Tous les articles par Charlton Fredoc

Jusqu’où nous emmène Youtube ?

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En février 2005, trois anciens employés de PayPal lancent Youtube, un site web permettant d’envoyer de regarder et partager des vidéos gratuitement. Google s’en empare en octobre 2006. Aujourd’hui, plus de 300h de vidéos sont misent en ligne chaque seconde et plus de six milliards d’heures de vidéo sont regardées chaque mois. Ce qui au départ était un site d’hébergement conçu pour la diffusion de clip est devenu un vrai model d’expression pour chaque utilisateur. Des vidéos de publicité (Gopro) aux vidéos de lapidation, passant par des diffusion en direct d’événements sponsorisés (Redbull, Coachella) ou des web séries, des podcaster, des tutoriels jusqu’aux provocations, aux appels à la haine…

A Clermont-Ferrand, deux familles de Gitans se provoquent par vidéos interposées :

http://www.koreus.com/video/clash-gitans.html

Se montrer, se faire entendre, décrocher le buzz, devenir populaire ou instruire devient possible grâce aux plateformes web devenu source de médias de masses. Cependant, le message qu’enferme ces médias reste sans limite. Notre place de spectateur nous donne chaque jour une réponse à cette problématique.

Voici quelques sites nous permettant de nous tenir à jours sur les contenus les plus insolites :

– http://www.koreus.com/

– http://www.abrutis.com/

– http://www.hodiho.fr/

– http://www.humour.com/

– http://www.gamaniak.com/

– http://www.videobuzzy.com/

– http://www.bu2z.com/

 

Es-tu du genre Butler ou pas ?

Difficile de tout savoir sur les gens. L’image que nous donnons aux  autres peut s’ouvrir à toute sorte de projection fantasmatique. C’est sur cette idéologie que se base le film de Mario Fanfani.      Les Nuits d’Etés sont à la fois un hommage rendu à toutes les femmes et un questionnement sur les identités de genre. Cela fait l’objet de nombreux débats depuis quelques années notamment aux Etats-Unis avec la philosophe Judith Butler. Ses écrits portent sur notre identité sexuelle basé sur la construction sociologique. Elle approfondi le propos en que la biologie ne se suffit pas à elle-même pour être une femme ou être un homme. Dans Les Nuits d’Eté c’est l’histoire d’un notaire de province des années 50 qui décide de se travestir en secret avec des ami(e)s. Une facette que l’un de ses amis, puis plusieurs autres l’aide à explorer. En effet ce film met bien en relation le sexe biologique, l’identité des genres ainsi que la performance du genre. C’est également ce que illustre Tomboy avec un regard sur l’enfance. Mais cette fois perçu à travers le jeu sur notre identité sexuelle et celui de notre construction sociale.

 https://www.youtube.com/watch?v=NHebAaxnxKM               Bande annonce de TomBoy

 

Wake up Student, the Mattéi has you

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La décontraction du langage et du monde par le simulacre brouille les frontières du réel. Jean Baudrillard se retrouve au milieu d’oeuvre cinématographiques comme Matrix. Cette trilogie décline de façon originale le thème de la dévastation de l’homme par la technique, ou du moins celui de sa soumission aux simulacres. Pour traduire le lyrisme de Baudrillard, Mattéi décrit l’emprise du virtuel sur le réel, provoqué par l’importance des nouvelles technologies. L’existence de l’homme se compare donc à un amas de pixels. Le jeux vidéo créerait des univers virtuels menant à des questionnements ontologiques. Le règne de la simulation et la préférence de l’image à la chose réelle conduisent à l’abandon de notre monde pour un codage numérique.

La mondialisation néolibérale

La mondialisation néolibérale est l’un ensemble multidimensionnel d’analyses d’inspiration libérale.

Selon Ignacio Ramonet, le succès des sites d’information profite d’un plus grand nombre d’audience et fait de l’ombre à leurs éditions papier. Cependant en 2008, l’audience du New York Times sur Internet a été dix fois supérieure à celle de son édition imprimée. Les revenus publicitaires sur le Web ont été dix fois inférieurs à ceux de l’édition papier. Conclusion : pour que la publicité sur le Web rapporte, le nombre de lecteurs sur écran doit être cent fois plus important que celui de la version papier. »

Ignacio Ramonet juge sévèrement les dérives imputables aux journalistes eux-mêmes et à la « poignée d’oligarques » qui contrôlent en France et ailleurs les grands groupes de communication.

On ne s’étonnera pas de l’entendre chercher des explications du côté de la « mondialisation néolibérale ».

Au-delà de cette formule passe-partout, il met l’accent sur « l’obsession de la rapidité, de l’immédiateté, qui conduit les médias à multiplier les erreurs ». Il brosse un portrait criant de vérité des journalistes « dominants » qui vivent « hors sol, sans vrai contact avec la société ». Il leur reproche leur « complicité permanente, de consanguinité, avec la classe politique, elle-même largement désavouée ».

Sans pilote, sans boussole, les médias installés doivent se faire à l’idée qu’ils ne sont plus les seuls à tirer les ficelles. Des « journalistes citoyens » leur font la leçon. Des sites comme WikiLeaks étalent au grand jour leurs lacunes…

Paradoxalement et même si son essai suggère le contraire, Ignacio Ramonet considère qu’« il n’y a peut-être jamais eu de moment plus favorable pour être journaliste ». Un journalisme régénéré, qui s’émanciperait des « tendances médiatiques actuelles ».

Il juge que nous traversons une période d’adaptation des médias à un nouvel écosystème. Par un phénomène naturel de sélection, certains vont disparaître, d’autres vont s’affirmer. Tel est son diagnostic.

Gilles Lipovetsky vs Swagg Man

Gilles Lipovetsky avance le fait que nous sommes entrés dans l’âge de l’individualisation du luxe. Selon lui les individus, quelque soit leur classes sociales, ont les mêmes aspirations. Cela se retrouve dans leur gout pour le luxe. Dans les années soixante il est vrai que peu de marque de luxe étaient connues pour de tous. C’est à dire que la logique de consommation ne s’applique pas en fonction des classes mais selon des phénomènes de mode. Il n’y a plus de culture de classe de consommation. Certes le model économique actuel, empêche l’homogénéité des classes mais favorise la popularisation de la consommation de luxe. Apple l’a très bien compris avec sa politique d’écrémage s’adressant à tout les utilisateurs. Au-delà des considérations esthétiques et technologiques d’usage, il est facile d’affirmer que cette popularisation répond avant tout à une tendance structurante du marché mondial. C’est pourquoi pour se distinguer des masses, l’élite choisit aujourd’hui l’ultra-exclusif que l’on appelle « hyperluxe ». Cette nouvelle tendance, dont Louis Vuitton serait l’exemple, remet en question la stratégie de massification de la consommation qui va de pair avec le pouvoir d’achat en hausse. L’hyper-luxe part du principe que le consommable se veut personnalisée, discret et sans aucune restriction. C’est dans une démarche de customisation que l’hyper luxe marque la fin du « luxe démocratique » souligné par Gilles Lipovetsky.

 

Napoléon nous aide à comprendre Bourdieu

Texte ou image? Il est parfois difficile de saisir le fond d’une pensé. Tout dépend du canal utilisé pour l’expliquer. Pierre Bourdieu définit la stratégie de reproduction à travers un texte écrit. En cherchant d’avantage d’information sur ses idées je me suis rendu compte qu’un autre support permettait d’illustrer ses idées. Dès lors, on se rend compte qu’un schéma s’y prête bien. Comme le disait Napoléon Bonaparte : « Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours. »

« Les stratégies de reproduction, ensemble de pratiques phénoménalement très différentes par lesquelles les individus ou les familles tendent, inconsciemment et consciemment, à conserver ou à augmenter leur patrimoine et, corrélativement, à maintenir ou améliorer leur position dans la structure des rapports de classe, constituent un système qui, étant le produit d’un même principe unificateur et générateur, fonctionne et se transforme en tant que tel. Par l’intermédiaire de la disposition à l’égard de l’avenir, elle-même déterminée par les chances objectives de reproduction du groupe, ces stratégies dépendent premièrement du volume et de la structure du capital à reproduire, c’est-à-dire du volume actuel et potentiel du capital économique, du capital culturel et du capital social possédés par le groupe et leur poids relatif dans la structure patrimoniale ; et deuxièmement de l’état, lui-même fonction de l’état du rapport de force entre les classes, du système des instruments de reproduction, institutionnalisés ou non. »  P. Bourdieu, La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Éd. de Minuit, 1979, p. 145.

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La société du spectacle de Guy Debord

En 1994, Canal+ organise une soirée « spéciale Guy Debord » et diffuse « la Société du spectacle ». A cette occasion, Alain de Greef, autrefois directeur de Canal+, commande à Brigitte Cornand, réalisatrice et cinéaste, un documentaire sur Guy Debord. Ce documentaire est révèlateur du trait de caractère réservé mais provocateur de Guy Debord: il ne se montre pas mais nous montre ce qui mérite d’être dénoncé. Dans une critique d’une société qui se met en spectacle, je vous propose de découvrir l’oeuvre de notre écrivain, essayiste, cinéaste, poète et révolutionnaire.

De Kracauer à Godard

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Le Petit Soldat, 1963.

Siegfried Kracauer né en 1889 et décédé en 1966 était un ami de Walter Benjamin. Il fu l’un des critiques de cinéma les plus influents de son époque. Son livre, « Siegfried Kracauer’s American Writings » regroupe des essais de critique culturelle sur le cinéma, la littérature et la théorie des médias. Il l’écrit au début du XXe lors de son passage en Amérique après avoir fui l’Europe occupée par les nazis. Dix ans après son arrivée aux Etats-Unis, Kracauer commente les développements dans le cinéma américain et européen. En apportant sa vision sur le film noir et le néoréalisme, il examine les tendances politiques troublantes dans le cinéma grand public. Il passe en revue les expériences contemporaines de cinéastes avant-gardistes. Sa réflexion sur l’état des arts et des sciences humaines dans les années 1950 l’a dirigé à plusieurs reprises dans des débats sur la culture juive afin de démêler les stéréotypes nationaux et raciaux.

Perceptible de manière anecdotique, c’est plus tard avec « Histoires du cinéma » (1999) que Godard semble s’être détourné de la conception kracauerienne de la « rédemption de la réalité par l’image cinématographique ». Cette notion est une réflexion inédite sur la spécificité de l’art cinématographique. Elle permet de mettre en scène le flux de la vie au sein d’un monde de plus en plus susceptible de facilement disparaître. On pourrait dire que Godard aspire à la conception de l’Histoire selon Walter Benjamin.

 

Marcuse et les Hippie

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Les hippies étaient principalement des jeunes du « baby boom » d’après-guerre. Ces derniers souhaitaient s’opposer à certaines normes et valeurs de la société occidentale, en contestant et refusant l’ordre établi. C’est dans le but d’aller à l’encontre de la société de consommation, le système capitaliste et le conformisme, que les communautés hippies se sont formées, urbaines ou rurales, et vivaient ainsi en marge de la société. Marcuse définissait les hippies de rebelles politiques et sociaux. Il désapprouvait le comportement excentrique les rendant peu crédibles aux yeux de l’opinion publique. En revanche, il restait convaincu que certains hippies pouvaient créer une société meilleure. Selon lui, les valeurs qu’ils défendaient, et en lesquelles Marcuse croyait, s’opposaient nettement à celles de l’ordre établi. De plus, l’individu et la liberté avaient une place de choix dans le vocabulaire hippie, ce qui ne pouvait que le satisfaire.

Voici un extrait de son ouvrage : Herbert Marcuse, Raison et révolution, Paris, Éditions de Minuit, 1969

 

An intellectuel Thug

En 1951, Marshall McLuhan se décrit de « voyou intellectuel » dans une lettre envoyé à Ezra Pound, un critique de presse américain.

Suite au visionnage de cet archive de l’INA datant de 1973, on observe une dynamique spontanée et brillante entre deux penseurs du temps de la guerre froide : Pierre Scheaffer, chercheur, théoricien, compositeur et écrivain français s’opposant aux idées dites « arbitraires » et au style métaphorique de Marshall McLuhan. Ce que montre McLuhan dans sa manière de répondre aux questions ardentes et avis divergents de Scheaffer, n’est autre que son positionnement qu’il affirme, parfois, avec humour. Sa capacité à orienter le débat à son avantage questionne sur la complexité du personnage. On pourrait se demander s’il use de ses métaphores pour complexifier ce qu’il défend afin de mieux se protéger ou, au contraire, s’il use de celle-ci pour simplifier la complexité de ses idées. A mon sens, McLuhan joue sur les deux tableaux car ce n’est pas dans l’absence de fond qu’il se décrit d’intellectuel, ni par manque de forme qu’il se voit comme un voyou.