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Comment la publicité nous prend pour des cons, et elle a raison

    Roland Barthes, critique littéraire et sémiologue français du XXème siècle, a étudié la linguistique et donc comment les messages sont transmis à travers le langage et les images. Il reste l’un des principaux animateurs du structuralisme, montrant les rôles du signifiant et du signifié. Le lien avec la publicité est donc flagrant. Ce médium de masse sait comment manier à la perfection les différents types de langage.

La publicité arrive à faire penser l’Homme différemment, à lui faire retenir des choses sans qu’il s’en aperçoive. Mais ce qui est impressionnant, c’est qu’une partie des populations sujettes à la publicité est au courant qu’on la manipule, mais n’essaye même pas de savoir par quels moyens les médias y arrivent.

L’Homme est-il réellement aveugle ou veut-il juste ne pas être au courant de quoique ce soit?

Le but est de bourrer le crâne d’un homme le plus rapidement possible, et sans qu’il s’en rende compte. Comment fait-on ça?

On engage des personnes ayant compris que tout se règle en fonction du public visé, et que le moindre détail compte. Ces personnes sauront combien de temps il faut faire durer le spot, quand le diffuser, quelles couleurs utiliser, quels acteurs prendre, où placer le texte, quel registre de langage employer, quelle voix utiliser etc. Tout est minutieusement programmé.

Doit-on en vouloir aux publicistes ou à l’Homme, certainement pas assez curieux?

On ne peut reprocher aux publicistes de manipuler le cerveau humain car l’Homme est un sujet un peu naïf, qui n’est pas (ne veut pas être?) au courant de comment les informations sont données, par quels moyens et qu’est-ce qui fait que son cerveau les retient plus que d’autres. Finalement, avec un public aussi ignorant, il est simple de considérer la publicité comme un terrain de jeu, où on fait acheter des produits à certains, fait intégrer des idées à d’autres. C’est finalement « compréhensible » que les grandes têtes de la publicité s’amusent.

Cependant, le problème de l’éthique se pose. Il n’est en aucun cas normal de profiter du pouvoir qu’on a sur les gens pour leur inculquer tout et n’importe quoi. L’Homme n’est pas (entièrement) stupide, on ne lui a juste pas forcément appris à vouloir connaître le monde qui l’entoure, mais à la place, on lui a montré à quel point lui fallait la dernière machine Nespresso. 

Sommes-nous rentrés dans un monde dans lequel on doit se méfier de tout et de tout le monde? Ce serait épuisant, surtout que nous, cobayes, n’imaginons pas à quel point nous ne contrôlons rien. Il faudrait peut-être rester naïfs et ignorants ; la vie est toujours plus belle quand on est pas au courant des choses qui fâchent.

« Etre bête, égoïste et avoir une bonne santé, voilà les trois conditions voulues pour être heureux. Mais si la première vous manque, tout est perdu. » Gustave Flaubert

Le marketing, ou l’art de vendre du rêve

     Des milliers de produits nous sont proposés chaque jours, nous incitant à acheter toujours plus. Le but des mercaticiens étant de donner envie aux gens et leur faire croire qu’ils seront plus heureux avec tel ou tel produit, ils développent des stratégies en poussant le vice à l’extrême.

En effet, l’Homme aime à penser qu’il est à part, et qu’un produit lui est personnellement destiné.

Et les responsables marketing l’ont bien compris. Ils ont donc développé la pratique des soldes: même en période normale (période non-destinée aux soldes), il leur suffit d’élever le prix de base pour ensuite le remettre à son prix initial en ajoutant une réduction. Les consommateurs vont donc se penser chanceux de voir une ‘telle affaire!’, surtout si elle est limitée dans le temps, ce qui va accélérer le processus d’achat pour le consommateur, afin qu’il ne rate pas cette offre ou qu’une autre personne lui passe devant.

L’Homme est réellement un public facile à influencer car il oublie une chose: les soldes sont généralement les invendus, ce que personne ne voulait quand les prix étaient non-réduits.

Comme quoi, la recette magique des sociétés de marketing se résume à une réduction de prix, minime soit-elle, et une offre limitée dans le temps. Après cela, vous verrez une horde de consommateurs naïfs se battre dans le magasin pour acheter la paire de botte démodée d’une collection d’il y a trois ans.

Althusser, penseur du 20ème siècle lié au structuralisme appuie cette théorie en développant le concept de l’idéologie. En s’inspirant de Marx, il fait une critique du système capitaliste, montrant l’obsession de certaines populations de consommer à tout prix.

Mais je ne jète pas la pierre à cette société, j’en suis actrice à part entière ; j’aime avoir un ego valorisé, j’aime les soldes et j’aime penser que je fais une bonne affaire en achetant quelque chose, peu importe sa nature.

Je considère finalement les responsables marketing comme une sorte d’anthropologues, réussissant à manipuler l’esprit humain en étudiant ses habitudes de consommation en fonction de multiples critères socio-culturels.

« La ‘société de consommation’ est une expression légèrement infâme, née du fantasme de grands enfants déçus d’avoir été trop gâtés. Ils n’ont pas la force de se réformer et rêveraient qu’on les contraigne à la sobriété. » Sylvain Tesson

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On ne se comprend pas

Au XIXème siècle, Ferdinand de Saussure travaille sur l’importance du langage et des langues. Cependant, depuis ce temps-là, les échanges entre les pays ont fortement évolué et des liens se sont créés.

Le chiffres sont là: environ 6 000 langues parlées à travers le monde, 10 à 20 langues disparaissant chaque année. Le mandarin reste la langue la plus parlée au monde avec plus d’un milliard de locuteurs. On considère que seulement 1% des langues permet la communication de 99% de l’humanité, l’anglais étant la langue la plus comprise dans le monde.

Il y a pourtant tellement d’incompréhensions entre les pays. La langue serait-elle une barrière finalement inexistante à la compréhension entre chaque personne? Dans tous les cas, il est toujours possible de communiquer grâce à des images, elles, universelles.

Le problème majeur n’est certainement pas les différences culturelles, au contraire,  mais bien le manque de tolérance entre chaque population.

« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. »

Et si chacun laissait l’autre vivre comme bon lui semble tant qu’il respecte les lois fondamentales humaines, sans abus de pouvoir?

Peu importent les religions, la couleur de peau, les passions des uns et des autres, la culture, la nourriture que chacun a l’habitude de manger.

Notre monde est formé de peuples différents, ayant une histoire différente, des modes de vie différents, des moyens financiers différents. Et heureusement! Uniformiser les cultures serait impossible et cela rendrait notre monde bien triste.

Un pays semble directement associé à la langue parlée dans celui-ci. La langue permet de communiquer à une échelle nationale (ou internationale) mais la mondialisation est là: nous sommes constamment en interactions avec d’autres pays. Nous sommes tous interdépendants. Nous avons besoin de ressources d’autres pays que nous ne possédons pas. C’est l’état du commerce actuel. Alors pourquoi ne pas nous concentrer sur ce qui nous intéresse, et non sur ce que font les habitants de ce pays de leur temps libre?

Non, je ne comprends pas comment on peut manger du singe. Non, je ne comprends pas pourquoi des femmes portent un voile intégral. Mais personne ne m’a demandée de comprendre. Comme je ne demande pas aux musulmans de comprendre pourquoi je bois de l’alcool.

Alors non, on ne se comprend pas, et ce n’est pas grave, tant qu’on accepte qu’il existe différent de nous, que cette personne soit sur le palier d’en face de notre immeuble ou à l’autre bout du monde.

Ce billet a un lien évident avec les évènements du 13 novembre 2015 et prône la tolérance

 

Les mots, c’est « has-been »?

      L’objectif est, de nos jours, de faire passer un message à un maximum de personnes, en un minimum de temps. Internet est l’outil parfait pour une diffusion de ces messages à l’échelle mondiale. Encore faudrait-il que tout le monde parle la même langue.

Comment faire comprendre ces messages sachant qu’il n’existe aucune langue universelle?

La mode est maintenant aux images (vidéos, photos): un langage que tout le monde peut percevoir. 

L’utilisation des mots parait finalement plus superflue qu’autre chose quand on sait que la majeure partie de la population mondiale ne comprendra probablement pas leur signification.

Il est donc bien plus simple de réduire leur utilisation au maximum en les remplaçant par une illustration.

Par exemple, au lieu de publier: « Regardez le nouveau Coca Cola Life, fait à base de Stevia, ingrédient naturel Argentin » nous auront une publicité montrant une bouteille de Coca Cola avec une étiquette verte, placée dans la nature avec juste le logo de Coca Cola. La photographie sera beaucoup plus compréhensible et pourra être diffusée pour tout public, peu importe sa langue. Car finalement, le grand public n’est pas forcément intéressé par la composition du nouveau Coca Cola, mais plus par le phénomène du nouveau produit et l’image qu’il renvoie.

Roman Jackobson illustre cette idée en faisant le rapport entre « le signifiant » et « le signifié »: le signifiant est l’aspect matériel (le mot), permettant à l’homme de comprendre de quoi on parle alors que le signifié est l’illustration de ce mot en une image, apparaissant dans l’esprit du public quand on emploie un terme.

Alors pourquoi ne pas choisir directement la facilité en utilisant l’illustration parlant, elle, à tout le monde?