Union Européenne en tête, et non la planète entière. La jeunesse russe, irakienne, nord-coréenne, congolaise et j’en passe n’est pas concerné par cette culture pseudo mondialisée, occidentale et surtout libérale. La circulation de l’information par les médias de masse y est différente, nous ne formons pas un seul et même village planétaire.

McLuhan avait quand même compris quelque chose même si il l’a trop extrapolé. L’unification économique, politique et culturel induit par la mondialisation pourrait amener à un « village planétaire » mais il reste de nombreux obstacles.

Mon projet de portrait sonore : Toucher du bois

Pour mon portrait sonore j’ai décidé d’interroger Matthieu, jeune ébéniste de 21 ans. L’ébénisterie peut sembler être un art du passé, avec l’industrialisation et l’automatisation, les meubles sont fabriqués à la chaîne et laissent peu de place à la créativité. Alors pourquoi lorsqu’on a 21 ans vouloir devenir ébéniste ? Quelles sont les ambitions ou les possibilités d’avenir ? C’est pour répondre à ces questions que j’ai décidé de rencontrer Matthieu dans son atelier.

Comparons David Guetta et Jeff Mills (oui…)

Walter Benjamin a un avis très critique et très tranché sur la massification de la culture par l’industrie capitaliste. En effet, il estime que l’industrie culturelle amène à un nivellement vers le bas de la culture par le capitalisme et dont les masses sont victimes. Pour cela il accuse la reproduction des œuvres d’art (tableaux, photos, films…) qu’induit le système de production de l’infrastructure capitaliste. Ce discours peut paraître extrémiste et est à resituer dans son époque (les années 30), l’auteur ne pouvant pas prendre en compte la révolution culturelle des années 60 et la révolution numérique du XXIème siècle qui atténue son propos. Je vais tenter de montrer la véracité de son discours en prenant pour exemple l’effet de la superstructure de l’industrie culturelle sur la musique électronique.

En effet lorsque le phénomène électronique explose dans les grandes villes européennes dans les années 90, le capitalisme va vite s’intéresser à cette nouvelle musique populaire et urbaine. L’industrie culturelle veut massifier au maximum ce mouvement pour en tirer un maximum de revenue. De cette tentative de récupération naîtra un schisme entre d’un côté une scène techno-house underground et de l’autre l’EDM (Electronic Dance Music) très mainstream. Il y a clairement un nivellement culturelle par le bas avec l’EDM (que je symboliserai par le DJ français David Guetta) contrairement à une techno beaucoup plus recherché (que je représenterai par le DJ américain Jeff Mills)

David Guetta

La reproduction à son paroxysme des œuvres de Monsieur Guetta (vente de CD, diffusion de clip ou téléchargement internet) crée une musique stéréotypé et sans prétention artistique. Le DJ français se sert de l’industrie culturelle et des médias de masse pour maximiser ses recettes au dépend de toute authenticité ou aura musicale comme en témoigne ses soirées/marques déposées Fuck me I’m famous. A l’inverse, Sir Mills a toujours refusé l’intrusion du capitalisme dans son art par exemple en mixant masquer dans son groupe Underground Resistance pour se détacher du star-system de l’industrie culturelle. Il propose également de véritables œuvres artistiques, par exemple en réalisant un live avec l’orchestre philharmonique de Montpellier. On voit ici clairement un nivellement par le bas de la culture des masses par l’industrie culturelle.

Les masses sont nullement responsable dans ce nivellement par le bas de la culture. L’infrastructure capitaliste en est la seule responsable, au nom du profit, elle se sert de sa superstructure culturelle et dénigre les masses en leur proposant des œuvres culturelles faibles alors que la scène underground n’a jamais été aussi fourni et populaire. En effet, ces dernières années la scène électronique underground connaît une popularité fulgurante et (pour le moment) sans travestir ces œuvres pour les rendre accessible au plus grand nombre. Ici, les masses montrent clairement au capitalisme qu’elles peuvent accéder à un certain niveau culturel, à l’opposée de ce que l’industrie culturelle leur propose, des œuvres pré-mâchées, sans originalité, faible et affaiblissante.

Les Nouveaux Chiens de garde

Pour mon premier billet sur les médias de masse, j’ai décidé de parler du documentaire Les Nouveaux Chiens de garde de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat. Sorti en 2012, il s’agit de l’adaptation de l’essai du même nom par Serge Halimi (paru en 1997 et réactualisé en 2005) qui critique la connivence entre les médias de masse et les pouvoirs économiques et politiques.

Plutôt que résumer le film, je vais vous encourager à le voir si vous ne l’avez pas encore vu. Il s’agit ici d’une très bonne critique du monde médiatique qui se prétend neutre et indépendant mais qui ne l’est nullement. Les médias de masse sont possédés par de grands groupe industriel qui ont des intérêts économiques bien plus important que les intérêts journalistique. Cette proximité entre journalisme et économie peut vite amener à de la censure comme nous le montre actuellement Bolloré à Canal+.

Les réalisateurs vont aussi démontré la proximité entre journalistes et politiques qui empêchent aux médias d’assurer leur rôle de contre-pouvoir, indépendant et objectif comme ils aiment se prétendre. En effet, c’est un petit monde qui vit entre eux composé de grands patrons, de politiciens et de journalistes qui matraquent médiatiquement la France d’idées libérales avant de tous se retrouver au Club du Siècle pour échanger politiquement et renforcer un peu plus les liens qui les unissent.

Ce documentaire est une vrai réussite et je le conseille à tous pour augmenter ces connaissances sur les médias de masse et mieux comprendre et analyser les informations qu’ils peuvent nous annoncer.

 

Invaders in Clermont-Ferrand

Mon premier jour au Festival de Clermont-Ferrand, j’ai pu assister dans une séance « Star Systeme » (catégorie dédiée au thème spatial) à Art 4 Space du street-artiste Invader. Ce dernier est connu pour ces mosaïques pixelisées représentant le plus souvent des petits envahisseurs tout droit sortis de jeux vidéos rétro. Le court-métrage retraçait le projet d’Invader d’envoyer une de ces créations dans l’espace. Dans son film, on apprend qu’à l’occasion de la diffusion de Art 4 Space au festival du court-métrage, Invader est venu recouvrir les rues de Clermont-Ferrand de quelques pixels.

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C’est en me rendant, avec mon camarade Thomas Lopez, à la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption , célèbre cathédrale gotique en pierre noire, que j’ai aperçu ce premier envahisseur rue Savaron. Le style retro-futuriste d’Invader marquait un amusant contraste avec le petit antiquaire respirant le passé.

Le deuxième envahisseur que j’ai vu était un hommage à la ville de l’industrie pneumatique. Il représente le célèbre Bibendum, mascotte de Michelin travestie par le style du street artiste.

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Je n’ai pas revu d’autres œuvres d’Invader mais son court-métrage, au final interactif, m’a beaucoup inspiré par son audace artistique.

Top 3 Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand

La classe de BCCN de Marc Perrot était présente au Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand du 8 au 10 février.  Divisés en différentes catégories (international, français, expérimental…), les court-métrages proposés avaient tous un intérêt. Voici donc mon top 3 du festival du court-métrage de Clermont-Ferrand :

1- Hotaru (William Laboury)

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Ce projet de fin d’étude d’un étudiant de la FEMIS était dans la programmation « Labo ».  Une jeune fille hypermnésique (dont la mémoire retient tout) est utilisé pour stocker dans son cerveau toutes les connaissances humaines et être ainsi envoyé dans l’espace pour transmettre les connaissances terrestres à une possible population extra-terrestre. Mais le souvenir d’Hotaru, jeune homme qu’elle rencontra juste avant son décollage, met en péril sa mémoire et l’ensemble des information qu’elle garde. Science-fiction, histoire d’amour et questionnement sur la condition humaine, William Laboury fournit ici un premier court-métrage plus que prometteur pour sa futur carrière de réalisateur.

2- Mademoiselle remarquable et sa carrière (Joanna Rubin Drangers)

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Ce court-métrage d’animation suédois fût une énorme surprise. Nous y suivons la vie de Mademoiselle remarquable ainsi que d’un étrange monstre noir, allégorie de l’état dépressif. Il est ici cas de la lutte de cette jeune fille contre ces démons intérieurs à travers sa carrière fait de haut et de bas. Un questionnement sur le spleen digne de Baudelaire avec de magnifique dessin, très féminin qui renforce le côté poétique de l’œuvre. Ce dessin animé m’a beaucoup touché et je pense qu’il en est de même pour tout les spectateurs. On peut parfaitement s’identifier à l’héroïne grâce à sa problématique universelle et aux dialogues paraissant si familier.

3- 2037 (Enric Pardo)

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Un peu d’humour cette fois-ci avec ce court métrage espagnol hilarant. Une institution voyage dans le temps pour explorer les secrets de l’histoire. Un jeune scientifique, travaillant sur l’identité de la Joconde, a voyagé pour son plaisir en 2037et se fait convoqué par sa ravissante supérieure. Une vrai bonne comédie, drôle, légèrement absurde, un peu trash et une touche de science-fiction. Seulement deux acteurs, mais avec un jeu formidable, et un dialogue en huit-clos très rythmé.

Si la plupart de ces films ne sont pas disponibles sur Internet. J’espère que ça vous aura donner envie d’aller à la prochaine édition du Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand pour découvrir d’autres court-métrage, singulier, poétique ou drôle.

Dernier billet

J’ai beaucoup apprécié le travail du blog. Plutôt que de simplement lire des auteurs, nous avons écrit sur ces auteurs, approche beaucoup plus intéressante.

Ayant déjà deux années d’études des médias derrière moi, l’outil « blog » m’a permis de me réapproprier les grands auteurs et par conséquent d’avoir une lecture plus personnel et une meilleur compréhension de leurs œuvres.

Ce blog m’a aussi permis de m’exprimer sur nombre de sujet, en particulier politique, qui m’intéresse. Cette liberté dont nous disposions sur le blog était très agréables.

Merci d’avoir prêter attention à ce que j’ai pu écrire sur ce blog.

Partage des connaissances

Hannah Arendt explique qu’un faussé de connaissance s’est créé entre les « savants » et les « profanes ». En écoutant l’exposé qui portait sur elle, je n’ai pu m’empêcher d’être déçu qu’elle ne puisse pas concevoir que ce faussé puisse se restreindre et même s’était restreint.

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En effet, entre le moyen-âge et notre époque moderne, les « profanes » et les « savants » ne sont plus autant éloignés par leur niveau de connaissance. Le faussé va même continuer de e restreindre, en particulier avec l’avènement d’Internet qui permet un formidable accès aux connaissances.

Les « profanes » ont donc de nos jours accès à autant de connaissance que les « savants » mais n’ont pas forcément accès à leur compréhension.  Avec le temps et l’éducation les « profanes » auront une meilleur compréhension des connaissances. Même si les « savants » augmentent le nombre de connaissances humaines, les « profanes » les comprennent de plus en plus vite, de manière exponentiel.

C’est pour ceci que je trouve Hannah Arendt pessimiste, même si elle ne pouvait se douter de l’arrivée d’Internet, je trouve qu’elle n’a pas grande foi dans le genre humain. Le capital culturel est le seul capital qui peut se partager infiniment contrairement aux capital économique par exemple. Son partage s’inscrit dans la continuité de l’Histoire, nos populations sont de plus en plus instruite et donc ont de plus en plus accès aux connaissances. Le faussée entre « savants » et « profanes » est donc, à très long terme, amené à disparaître.