Tous les articles par Airdeuz

Stéphanois sur Lyon depuis 2013, j'entre à Marc Perrot en 2015 en Création numérique après deux années à l'université Lyon 2 en Information-communication et Sciences politiques, avant de rentré à l'UQAT en 2016. Cette page de blogue retrace les articles que j'ai du rédigés dans le cadre de mes cours.

Produire, consommer, produire, consommer, produire, consommer…

Dans son ouvrage L’Homme unidimensionnel, Herbert Marcuse porte une critique importante sur la notion de productivité, garant d’un consumérisme déshumanisant. Il s’attaque philosophiquement a la notion de productivité pourtant au cœur de nos sociétés capitalistes. Plus on produit, plus on consomme et plus on consomme, plus on produit, c’est un cercle vicieux dans lequel est enfermé notre système économique. Cette surproduction et surconsommation sont déshumanisante pour l’individu mais ne sont-elles pas également dangereuse pour la planète ?

Global Footprint Network, une ONG écologiste américaine, calcule chaque année le Jour de dépassement. Ce jour correspond à la date dans l’année où les ressources naturelles renouvelables ont été consommés. C’est à dire que passé ce jour, les ressources utilisés ne sont plus renouvelés, nous supprimons sans renouvellement des ressources naturelles. En 2015, le jour de dépassement était le 13 août. Depuis le 13 août, nous sommes en train de puiser dans les ressources de la Terre sans qu’elle puisse les renouveler. A long terme, nous aurons épuisés toutes les ressources naturelles si nous continuons comme ça.

Il est donc obligatoire d’utiliser moins de ressources naturelles, c’est à dire moins consommer et moins produire. Or, notre système économique est constitué sur ce désir capitaliste de toujours produire plus. La croissance économique et le PIB sont érigés comme la solution à tout les maux alors qu’ils en font partis. Tant que nous vivrons dans une société dont le principal indicateur est un indicateur de richesse considérant la production sur l’année, nous ne pourrons pas avoir de véritable changement écologique.

Face à la suprématie du PIB, d’autres indicateurs existent comme par exemple l’empreinte écologique. Cette dernière défini la pression exercé par l’Homme sur les ressources naturelles. Ce nouvel indicateur pourrait redonner à nos sociétés une nouvelle direction, non plus centré sur l’économie mais sur l’environnemental et le social. Actuellement, il faudrait 2,5 planètes si tout la Terre avait la production et consommation française. Nous produisons et consommons beaucoup trop et l’empreinte écologique est un bon indicateur pour nous diriger vers une véritable transition écologique.

La COP21 étant en train de se dérouler, nous pouvons déjà deviner que rien ne va changer car tant que le capitalisme imposera ces dictats de productivité et de consumérisme, la planète ne pourra pas être sauvé.

Déconstruire pour mieux reconstruire

J’aimerai insister dans cette article sur ce besoin de déconstruire des pré-établissements sociaux et culturels qui nous construisent en tant qu’individu.

Jacques Derrida nous explique directement dans cette vidéo qu’il ne faut pas considéré comme naturelle des choses qui ne le sont pas. Les constructions sociales et culturels tel que la famille, la nation, le travail ou les médias sont des constructions issus de l’histoire, d’institution et de la société en générale.

Ainsi avec un certain travail, on peut déconstruire ces données qui ne sont en rien naturelles. La déconstruction de ces données permet d’avoir une autre approche sur des sujets de réflexion en sciences sociales que ce soit en sociologie, philosophie ou études médiatiques.

Par exemple, en déconstruisant le marché du travail tel qu’on l’a intérioriser, on peut mieux y discerner les mécanismes sous-jacents. Le travail de déconstruction va ici nous permettre de faire ressortir les mécanismes de domination, de soumission et d’exploitation qui sont inhérents à la notion de marché du travail, comme si le travail humain serait une marchandise comme une autre.

Déconstruire, ça permet de mieux reconstruire, de reconstituer. Cette reconstitution nous permet d’analyser les liens qui composent l’entité observé. On peut mettre en lien cette notion avec le structuralisme qui analyse des systèmes en se concentrant sur les liens entre les unités composantes de ce système, la déconstruction de ces systèmes en permet un meilleur analyse.

Prisons, piège à cons ?

En France, il y a beaucoup de reproches que l’on peut faire au système pénitentiaire : surpopulation carcérale, conditions de vie deshumanisante, mélange de petits délinquants avec de grands criminels…

Michel Foucault a carrément décider de lutter pour l’abolition des prisons dans les années 70 mais n’a-t-il pas un peu raison ?

Les prisons françaises sont tellement surpeuplés que les prisonniers vivent dans des conditions inhumaines et dégradantes, le manque d’intimité et d’hygiène est fort présent, ce qui n’aide pas à la rédemption de l’incarcéré qui développe plus une rancune envers le système qu’il n’aimait déjà pas spécialement à son entrée en prison.

Les gardiens de prison n’essayent plus de nouer un contact avec les prisonniers pour les aider à se sortir d’une certaine marginalité. Les « matons » se contentent que la prison reste calme, en acceptant des pratiques pourtant interdite comme la consommation de cannabis des prisonniers.

De plus, les petits délinquants arrivés en prison pour des délits mineurs tel que des vols et des petits trafics se retrouvent face à des tueurs, des violeurs, des grands trafiquants de drogues, d’armes ou d’humains (prostitution ou organe). Par effet pervers, la prison devient « un pôle emploi de la délinquance » où un jeune passe d’un « CAP petite délinquance » à un « Doctorat en criminalité ». L’administration pénitencière est impuissante face à ceci.

Nous pouvons donc nous demander comment changer un système où le nombre de suicide, de meurtre et de récidive est plus important que jamais. La prison n’est pas la seule solution possible, des solutions alternatives doivent être trouvé pour des jeunes pour qui la case « Prison » n’est qu’une ligne de plus à rajouter sur leur CV de l’illégalité.

 

Macdonald passe au vert

Les images sont chargées de sens, qui plus est quand il s’agit d’une image publicitaire. En effet, les publicitaires ont pour mission de faire passer un message commerciale, alors rien n’est laissé au hasard dans une publicité. Après avoir vu l’analyse de Barthes sur la pub Panzani en cours, j’ai décidé de m’intéresser au logo de Macdonald.

Macdonald, symbole d’un capitalisme sauvage, a décidé fin 2009 de changer son traditionnel logo jaune sur fond rouge par un fond vert. Cet acte qui peu sembler anodin, cache en fait un message à caractère environnementaliste de la part de la transnationale américaine. Cette nouvelle couleur verte marque l’entrée de Macdonald dans le processus mondiale de développement durable. Car derrière la couleur verte se trouvent les notions de nature, d’écologie et de respect de l’environnement. Ce nouveau logo revendique fièrement que son entreprise a pris conscience des enjeux du XXIème siècle et est prêt à agir pour la planète.

Cette stratégie de changement d’image pour des entreprises considérées non-écologique a un nom : le « greenwashing » ou laver par le vert en français. Un simple changement de stratégie de communication suffit à changer l’image d’une entreprise, le vert permet de faire passer des messages en faveur de l’environnement sans pour autant modifier la stratégie commerciale de l’entreprise. Macdonald ne sont pas les seuls à avoir eu recours au greenwashing, Areva, champion du nucléaire, ont eux aussi recours à des stratégies de communication montrant la nature, des arbres, la couleur verte etc…

Face à ces changements d’images, il est important d’analyser ce que les entreprises veulent nous faire penser et regarder derrière les images, quels sont les vrais actes en faveur de l’environnement que ces entreprises réalisent. Le greenwashing peut vous sembler anodin mais si il est massivement utilisé par de grandes entreprises à la pointe de la communication, c’est bien qu’il est capable d’inscrire dans notre inconscient des notions de nature et d’écologie en corrélation avec un hamburger.

Avant de comprendre Althuser, comprendre Marx

Quand on m’a dit que nous allions étudier Althuser, philosophe marxiste, j’ai de suite été enchanté. Je ne le connaissais pas, mais étant moi même marxiste, le sujet portait à mon intérêt. C’est en écoutant l’exposé de mes camarades qu’un constat m’a frappé, la méconnaissance de Karl Marx et de son œuvre par notre génération. Peu importe les opinions, le marxisme est l’un des plus grands courants de pensée de notre époque et sa connaissance me paraît donc primordiale, que ce soit pour le défendre ou le combattre. Je vais donc tenter de présenter les grandes lignes du marxisme, en restant le plus neutre possible.

marx

Dans un contexte de révolution industrielle et d’émergence du capitalisme, Marx met au point une théorie selon laquelle les travailleurs (prolétariat) devraient se rebeller contre le patronat (bourgeoisie), il appelle ceci la lutte des classes. Marx montre que la lutte des classes a toujours existé dans l’histoire : durant l’Antiquité, les maîtres et les esclaves, au Moyen-Age, la noblesse et le tiers-état (lutte qui a aboutit à la Révolution française par exemple) et à notre époque entre la bourgeoisie et le prolétariat. Cette lutte des classes est le moteur de l’Histoire qui fait avancer l’humanité selon Marx. Voir des esclaves se révolter contre leurs maîtres ou des paysans contre leurs rois nous paraît relativement normal mais alors pourquoi des travailleurs devraient ils faire la révolution face à leurs patrons ? Car ces derniers exploitent leurs salariés selon Marx.

La production est l’articulation de deux facteurs ensemble : le capital (les moyens de production : machines, locaux etc…) possédé par la bourgeoisie, et le travail qu’exerce le prolétariat. Ces deux facteurs sont indissociables l’un de l’autre pour permettre la production. Mais les détenteurs du capital profiteraient de leur position pour exploiter les travailleurs. En effet un travailleur produit plus qu’il ne gagne, son salaire est largement inférieur à l’argent qu’il a fait gagner à son entreprise. Les « vrais » travailleurs, producteurs de richesse, obtiennent moins que leur patron qui lui ne produit rien directement, se contente de faire produire par d’autres, pour ensuite s’accaparer une plus grande part des richesses. Marx y voit une exploitation de la classe travailleuse par la classe dominante.

A ce constat, Marx propose la collectivisation des moyens de production. La propriété privée des moyens de production par une élite créerait l’exploitation, il faut donc que cette propriété des moyens de production soit collective à l’ensemble des travailleurs. Lénine a théorisé cela par les nationalisations, l’état représentant le peuple, si l’état est propriétaire c’est le peuple qui est propriétaire. D’autres, comme Rosa Luxembourg, préconise la possession des entreprises par les travailleurs qui la constituent (comme les SCOP de nos jours). Si les entreprises appartiennent à leurs travailleurs, la logique d’exploitation disparaît et ça permet une meilleur répartition des richesses et un meilleur investissement des travailleurs dans leurs entreprises.

Ce résumé très concis fait des raccourcis et peut parfois être un peu caricatural mais je pense qu’il constitue une bonne base d’information pour comprendre le marxisme. Mes opinions me font bien sûr présenter le problème sous un certain angle mais je pense avoir été relativement neutre dans mon exposition. J’espère avoir été compréhensible dans mon analyse et sur mes intentions (ce n’est pas un article de propagande) et suis évidemment ouvert au débat.

Signifiant et signifié dans le vocabulaire de guerre

Ce week-end, nous devions rédiger des articles pour le blog de notre formation. Mon esprit n’en avais rien à faire de faire mes devoirs. La télévision tournait en boucle chez moi, les débats se lançaient et moi j’étais sur mon ordinateur à tenter de me concentrer sur les écrits de Jakobson. J’entendais notre président en conférence de presse qui utilisait un vocabulaire très fort, un vocabulaire de guerre, et c’est là que je me suis rendu compte du lien évident entre l’actualité et notre cours d’études médiatique : le signifiant et le signifié du vocabulaire de guerre.

L’émotion est à son paroxysme, tout le monde attend une réaction forte de la part de nos dirigeants. Je m’imagine François Hollande préparant son discours, les mots qu’il va dire sont censés montrer au peuple de France quel chemin notre pays va suivre. Ces mots ont été réfléchis, choisis avec une précaution infime qui mérite de s’y intéressé. Rapidement, on se rend compte de l’utilisation d’un champ lexical guerrier : attaques, tués, blessés, mobilisés, forces, renfort militaire etc… Le champs lexical de la peur est également tout aussi présent mais ce n’est pas celui-ci que j’ai décidé d’analyser.

Les divers signifiants exposés ci-dessus ne sont que des mots mais derrière ces mots le signifié n’a jamais été aussi fort. Ces même mots, que l’on utilisait pour parler de la guerre en Syrie ou de l’attentat à Beyrouth, n’ont plus du tout la même portée lorsqu’ils sont appliqués aux attentats de Paris. Les signifiants sont les mêmes, les signifiés ont changés. Il est à la fois normal et malsain, en tant que français, d’être plus touchés par des morts en France qu’au Moyen-Orient, c’est ce qu’on appelle le mort kilométrique (un mort proche touche plus qu’un mort lointain). Mais il est impressionnant de se rendre compte à quel point les mêmes mots ont pris une résonance tellement différente dans nos esprits. Le mot « mort », quand il s’agissait d’un syrien par exemple, n’a plus le même signifié lorsqu’il s’applique désormais à un français. En raison d’une lecture culturelle différente les mots n’ont pas la même charge de sens et d’émotion.

A nous maintenant de nous questionner, de nous rendre compte que les mêmes mots sont utilisés pour des situations différentes, le signifiant est le même, un mort reste un mort. Mais pourtant la portée n’est plus la même quand derrière ce mot « mort » se cache un français ou un libanais. Nos réactions sont belles et légitimes mais rappelons nous qu’elles sont à géométries variables. Avez-vous mis votre photo de profil Facebook aux couleurs du drapeau libanais après l’attentat de Beyrouth ? (Etiez-vous même au courant de cet attentat ?) Avez-vous sorti un hashtag « Pray for Syria » après des années d’attaques de Daesh ? La réponse est Non. Maintenant que vous avez lu mon article, la seule chose que je peux vous dire c’est rappelez vous que derrière un même mot se cache un même problème, les signifiants sont les mêmes alors pourquoi pas les signifiés ?

De Saussure : Du structuralisme à la sémiologie

Linguiste suisse, Ferdinand De Saussure est reconnu comme le fondateur d’un courant transdisciplinaire et majoritaire en sciences sociales : le structuralisme. Comme son nom l’indique, le structuralisme analyse ses objets d’études comme des structures, des systèmes, il s’intéresse davantage aux relations qu’ont les unités constituantes de cette structure qu’aux unités elles-mêmes.

De Saussure analyse la langue comme unité d’un système qui est le langage. Ce dernier est à entendre comme toute forme de communication humaine, qu’elle soit verbale ou non verbale. C’est à l’intérieur de la structure du langage que se trouve la langue, unité de signes permettant de communiquer verbalement tel que la langue française, anglaise ou arabe. Cette langue est mise en avant vis à vis de l’écriture par De Saussure dans sa structure du langage, en effet il estime que nous sommes davantage dans une société du parlé qu’une société de l’écrit.

ferdinand_de_saussure_3

De Saussure sera également un précurseur dans une discipline encore récente, la sémiologie. Dans une même logique structuraliste, la sémiologie est vu en tant qu’étude du système des signes. En effet, le langage que ce soient les langues, les écrits ou les images est remplis de signes interprétable qui apporte à la communication. Ces divers signes rassemblés forment un système dont on peut analyser la structure ainsi que les liens y existant.

Ainsi, nous pouvons voir l’importance de Ferdinand De Saussure pour les sciences sociales, il est à la fois à l’origine d’un grand courant de pensée, le structuralisme, et précurseur d’une nouvelle discipline, la sémiologie. Ces travaux influenceront nombre d’auteurs tels que Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault ou Roland Barthes.