Tous les articles par Arthur Allio

Hitler : un cinéphile refoulé ?

Dans son livre De Caligari à HitlerI, Siegfried Kracauer met en lien le cinéma expressionniste allemand des années 20 avec le régime nazi ainsi que le modèle totalitaire qu’il a instauré.

En effet, dans des films tels que Metropolis de Fritz Lang, certaines scènes ou éléments de mise en scène, voire de l’intrigue, ressemble fortement au modèle instauré par les nazis, ainsi qu’à la propagande diffusée par ces derniers. Le hic, c’est que ces films ont été réalisés AVANT même l’arrivée des nazis au pouvoir. D’ailleurs, lorsque que Goebbels va proposer à Fritz Lang de réaliser des films pour le parti, celui-ci va faire sa valise le jour même pour s’exiler aux Etats Unis.

Fritz Lang et les nazis avaient deux points communs : ils étaient issus de la même culture (allemande, même influence / référence) et avaient tous deux la volonté de voir l’Allemagne se relever de la Première Guerre Mondiale. C’est parce qu’ils avaient à la fois le même but et les mêmes influences qu’ils ont été amenés à travailler dans la même direction.

Herbert Marcuse : Vers une société totalitaire ?

Herbert Marcuse, né le 19 Juillet 1928 à Berlin en Allemagne, est un philosophe, sociologue marxiste et l’un des penseurs de l’École de Francfort.

Dans son ouvrage intitulé l’Homme unidimensionnel, Herbert Marcuse propose son interprétation des sociétés qui lui étaient contemporaines, du capitaliste américain et du communisme soviétique. Il les place au même niveau : selon lui, ces deux régimes exercent toutes deux une forme de répression sociale. Selon lui ces sociétés mettraient en avant les systèmes de production et de consommation. Ces sociétés industrielles créent des besoins illusoires, et ce grâce aux « mass medias ». La conséquence de cette diffusion d’idées est que les individus e mettent à penser et à se comporter de la même manière : d’où la notion d’Homme unidimensionnel. Pour s’opposer à cette uniformisation des idées, Marcuse prône la « négation intégrale ». Il veut entrer en rupture avec ce système auquel il s’oppose fermement.

Ce qui est dommage dans cette œuvre, c’est que l’auteur donne plus d’effort à défendre son rejet de cette société uniformisée, que de donner d’autres modèles de vie qui permettrait de vivre sans être totalement influencé, ou du moins en gardant un certain recul par rapport au mode de vie dans lequel le consommateur est plongé.

Si l’on reprend le concept de base de la vie en société, il faut être capable de vivre avec des codes communs, sans quoi les entités au sein d’un même groupe ne peuvent cohabiter. Les sociétés étant en pleine évolution, il faut prendre en compte que les critères requis pour vivre en communauté deviennent de plus en plus larges.

Marshall McLuhan : Le contenant dépasse le contenu

Marshall McLuhan a consacré la majeure partie de ses théories et réflexions à l’étude des médias et de leur influence sur la société. Son ouvrage « Pour comprendre les médias », sorti en 1964, est consacré à ces questions. A noter que le titre original est: « Understanding Media: The extensions of man”.

Dans ce livre, McLuhan aborde principalement la thèse suivante: “Le medium c’est le message ». Il démontre ainsi que le véritable message réside dans la manière de communiquer et va même jusqu’à dépasser le contenu présenter. La forme prendrait le pas sur le fond. Les médias seraient comme un prolongement de l’individu, comme une extension de son système nerveux.

L’outil technologique serait alors plus qu’un objet, mais un organe à part entière. La nature ou la qualité du contenu s’effacerait face à l’outil employé pour le transmettre.

Benjamin Walter : la disparition du « sacré » dans l’art n’a t elle eu que des aspects négatifs?

Comment les techniques de reproduction ont-elles modifié notre perception de l’art ? Comment le cinéma désacralise-t-il la performance d’acteur ?

Ce sont deux des nombreuses questions que traite Benjamin Walter dans son ouvrage « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique ». Dans ce livre, le philosophe allemand expose son point de vue sur l’influence des techniques de reproduction sur notre perception ainsi que notre vision de l’art. Selon lui, les technologies de reproduction telle que la photographie ont fait perdre à l’art son « aura ». Benjamin Walter décrit l’aura comme étant ce qu’il y a de sacré, de divin dans une œuvre. L’œuvre d’art perdrait son « hic et nunc », un facteur qui la rendrait unique.

En leur époque, ces théories étaient déjà tout à fait nouvelles vis-à-vis de l’art. Le futur montrera que certaines formes d’art seront des produits de consommation à part entière. Que penserait Benjamin Walter de ces formes d’art ? Art et industrie sont pourtant très proches aujourd’hui, et certaines œuvres issues de ces formes d’art sont considérées comme des chefs d’œuvres.