Tous les articles par clemencevs

Fervente admiratrice de cinéma et de musique, je voue mes heures perdues à savourer quelques grands classiques filmiques, découvrir toutes sortes de genres musicaux tout comme des productions, flâner dans les rues à la recherche de friperies, galleries ou brocantes. Aider les autres est pour moi l'une des plus grandes sources de satisfactions. À 19 ans, je convoite le monde et ses mystères, toujours prête et partante pour d'innombrables trouvailles.

Articles et/ou envie

Rédiger un article après avoir vu en cours un auteur est une idée assez intelligente et interessante, quoique non vraiment plaisante à mon gout. Il est vrai que nous, étudiants, avions la main sur le temps, ce qui est beaucoup plus agréable que d’avoir des contraintes. Ces billets m’ont néanmoins permis de travailler des sujets auxquels je n’aurais surement jamais réfléchis sans le travail imposé.

Il était également demandé d’illustrer nos posts par des exemples de notre choix. J’ai donc par ce biais, pu découvrir la pensée d’écrivains, la comprendre et l’exploiter à ma façon. Cela m’a valu d’enrichir ma culture générale et penser et réfléchir d’une nouvelle manière.

Une société en colère

Bourdieu_01Pierre Bourdieu (1930-2002) est un sociologue français qui s’intéresse particulièrement à l’ethnologie. Son oeuvre est dominée par l’étude des mécanismes de reproduction des hiérarchies sociales. Il souligne notamment l’importance des facteurs culturels et symboliques dans les actes de la vie sociale.

A cet égard, nous pouvons constater qu’avec la nouvelle loi du travail, la société est non seulement actrice de ses actes, mais également spectatrices par ce qu’ils lisent dans les journaux, ce qu’ils voient aux infos et sur les panneaux. Les médias relatent des faits sans réelle vérité, la société lit ces articles, et les interprètent mal. Pierre Bourdieu a donc raison en voulant souligner l’importance des facteurs culturels et symboliques dans les actes de la vie sociale.

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Publicité singée

guy-at-tableGuy Debord (1931-1994) est en guerre contre la société capitaliste et ce qu’il estime être des simulacres. Il a une manière atypique de considérer la pensée moderne. Il est à l’origine du situationniste , un mouvement d’avant-garde né à la fin des années 50 incarnant la révolte contre l’emprise du capitalisme et la marchandisation. Intellectuel inclassable, il se définit comme étant un rebelle : il est comme un révolutionnaire à l’origine d’une pensée critique radicale, dressée contre la société et en particulier contre la notion d’institutionnalisation.

Guy Debord a fait de sa vie son art. On peut croiser cette façon de penser, de vivre avec celle de l’artiste Rafael Padilla, dont la vie fut relatée dans le film Chocolat (2016), réalisé par Roschdy Zem. Ce film nous montre comment ce clown voua sa vie au Savon_La_Hêve_dit_Chocolatmonde de l’art de cirque. A cet égard, nous apprenons que Chocolat entretint une relation étroite avec la publicité :  des publicitaires décidèrent un jour de se servir de l’image du clown pour les affiches de leurs produits en le montrant avec un visage de singe. Ces publicités blessant et humiliant l’artiste, Rafael Padilla va ainsi peu à peu s’opposer à la domination du clown blanc. Dévoilant le monde de la publicité, ce film montre également l’influence de la presse, de l’écriture, de l’imprimerie. En effet, Rafael apprend à lire peu à peu, désireux de se cultiver, d’en apprendre davantage, d’égaler la haute société dans ses réussites.

Disneyland : une réalité illusionniste

Caption=Baudrillard. Liberation columnist among those accused of obscure jargon Description=A picture file of Jean Baudrillard, philosopher and journalist. Exact date not known. Description=Used for his obituary 08.03.2007

Sociologue et philosophe français, Jean Baudrillard (1929-2006) acquiert un rayonnement international grâce à la publication de son oeuvre intitulée Pour une critique de l’économie politique du signe (1972). Pourtant, il ne se place ni dans la lignée du marxisme orthodoxe ni dans celle de l’Ecole de Francfort. Il considère les idéologies comme étant des modes se limitant à des systèmes de signes, considérés eux-mêmes comme étant des simulacres. Il stipule ainsi que nous sommes voués à manquer l’essence ultime de la réalité ; tout ce sur quoi nous fondons une nouvelle politique ou une nouvelle théorie du social n’est qu’en fait illusion.

A cet égard, Disneyland incarne parfaitement cette idée de théorie du social qui n’est en fait qu’illusion. En effet, lorsque nous franchissons le portail de cet autre monde, les soucis sont comme inexistants, laisés à l’entrée pour n’être récupérés que quelques jours après avoir baigné au coeur de ce microcosme social. De nombreuses publicités papier, télévisées, murales promeuvent ce nouveau monde, photo10un monde où tout n’est que féérie, où toutes les contraintes n’existent plus pour ne laisser place qu’aux joies quelqu’elles soient. Mais Disneyland n’est ainsi qu’une illusion dans le sens où cet autre monde fait seulement oublié les problèmes, les faits concrets de la vie pour ne laisser place qu’à l’abstrait. Si les enfants en sont si friands, c’est que ce monde leur offre tout ce dont ils ont toujours rêvé : féérie, magie, imagination prenant vie. Ceci est ainsi véhiculé de base par les médias et le publicités mensongères qui prônent une réalité illusionniste.

 

Guns N’ Roses : une soif d’argent ?

adorno_theodorPhilosophe, sociologue, musicologue et musicien ; Theodor W. Adorno (1903-1969) incorpore l’idée d’industrie culturelle dans l’oeuvre Dialektik der Aufklärung (1947). Cet essai à quatre mains de Horkheimer et Adorno convertit l’idée de médias de masse en « industrie culturelle ». Selon lui, les masses seraient les productrices mêmes de cette culture alors qu’Adorno considère qu’elles en sont les victimes. Grand mélomane, il compare cette idée à la musique : la musique populaire moderne n’a plus rien à voir avec son statut d’antan, mais est seulement produite par des entreprises prônant la consommation de masse.

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En effet, si des noms d’artistes subsistent dans le monde de la musique aujourd’hui, c’est parce qu’ils parviennent à sortir régulièrement de nouveaux titres. Certains pour leur passion, d’autres pour la rentrée d’argent. D’autres encore ne produisent plus rien mais organisent encore des concerts par exemple. C’est le cas notamment des Guns N’ Roses, groupe de Hard Rock américain qui se reformait il y a quelques mois pour un festival de deux jours en Californie, avant d’annoncer une vingtaine de dates de concerts aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada. Nombreux sont ceux qui pensent que le groupe s’est rétabli pour l’argent avant même leur passion. Comme le suggère Adorno, le son des Guns n’aurait donc plus cette même étincelle qu’autrefois, lorsque le groupe était à son apogée. Transformés en « machine à fric », l‘argent passe avant la musique pour les artistes, et inversement pour les fans. Ces derniers sont prêts à consommer la musique, quelqu’en soit le prix. Nous en arrivons donc à une consommation de masse musicale.

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(besoin ≠ nécessité) = télévision

herbert-marcusePhilosophe et sociologue marxiste, Herbert Marcuse (1898-1979) rédige L’homme unidimensionnel (1964), oeuvre dans laquelle il dévoile une société contemporaine refusant tout changement social en contrôlant les besoins de la population. L’auteur propose une critique de la société de consommation démocratique dans son ensemble. L’oeuvre met en avant un point phare de notre société : la maitrise des besoins. De faux besoins s’immiscent chez les individus pour standardiser les modes de vies et pensées. La publicité va donc pousser les consommateurs à acheter des objets dont ils n’ont pas la nécessité.

A cet égard, lorsque les télévisons à écrans plats parurent, de nombreuses campagnes de publicité furent imaginées pour prôner la nouveauté. Les affiches couvraient les murs, les catalogues affluaient dans les magasins comme dans les immeubles, les publicités télévisées envahissaient l’écran ; tout fut mis en oeuvre pour convertir la société et la pousser à acheter un nouvel objet, bien que déjà présent à la maison. Cependant pour être à la pointe de la modernité, certains se débarrassèrent de leur poste pour un nouvel écran plat flambant neuf. Répondant ainsi à la simple volonté d’être en avance sur son temps et non à un besoin vital, les individus ne peuvent jouir pleinement de leur existence malgré ce confort. Cette société se justifie grâce à la satisfaction de ces besoins, promettant ainsi aux consommateurs une sécurité et un confort certains.

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Marshall McLuhan & Charles Foster Kane

marshall-mcluhanIntellectuel canadien, professeur de littérature anglaise et théoricien de la communication, Marshall McLuhan (1911-1980) va bouleverser de manière radicale l’étude des médias et des médias de masse par ses expérimentations théoriques. Préoccupé par la technique et la technologie mais également la culture, il est l’un des premiers auteurs à se rendre compte de la puissance visuelle des médias. Il part d’un constat très simples : l’impact des médias se mesure à la fois à l’échelle collective et à l’échelle individuelle en ce qu’ils influent sur le plan historique, culturel et personnel. A partir de ce constat il va développer la thèse suivante : les médias nous renseignent sur l’homme social en ce que ces médias contribuent à le déterminer.

A cet égard, Orson Welles nous donne une idée de l’impact qu’on les médias sur la société américaine dans son premier film Citizen Kane (1941). Relatant l’histoire du magnat de la presse Charles Foster Kane, le film est rythmé par des unes de journaux annonçant d’importants événements de la vie de ce dernier. Ainsi, les titrages plus ou moins provocateurs influenceront fortement la manière d’être, d’agir, de penser de la société. Alors que Kane s’engage dans la vie politique, ce dernier voit son avenir diplomatique ruiné par la presse, et par la suite, par l’opinion publique.

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Charles Foster Kane et son compagnon

En effet, alors marié à Emily, Charles Foster Kane est surpris chez sa maitresse Susan, chanteuse d’opéra. L’histoire paraitra rapidement dans les journaux, précipitant ainsi le candidat dans les abîmes de la décadence. Baignant dans l’immoralité, le mensonge, l’adultère ; la société se basera vite sur les faits relatés par la presse, ne cherchant à aller plus loin pour constater par eux-mêmes si Kane mérite ces rumeurs haineuses. A cet égard, les médias déterminent, modèlent, façonnent la société et influencent les modes de connaissance et de perception.

Mon portrait sonore : Jean-Paul nous raconte…

Interviewer Jean-Paul fut une expérience tout à fait enrichissante. Apprendre comment un aveugle vit, aborde son existence, est acteur et non spectateur fut captivant. J’ai néanmoins dû prendre le son avec mon portable, faute de matériels  disponibles (5 enregistreurs pour 32 étudiants). Le montage fut une partie de plaisir : re-situer les faits, découper, recoller, construire et trouver une continuité dans les propos est quelque chose qui m’enthousiaste.

Jean-Paul est ouvert d’esprit. Il fut donc facile de parler, de poser des questions tout en étant à l’aise. Ayant préparé mes questions en amont, Jean-Paul, dans le goût de bien faire, apportait toujours plus de détails à ses propos. L’interviewer fut captivant. Je peux maintenant comprendre et imaginer la vie que mène les malvoyants et les aveugles, les besoins qu’ils éprouvent, les moyens auxquels ils ont recours. Par ailleurs, le fait de réaliser un portrait sonore met à l’aise l’interviewé. C’est en effet moins intrusif du fait qu’on ne mette pas de visage sur sa personne et son comportement. Ceci rend ainsi les propos plus sincères.

 

Certains s’attendaient à mieux mais j’avais en tête de réaliser mon portrait sonore tel qu’il est et j’en suis très contente. Il existe cependant certains points faibles : le paysage sonore n’est pas assez riche, il n’y a pas assez de souffle. Cependant, terminer sur l’interprétation de la bande son de Nino Rota du Parrain par l’originale est une idée qui m’a séduite. De par le fait qu’il se peut que certains n’aient pas vu le film, qu’ils comprennent donc qu’ils s’agit non d’une création de Jean-Paul mais bel et bien d’un thème déjà existant ; mais également par le fait de terminer sur une belle note.

Cependant, ce portrait sonore a le point fort de nous relater l’engouement d’un aveugle pour le cinéma, chose peu courante. Il se livre et explique son handicap. Il resterait à améliorer la manière d’angler les questions pour pouvoir exploiter à fond le potentiel. Mais il serait intéressant d’avoir le point de vue d’un aveugle pour un webdoc portant sur la ville dans laquelle il vit et où il reconnait les sons propres à cette dernière.

Mon projet de portrait sonore : + de son, ø d’image

Jean Paul est aveugle depuis 2003 après une dégénérescence rétinienne. Malgré son handicap, il ne se refuse rien et mène une vie où les arts sont prédominants. A cet égard, il m’a semblé intéressant de travailler ensemble, lui qui va régulièrement au cinéma et apprend à jouer de la trompette. Jean-Paul ne vit que par le son. Un point qui a retenu mon attention lorsqu’il a fallu réaliser un portrait sonore et ainsi tenter de capter l’attention sans images mais seulement par le son.

Après lui demander l’origine de son handicap et d’expliquer comment ce dernier s’est développé, je souhaiterais m’intéresser au fait que Jean-Paul aille souvent au cinéma et ainsi, savoir comment il perçoit et arrive à savourer le septième art. Enfin, je terminerais par évoquer son engouement pour la musique.

Langage « and » Coca-Cola

Zeitgenössische Aufnahme des deutschen Literatur- und Kulturkritikers und Essayisten Walter Benjamin. Er wurde am 15. Juli 1892 in Berlin geboren und floh 1933 nach Paris. Nach der Besetzung Frankreichs durch die Nationalsozialisten beging er, um einer Auslieferung an die Nazis zu entgehen, am 26../27. September 1940 im spanischen-französischen Grenzort Port Bou Selbstmord.Philosophe, traducteur, critique littéraire, historien et critique d’art aguerri, Walter Benjamin (1892-1940) courtise l’esthétique aux fondements allégoriques et analytiques de l’oeuvre de Goethe.  Il confie que « Paris est la grande salle de lecture d’une bibliothèque que traverse la Seine ». Benjamin va élaborer une philosophie du langage en s’attachant à developper ses fonctions irrationnelles. Il considère que le traducteur ou le critique se doit de « libérer le pur langage captif dans l’oeuvre », chose qu’il s’applique à mettre en oeuvre dans son travail.

Capture d’écran 2016-02-23 à 18.18.43Considérant que « le langage est tout simplement l’essence spirituelle de l’homme », celui-ci se décline sous différentes formes. Les affiches murales ont un langage particulier et se doivent de délivrer un message à autrui. En effet, cette publicité imaginée par Coca-Cola a pour vocation de soumettre au destinataire (soit n’importe quel individu susceptible de la voir) que la boisson devient un élément indispensable au repas, appuyé par la conjonction de coordination « et » « and ». Ce n’est plus un choix que peut faire autrui mais presque un devoir que de boire du coca au déjeuner ou au dîner, qui remplacerai presque l’eau à en croire l’affiche.

Ainsi, l’homme décline un langage sous différentes formes dans le but de l’exploiter et d’en varier sa nature tout en restant fidèle à sa signification.