Tous les articles par celimenejr

Debrief d’une nouvelle expérience : le portrait sonore

 

« Je suis Gédéon, Gédéon Sillac. »  Enchantée Gédéon! Je l’étais réellement.

Après quelques jours d’hésitation sur la personne que j’allais interviewer, mon choix s’est définitivement porté sur Gédéon, cet artiste polyvalent et tout à fait décalé. Le principe-même de cette rencontre est ce que j’ai préféré de l’exercice.

Cependant, interviewer un « chercheur » comme lui (vu qu’il se définit comme tel) n’est pas une mince affaire : ce fut un petit peu compliqué de le garder dans mon cheminement prévu de l’interview, car il lui arrivait de partir dans ses pensées en pleine phrase ou de partir sur un tout autre sujet.

J’ai donc décidé de jouer là-dessus, en montant un portrait sonore à l’image de Gédéon : peu structuré.

Le risque reste que les gens ne comprennent pas que ce « portrait brouillon » est fait exprès, pour que les auditeurs voient d’autant plus à qui ils ont à faire.

Inconvénient n°2: la qualité de mon paysage sonore. En effet, j’ai dû enregistrer dans la rue car Gédéon faisait un vernissage dans son atelier, avec de la musique forte et du monde qui parlait. Je suis déçue de cette confusion quand on entend mon paysage sonore: des bruits de voiture et en même temps des bruits de bois. On ne comprend pas où on est réellement.

Cependant, je suis fière de mon travail quant au contenu de mon interview. Je trouve les propos intéressants et j’ai essayé au mieux de laisser paraître la personnalité de Gédéon dans l’interview.

J’ai tout de même un petit pincement au coeur de ne pas avoir pu illustrer ce portrait en montrant cet atelier incroyable, que vous auriez certainement apprécié autant que moi.

Il ne me reste plus qu’à vous donner rendez-vous au 9 rue Burdeau, Lyon 1. La rencontre sera décalée, drôle, intéressante, et l’atelier splendide.

Mon projet de portrait sonore: Gédéon Sillac, un homme réussissant à vivre de sa polyvalence.

Luthier, dessinateur, musicien, détenteur d’un atelier de création ouvert au public, Gédéon réussit à vivre de tous les arts qu’il pratique.

J’ai décidé d’effectuer mon portrait sonore sur cet homme car je le trouve intrigant : il se définit comme un artiste en général mais n’émets pas de spécialité quand on lui pose la question. J’ai découvert l’atelier de Gédéon, en pleine nuit, le seul endroit inspirant convivialité (et surtout le seul endroit d’ouvert), celui-ci dessinant à l’intérieur, attendant probablement quelques rencontres spontanées. Pourquoi ce choix de vie et comment arrive-t-il à en vivre? Quel parcours a-t-il effectué pour réussir à avoir autant de savoir-faire dans autant de domaines?

C’est ce que j’aimerais vous faire découvrir dans ce portrait exclusivement sonore.

La diffusion se fait principalement par nous

Après plusieurs billets catégoriques sur les médias et la manipulation, ma vision de ceux-ci s’est nuancée. Le visionnage de Gone Girl, réalisé par David Fincher et sorti en salles en 2014 m’a fait réfléchir sur le rôle important de chaque individu dans la diffusion et l’interprétation des informations.

Gone-Girl-Trailer-Movie-HD-Wallpapers-51

Il est naïf de ne pas vérifier les sources des informations qu’on nous donne à longueur de journée. En effet, il n’est pas possible de regarder la fiabilité de chaque information et il serait dangereux de devenir méfiant de tout et de tout le monde. Cependant, après de maintes et maintes critiques des médias et de leur manipulation, il serait contradictoire ou stupide de la part de l’individu de leur faire entièrement confiance.

Continuer la lecture de La diffusion se fait principalement par nous

Pourquoi vous auriez dû les voir avec moi

Durant trois jours de spectacles, certains courts-métrages valaient vraiment le détour jusqu’à Clermont-Ferrand pour visionner ces travaux incroyables. La diversité des films était impressionnante.

J’en ai apprécié un bon nombre, mais certains restent des coups de coeur. Ce « wow » qui sort tout seul en voyant certains plans, certains regards, en entendant des bandes-son qui suffisent juste à la beauté du film.

Trois courts-métrages ont particulièrement marqué mon esprit.

Pendant ma toute première séance, j’ai découvert dans le programme international Son In The Barbershop, de Nathan Douglas. J’ai principalement été impressionnée par la réalisation: un seul plan séquence, en plan fixe. Pas besoin de plus, on comprend tout. Nathan Douglas a techniquement fait dans la simplicité, mais c’est ce qui rend le tout impressionnant et rare dans le cinéma.

SITB.Still002

Par la suite, pendant le programme Suède, j’ai découvert Mademoiselle Remarquable et sa carrière. Un film d’animation drôle et déprimant en même temps. Joanna Rubin Dranger, la réalisatrice, a fait un travail remarquable dans son récit, comme dans ses dessins. On retrouve une allégorie très sobre de la dépression, des moments de déprime et de besoin de vivre qui parlent à tout le monde. Un court-métrage plombant et rassurant à la fois.

6352504,property=imageData,v=1,CmPart=com.arte-tv.www

 

Mon troisième coup de coeur n’est pas un court-métrage mais une séance en elle-même : le programme Canada. J’arrive à me glisser dans une petite salle de cinéma mais je suis entourée de personnes parlant toutes les langues sauf le français. Je prends peur. Sur quoi vais-je tomber? Le séance débute et je suis immédiatement captivée par le premier court-métrage dramatique, mettant en scène la rivalité entre deux frères et qui tourne au tragique. Puis s’enchainent les courts-métrages, l’heure tourne et arrive la fin de la séance. « Déjà?! » Ce fut un programme mêlant films canadiens et québécois, basé principalement sur l’angoisse et l’obscurité. On retrouve un personnage devenant fou, une jeune-fille en mal d’attention, un homme se punissant lui-même, n’arrivant pas à accepter un acte qu’il a commit… Un mélange de vices propres à l’être humain.

 

 

Clermont Film Fest 2016: des réalisateurs pas à court d’idées

Lundi 8 février à 12h00: rendez-vous à la Maison de la Culture de Clermont-Ferrand pour notre première séance du Festival du court-métrage. Je découvre une salle immense et pleine à craquer. Les lumières s’éteignent ; ça y est, ça commence.

047

Après trois jours passés au Festival du court-métrage 2016, je reviens sur Lyon avec des images plein l’esprit. Des films d’animation, des films suédois, d’autres africains, des courts-métrages expérimentaux ; je ne sais plus où donner de la tête. Tout se mélange un peu, je n’arrive pas à me souvenir de tout. N’oublions pas que nos journées se résumaient à minimum 6 heures de visionnage par jour.

Même si les souvenir sont confus, certains sont très clairs. J’ai été émue, perturbée, mal à l’aise, émerveillée. J’ai été choquée de certaines civilisations inconnues pour moi : Anuj Gulati réalise dans The Manliest Man un court-métrage bouleversant montrant un homme détruit par sa culture. Avec tous ces courts-métrages tant différents les uns que les autres, ces trois jours pourraient se résumer à un nombre incalculable ‘d’ascenseurs émotionnels’.

Le fait qu’il y ait autant de catégories (internationale, régionale, polars, labo) m’a permis d’ouvrir mon esprit à d’autres cultures, aux idées osées de certains réalisateurs, aux projets délirants de d’autres. J’ai d’autant plus apprécié ce festival que je me suis surprise à faire attention à des détails cinématographiques pendant les séances. La machine est lancée ; je suis désormais capable d’appliquer certains de mes cours de cinéma pendant que je regarde un film, et ce sans m’efforcer de le faire.

 

Ça ne fonctionnera que si ça vient de nous

Maintes et maintes techniques ont été testées dans le but de convaincre les masses d’une idée ou d’une autre: la force, la menace, la propagande. Peu importe, ça ne fonctionne pas. Ces moyens de persuasion effrayeront la population ; on remarquera donc un réel rapport de force. Mais la répression ne fonctionne pas, du moins, pas efficacement, ou seulement sur le court-terme.

Il faut faire mieux. Manuel Castells, professeur en sociologie, explique qu’il est plus judicieux de forger un esprit, plutôt que de le restreindre. C’est-à-dire, que toute pensée d’un individu doit sembler propre à celui-ci. S’il a l’impression qu’on lui a ‘bourré le crâne’, ses réelles positions seront toujours présentes dans son esprit et l’effet de persuasion désiré produira l’effet contraire.

Poussant cette théorie à l’extrême, Aldous Huxley écrit Le meilleur des mondes en 1932, un roman de science fiction montrant une société créée de toute pièce par un pouvoir dominant. En effet, dans ce livre est décrit comment ce pouvoir arrive à conditionner un esprit dès sa naissance, en lui inculquant des goûts, des désirs et des peurs par divers stratagèmes, sans que l’individu lui-même s’en rende compte. N’imaginant même pas que ces envies ne viennent originellement pas de lui, l’individu vivra heureux dans l’environnement dans lequel il réside. Et quoi de mieux qu’une société heureuse? Une société en accord avec elle-même ne se posera même pas la question d’un quelconque conditionnement.

Bien sûr, ce serait rabaisser l’Homme à l’état de simple animal de laboratoire que de penser qu’il est aussi facilement manipulable, sans oublier que ces dirigeants sont, eux aussi, des êtres humains. Cela relève d’une volonté, saine ou non, de pouvoir et d’emprise sur les autres.

Heureusement, tout cela relève de la fiction mais la mode est de plus en plus aux médias de masse individuels, notamment avec les technologies de communication (internet, téléphones mobiles etc.) et ses milliards d’utilisateurs quotidiens.

 

Le ‘sex’, c’est tabou?

Le philosophe Herbert Marcuse, Américain d’origine Allemande, fait dans son oeuvre Éros et Civilisations un constat de la société du XXème siècle. Ce sociologue écrit cet ouvrage en 1955 et aborde le sujet de la présence constante de la sexualité dans les différents médias. En effet, la mode est au placement de détails sexys ou à connotation sexuelle, plus ou moins subtilement. On le remarque sur les réseaux sociaux, dans des publicités de l’agro-alimentaire (et pas que), dans des spots de prévention produits par l’État etc.

L’objectif des publicitaires est d’attirer l’oeil d’un individu le plus rapidement possible. Pour cela, il faut choquer. La finesse dans les propos est inutile, il faut aller droit au but. On peut se demander si le sex a une place définie dans la publicité ou si c’est un exemple comme un autre d’un détail marquant.

Pourquoi les slogans, phrases, dessins, personnes portant une connotation sexuelle plaisent-ils tellement à notre société?

D’un côté, le ‘sex’ parait banal, il est de partout, tout le temps. D’un autre, on imagine que les gens ne sont pas si à l’aise que ça avec car ils sont tout de même marqués par ces détails. S’il était banal de parler de sex, les individus seraient habitués et ne seraient donc pas attirés particulièrement par ces publicités, spots etc.

Ce qui est étonnant, c’est que ce ‘sex’ qu’on voit constamment dans la publicité est totalement impersonnel. Il aurait été compréhensible que l’oeil soit attiré automatiquement si chaque individu se sentait concerné personnellement, mais les spots ne sont généralement pas plus évolués que des connotations à l’organe génital de l’homme ou de la femme.

Peut-être le fait que ce soit une chose qui relève premièrement de la vie intime (plus si intime que ça…), marque la population, par rapport au fait que ce soit présenté publiquement.

C’est finalement rassurant que le cerveau humain comprenne que ce n’est pas normal de voir constamment des connotations sexuelles dans tout ce que l’on voit/entend et non pas qu’il banalise le sex public et sur-diffusé.

« L’affiche publicitaire n’a pas le temps de séduire, elle doit violer. » – Jacques Séguéla

Pourquoi faire bien alors qu’on pourrait faire mieux ?

Le Daraprim: un médicament principalement prescrit aux personnes dont le système immunitaire est affaibli, notamment en cas de toxoplasmose ou de VIH, a été racheté en septembre 2015 par Turing Pharmaceuticals. Cette start-up a fait augmenter son prix de 5,500%, faisant augmenter le prix du médicament de 13,5 dollars à 750 dollars. Ceci est l’exemple parfait de « on a fait bien, mais on veut faire mieux ». Grâce à la science, ce médicament est une avancée énorme dans le traitement des symptômes du VIH, mais cet industriel a décidé que ce n’était pas assez et que ce médicament ne « profitait » pas à assez de gens. Normal, il est destiné aux porteurs du VIH. Mais il a tout de même trouvé quelque chose à y gagner: de l’argent. Et très certainement que si ce n’était pas ce groupe pharmaceutique qui avait racheté le médicament, quelqu’un d’autre l’aurait fait à sa place. Il fallait être rapide.

Hannah Arendt parle justement: « L’humain est un animal politique prêt à tout pour parfaire sa puissance. »

Les grands Hommes de cette terre veulent le pouvoir, alors qu’ils l’ont généralement déjà. En effet, on ne remarque plus de désir d’avancée technologique, mais il faut juste aller plus vite que l’autre, peu importe le projet. Par exemple, la guerre des étoiles entre les États-Unis et l’URSS pendant la guerre froide: la victoire n’était pas au pays qui avait réussi à envoyer quelqu’un dans l’espace, mais au premier pays qui avait réussi.

Mes propos ont des limites: la recherche et l’avancée technologiques sont des choses extraordinaires, ayant permis à l’Homme de bien vivre. Mais à force de chercher toujours mieux, l’Homme s’est habitué à cette constante évolution des choses et est devenu bien trop exigent quant aux évolutions. Les individus voulaient avancer vite et sans marcher: et la voiture fut créée. Mais après, ces mêmes individus s’encrassaient les poumons avec la pollution que produisaient ces voitures, mais souhaitent tout de même les garder: voici l’arrivée de la voiture électrique. Bientôt, l’électricité sera beaucoup trop chère selon eux, il faudra donc fabriquer des voitures fonctionnant à l’air…?

Et si nous nous contentions de pousser la recherche dans le but de faire du bien à l’Homme et non dans le but de faire ‘mieux’ que le produit précédent ?

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » François Rabelais

 

L’élite psychanalysée

La psychanalyse consiste en l’explication de certains actes ou pensées en termes psychiques à partir de l’affirmation de l’existence du déterminisme psychique : une idée qui se présente à l’esprit ou un acte ne sont pas arbitraires, ils ont un antécédent, un sens, une cause que l’exploration de l’inconscient permet de mettre au jour.

Sauf sous obligation, une personne prenant l’initiative de se faire psychanalyser est particulièrement lucide sur l’humain. C’est un individu qui sait et accepte que l’Homme aie des troubles psychologiques, et que l’inconscient détermine beaucoup nos actes, paroles et pensées. Le recul dont font preuve ces gens sont un signe de sens critique sur soi. Ils font partie d’une élite intellectuelle.

Jacques Derrida aborde le principe de la psychanalyse par rapport aux nouveaux moyens de télé-communication et à la vigilance dont il faut faire preuve avec. Selon lui, la vigilance passe par la psychanalyse.

En plus d’être réservée à une élite intellectuelle, elle nécessite aussi des moyens financiers. En effet, une psychanalyse dure plusieurs années. Une personne peut se faire psychanalyser pendant dix, quinze, vingt ans. Avec une séance d’une heure à 70 euros une fois par semaine, la psychanalyse devient un luxe qu’une minime partie de la population mondiale peut se permettre.

Tout le monde ne peut pas se connaitre? Non. Car même sans la barrière financière, il faudrait que l’Homme puisse accepter un instant de se remettre en question, et cela ne semble pas être une mince affaire.

La prison comme formalité ?

L’auteur de « surveiller et punir », Michel Foucault, fait dans son ouvrage une analyse du système carcéral français. En effet, il s’est battu dans les années 70 pour l’abolition des prisons en France. Considère-t-il les prisons comme inutiles?

Des drogues dites ‘douces’ aux drogues dures, les prisons sont devenues des temples de diverses substances illicites ; ce qui est très paradoxal, sachant qu’une partie des détenus est en prison à cause de celles-ci (consommation, trafic, production). Comment peuvent-ils évoluer dans l’accomplissement de leur peine s’ils continuent de baigner dans leurs erreurs? De plus, l’éducation étant censée être obligatoire, elle ne l’est absolument pas. Heureusement, les détenus souhaitant s’instruire/passer des examens peuvent prendre des cours, mais on remarque un manque considérable de professeurs dans les centres de détention.

Cela ne veut pas pour autant dire que les prisons sont inutiles. Elles sont même nécessaires, mais pour une partie des criminels seulement. 

La prison a pour but d’ôter temporairement (ou non) certaines libertés d’un individu dans le but de le punir, suite à un crime commis. Elle n’est en aucun cas là pour lui infliger des souffrances. Elle est juste censée faire comprendre au détenu que s’il veut être entièrement libre de ses faits et gestes, il ne doit plus agir illégalement. Toute personne saine d’esprit comprendra assez rapidement l’acte qu’il a commis et souhaitera retrouver ses libertés le plus rapidement possible, et surtout, qu’on ne lui retire pas à nouveau. Là, n’auront pas lieu de récidives.

Le problème, c’est qu’une grande partie des personnes incarcérées ont des troubles psychologiques, et ne sont parfois pas suivies (ou très peu), par un psychologue/psychiatre. Pour ces personnes ne raisonnant pas comme des individus lambdas, la prison sera un moment désagréable mais ne sera absolument pas révélatrice d’une prise de conscience pour le détenu. Quand il aura purgé sa peine, ses pulsions meurtrières, violentes, sexuelles non maîtrisées et non traitées seront toujours là. Là il y aura, dans une grande partie des cas, une/des récidive(s).

Les meurtres, les viols etc. sont des actes contre-nature et les accusés ont besoin d’un réel suivi psychologique en plus d’être bloqués entre quatre murs: on appelle ça l’hôpital psychiatrique.

La prison resterait donc qu’une formalité, un mauvais moment à passer, pour tous ces individus dérangés.

Le problème resterait donc de choisir qui on peut placer en prison, et pour qui elle sera peu ou pas utile. Dans tous les cas, il faut punir chaque acte illégal, nous sommes dans un état juste.