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Ça va déraper

Oui, il est désormais possible de créer notre propre réalité. Fascinant ? Effrayant ? Les deux.

L’immersion permet de quitter la réalité pour entrer dans une expérience différente, qui ne relève pas de l’environnement habituel.
Comme pour les individus de la Caverne dans l’Allégorie de la Caverne de Platon, il n’y a pas de temps défini pour une immersion. Elle peut être choisie ou non.
Les habitants de la Caverne pensent qu’ils sont dans la réalité car ils ont été immergés dès leur naissance et ne connaissent donc pas le monde réel, alors qu’ils vivent quand même sur Terre et que le monde continue d’évoluer et d’avancer tout autour d’eux.

Si un individu n’est pas bien dans son environnement, il peut choisir de le quitter en s’immergeant dans une réalité qu’il a choisi.
Grâce aux nouvelles technologies, il est très simple de se créer son propre paradis et de se perdre dedans. C’est d’ailleurs ce que cherchent à faire les médias ou les producteurs de divertissements : créer une autre réalité pour que l’individu puisse quitter son environnement quelques instants.

La technologie nous déshabituerait-elle à la frustration ?
C’est une des choses que l’on essaye d’inculquer le plus tôt possible aux enfants : la frustration.
Il est indispensable que l’Homme s’habitue à ne pas pouvoir obtenir ce qu’il souhaite, quand il le souhaite, car la réalité n’est pas possible fonctionnant comme cela. Pourtant, les nouveaux moyens technologiques cherchent à nous montrer qu’il est possible de tout modifier, tout améliorer, au détriment d’une bonne santé mentale. Oui, la frustration est nécessaire pour le bien-vivre de tout le monde en société.

Perdu dans ma réalité

L’expression « réalité virtuelle » (ou multimédia immersif ou réalité simulée par ordinateur) renvoie typiquement à une technologie informatique qui simule la présence physique d’un utilisateur dans un environnement artificiellement généré par des logiciels, environnement avec lequel l’utilisateur peut interagir. La réalité virtuelle reproduit donc artificiellement une expérience sensorielle, qui peut inclure la vue, le toucher, l’ouïe et l’odorat (visuelle, sonore ou haptique).

L’individu faisant expérience de la réalité virtuelle se retrouve donc immergé dans un monde parallèle mais dans le monde réel.

La comparaison avec la prise de drogues parait donc évidente.

En effet, les consommateurs de psychotropes ont le même désir en consommant des drogues que l’individu qui s’initie à la réalité virtuelle : quitter son environnement.

La réalité virtuelle peut-être être aussi addictive que des drogues ?

Selon moi, oui.

La seule chose qui puisse différencier les drogues de la réalité virtuelle est l’addiction physique. Mais la majeure partie du temps, c’est l’addiction psychique qui influe le plus sur l’Homme.

L’Homme qui n’est pas heureux dans sa réalité peut s’en créer une nouvelle grâce à la réalité virtuelle, au même titre que le consommateur de psychotropes entrera dans un état qui n’est pas le sien naturellement.

De plus, le risque physique reste présent autant en réalité virtuelle que pour les drogues. Si l’on en ‘consomme’ trop, des effets corporels sont visibles : un certain nombre de symptômes indésirables ont été causés par une utilisation prolongée de la réalité virtuelle. Par exemple, des dommages au système visuel (crise d’épilepsie, migraines, lumière infrarouge et lumière ultraviolette, etc.); des dommages au système auditif; des dommages dermatologiques (thermique, radiation, transmission d’agents infectieux entre utilisateurs, etc.); des dommages physiques.

Le risque sera présent si l’individu ne garde pas en tête que ces moyens restent des moyens d’évasion temporaires et ne constituent en aucun cas un mode de vie sain permanent. Tout est une question de modération et de lucidité.

Quand l’Homme entretient une relation avec ce qu’il a créé

     De nouvelles formes artistiques, images de synthèse, dispositifs interactifs, multi et hypermédia, art en réseau, rejoignent les arts contemporains comme la photo, le cinéma, la vidéo ou même des spectacles vivants qui se transforment à leur contact. Edmond Couchot et Norbert Hillaire expliquent dans L’Art Numérique : Comment la technologie vient au monde de l’art  (2009), comment l’art peut se lier aux technologies, permettant des expériences plus que surprenantes et sensorielles pour le spectateur.

Depuis quelques années, avec les évolutions technologiques, nombreux sont les artistes qui commencent à mêler le multimédia à leurs spectacles. Le son, la lumière etc. : tous les moyens sont bons pour permettre une diversité sensorielle au spectateur. Et ça fonctionne : Couchot et Hillaire expliquent une représentation aquatique où les sens du spectateurs sont tellement touchés par une expérience inédite que le spectateur lui-même oublie que c’est grâce à toute une technologie qu’il vit une expérience comme celle-ci.

Ils évoquent, au court d’un extrait de L’Art Numérique, différentes expériences comme des danses entre une danseuse humaine et une danseuse virtuelle. Ce qui est intéressant, c’est que la danseuse réelle apprend les mouvements à celle virtuelle et les deux finissent par interagir concrètement et adaptent leur chorégraphie en fonction de l’autre, comme deux vraies danseuses en improvisation.

    L’interactivité est un principe dynamique sans fin qui pousse à obtenir de I’ordinateur des réponses de plus en plus subtiles et immédiates. En effet, cela pousse à une recherche constante de faire évoluer la machine. Des progrès énormes ont été faits quant à l’amélioration de l’autonomie de la machine : on évoquait l’intelligence artificielle, on parle maintenant de « connexionnisme ».

Nous sommes rentrés dans une ère où l’on peut toujours faire mieux technologiquement parlant : la recherche permet d’incroyables évolutions en très peu de temps (vous noterez, par exemple, la différence des téléphones cellulaires entre 2006 et 2016). Cependant, à force d’habituer l’Homme à avoir « toujours mieux », ne risque-t-il pas de considérer le corps humain comme obsolète ?

     Personnellement, je reste fascinée par ce que l’homme est capable de créer, tant au niveau de la technologie à proprement parler que de ce qu’elle est capable de produire avec (spectacles interactifs etc.). Cependant, je reste tout de même craintive face à toute cette euphorie. Je crains que le spectateur, si on l’habitue à voir des spectacles extraordinaires (à proprement parler), ne sache plus apprécier les oeuvres de l’humain seul et simplement.

Pourrons-nous toujours être stupéfaits par une ballerine dansant sur du Stravinski, sans espérer secrètement qu’intervienne un robot doté d’une intelligence particulièrement (trop) développée ?

Ressentirons-nous toujours des frissons quand nous entendrons un ténor monter dans les aigües, grâce à la seule force et technique de sa voix ?

Comment j’ai développé mon esprit critique

Il est tentant de boire les paroles des grands penseurs tels qu’Adorno, que McLuhan, que Baudrillard etc. Il est facile de partir du principe qu’ils ont raison, ça nous évite de réfléchir et nous pouvons briller en soirée en critiquant les médias avec une aisance folle.

Mais dans le cadre du cours Modèles théoriques de la communication de masse, j’ai appris à critiquer. Et non pas à critiquer les médias (ah si, en fait), mais à critiquer les auteurs et leur pensée. Chose que je ne me serais pas permise de faire avant. J’ai beaucoup appris grâce à leurs théories, mais j’ai encore plus appris en les remettant en question.

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« Ceci n’est pas une pipe »

L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique est un des textes majeurs de l’histoire de l’art, souvent utilisé comme référence. Dans son ouvrage, Walter Benjamin effectue sa réflexion autour de trois axes, dont la reproduction technique et ses conséquences sur l’art.

Ce qui se dégage de la réflexion de Benjamin, c’est que le développement des techniques de reproduction a modifié la perception du spectateur, qui paradoxalement a l’impression que l’art lui est plus accessible (il peut avoir accès à des images en permanence), alors qu’en même temps ces images lui révèlent leur absence. De plus, l’apparition de la photographie et du cinéma ont permis de révéler le sens politique et social de l’art, jusqu’alors négligé au profit d’une valeur cultuelle : c’est l’essor de l’exposition comme lien social et pouvoir politique.

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À quoi ressemble réellement le monde ?

Marshall McLuhan, intellectuel et professeur du XXème siècle, émet la théorie des médias. Son postulat fondamental repose sur la notion de l’équilibre des sens, équilibre qui serait présent chez l’enfant comme chez le primitif, mais que les technologies et l’éducation perturbent, en donnant la primauté à la vue dans l’école traditionnelle, puis à l’ouïe depuis l’apparition de la radio et, enfin, au système nerveux central depuis l’arrivée de la télévision. Il va même plus loin. Selon lui, les média connaissent une hiérarchisation en fonction de l’ampleur des effets qu’ils ont sur le public. Avec la technologie de l’électricité, « nous approchons rapidement de la phase finale des prolongements de l’homme : la simulation technologique de la conscience. Dans cette phase, le processus créateur de la connaissance s’étendra collectivement à l’ensemble de la société humaine, tout comme nous avons déjà, par le truchement des divers média, prolongé nos sens et notre système nerveux. »

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Le softpower relève-t-il de la malhonnêteté intellectuelle ?

Le soft power (puissance douce, pouvoir de convaincre) est un concept utilisé en relations internationales. Il décrit la capacité d’un acteur politique —État, firme multinationale, ONG, institution internationale — d’influencer indirectement le comportement d’un autre acteur ou la définition par cet autre acteur de ses propres intérêts à travers des moyens non coercitifs.

En effet, le soft power a tendance à sembler rassurant comparé à la répression et la mise en évidence de rapports de force, mais n’est-il pas plus dangereux que le hardpower?

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On veut que ça brille

Dans une société où tout se vend et tout s’achète, l’objectif est de réussir à vendre. Le problème ? Le pouvoir d’achat. Beaucoup d’individus ont un faible pouvoir d’achat et se préoccupent d’abord des produits de première nécessité avant de dépenser dans des activités ou des produits secondaires. Les publicitaires l’ont bien compris. C’est pour cela que nous retrouvons des publicités dans lesquelles, par exemple, manger un yaourt nature sans sucre est une chose fantastique. Pas besoin de sucre, le yaourt se suffit à lui-même.

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