Tous les articles par Louis Bouteille

Rhône Alpes TV

Voici une semaine que j’ai commencé mon stage chez Rhône-Alpes Tourisme chargé de la promotion territoriale de la région. Il s’agit aujourd’hui de préparer les mutations territoriales et économiques en Rhône-Alpes à travers la mise en tourisme d’offres telles que la Montagne, l’Œnotourisme, la Culture, Viarhôna et le Tourisme pour tous. Rhône-Alpes Tourisme se structure autour de trois missions principales : « Trajectoires Tourisme » (professionnalisation  des acteurs du tourisme) ; la plateforme « Rhône-Alpes Images » et « Sitra » (information touristique).

Dans le cadre de mon stage, je suis avec l’équipe de « Rhône-Alpes Images » et « Rhône-Alpes TV » (http://www.rhonealpes.tv). Il s’agit d’un bouquet  de chaines dédié à la découverte de la région. Il comprend 15 chaines qui comptabilisent plus de 5 millions de vues.

La région Rhône-Alpes fusionne avec la région Auvergne en Janvier 2016. Aurélie Devif (chef de projet) m’a chargé de rechercher les contenus vidéos adaptés, en vue de la création d’une chaine « Auvergne TV ». Je dois aussi établir une cartographie digitale de la région Auvergne. C’est-à-dire qu’il faut établir une liste des acteurs, touristiques, institutionnels et économiques capables de communiquer sur le territoire (page Facebook, Twitter, YouTube, Viméo…).

D’ici la fin de mon stage j’espère comprendre la stratégie de communication d’une association dont l’objectif n’est pas le profit mais la visibilité des destinations.

Homme ou femme ?

« Le genre n’est pas un être, c’est une performance. » affirme Judith Butler.

Dans son livre Trouble dans le genre, Bulter explique que notre société telle qu’on l’a vie au quotidien nous forme à devenir soit un homme ou une femme. Notre corps est une construction sociale selon elle. Y-t-il une différence entre l’homme et la femme ?

Le gouvernement français à mis en place depuis 2013 un module pour les classes de primaires : « ABCD de l’égalité ». Il à pour objectif de faire prendre conscience aux enfants les valeurs d’égalité et de respect entre files et garçons.

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Peut être qu’en informent les citoyens au plus jeune âge ils seront moins formalisés par notre société de masse.

 

 

Coupe du monde : simulacre de la guerre

Jean Baudrillard explique dans Simulacres et simulation que notre société de consommation se repose sur des simulations. Aujourd’hui, dans notre société post industrielle ces simulacres (copie du réel) précèdent et déterminent le réel.

Intéressons nous au sport et tout particulièrement au football.

Notre société de consommation à crée ce genre de compétition pour substituer la guerre à réalité. Les sociétés démocratiques européennes ne peuvent plus s’affronter physiquement. Elles s’affrontent sur un terrain de football à la place par exemple. Les supporters ne vont plus admirer « l’art du football » mais ils viennent pour gagner, anéantir l’adversaire.

France – Allemagne ou deux peuples qui s’affrontent.

Les joueurs vont suer, se battre pour leur pays.  Nous croyons alors que c’est du football mais ceci n’est qu’un simulacre. En réalité la France part en « guerre contre l’Allemagne ». (voir article ci-dessous)

http://www.blogmorlino.com/index.php/2014/07/04/title_829

La nouvelle « Renault Spacey »

Ignacio Ramonet dans son Ouvrage : Propagande silencieuse explique l’interdépendance du cinéma et des spots publicitaires. La publicité télévisée est née du cinéma, a repris ses codes et les a simplifié. Le cinéma vend un mode de vie et le spot publicitaire complète en proposant les produits nécessaires à ce mode de vie.

Prenons un exemple d’actualité : la campagne de pub Renault Espace 2015.

Le spot publicitaire présente Kevin Spacey qui évoque sa carrière au travers de ses rôles les plus iconiques (American Beauty, Usual Suspects et House of Cards) et nous fait découvrir le nouveau Renault Espace.

La campagne est enrichie d’un dispositif innovant qui permet de découvrir des facettes inédites de Kevin Spacey avec 5 web épisodes dans lesquels il revient plus en profondeur et de manière plus intimiste sur son parcours, ses motivations, ses envies.

L’acteur Hollywoodien est le produit utilisé pour mettre en avant la marque. Aujourd’hui la plupart des récits filmés contemporains reproduisent l’efficacité visuelle et narrative des spots publicitaires comme l’explique Ramonet.

Cette publicité l’illustre parfaitement, elle mêle deux notions clés : la star et le récit (Usual suspect, House of cards…).

Ainsi, on peut dire que la publicité et le cinéma forme une seule entité visuelle, très forte et très persuasive.

 

 

 

 

 

Réalité ou Film – Cinéma ou réalité

Gilles Lipovetsky écrit avec Jean Serroy L’écran global en 2007. Ils critiquent l’époque du tout-écran. Les écrans organisent notre société, ils nous entourent au quotidien. Nous sommes rentrés dans l’ère hypermoderne.

Dans cette nouvelle société, ils développent notamment la notion de l’hypercinéma : un cinéma de l’hyperbolisation. Il consiste en trois critères. Prenons donc l’exemple du dernier film de Quentin Dupieux : Réalité  sorti en février 2015.

NO SPOIL

Nous avons :

  • L’image-excès qui consiste à donner du contenu violent et spectaculaire.

Dans le film, une petite fille cherche une cassette VHS dans les boyaux d’un sanglier mort. La scène est psychologiquement choquante pour le spectateur.

  • L’image-multiplexe qui est une dérégulation, une déstructuration des scénarios. C’est une  liberté que prennent les jeunes réalisateurs aujourd’hui.

Dupieux ne suit pas une structure narrative classique. Les éléments de son histoire sont dans le désordre. Il est difficile de saisir l’intrigue. Les actions causes conséquences se transforment en actions conséquences causes. Aucune explication possible de l’histoire.

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  • L’image-distance ou le clin d’oeil

Dupieux s’attaque au style de film « mindfuck » ou WTF en les imitant. Tout particulièrement les films de Christopher Nolan ( Inception et Memento). Le spectateur est poussé à l’analyse mais finalement…

Gilles Lipovetsky et Jean Serroyinfluence se rendent compte que le cinéma influence fortement nos vies : vêtements, relation amoureuse, les médias, le spectacle, les vidéos amateurs ou le sport.

Alors nos vies deviennent des films…   Et, où est la Réalité ?

 

Si ça saigne, ça fera la une

Pierre Bourdieu,  sociologue français, écrit en 1996 Sur la télévision . Il explique que la télévision est un dérivé de notre société de masse. Notamment, il démontre que nous subissons une dramatisation volontaire de l’information par les journalistes.

Nous pouvons faire le parallèle avec le film de Dan Gilroy : Night Call sorti fin 2014. Le personnage principal interprété par Jake Gyllenhaal est reporter freelance. Il se déplace dans les rue de Los Angleles à la recherche de scoop pour les vendre aux chaines les plus offrantes.

Night-Call-photo-2-2« si ça saigne, ça fera la une »

Bourdieu appelle ça des faits omnibus. « Ce sont des faits qui, comme on dit, ne doivent choquer personne, qui sont sans enjeu, qui ne divisent pas, qui font le consensus, qui intéressent tout le monde mais sur un mode tel qu’ils ne touchent à rien d’important. »

Il y a beaucoup de concurrence. Dans le film, une directrice d’un chaine TV explique que : « l’audience est bonne quand les victimes sont blanches et que l’accident c’est passé dans un quartier riche »

Bien sûr en France ce n’est pas exactement le même propos. Néanmoins, nous sommes aussi dans une logique industrielle et commerciale de l’information.  Et, dans les deux cas la télévision cache en montrant autre chose, quelque chose de sensationnel.

Les loups au quotidien

Guy Debord écrivain et cinéaste (court métrage) rédige en 1967 La société du spectacle.

Selon lui l’emprise de la marchandise sur les masses est omniprésente dans nôtre société de consommation, sur tous les aspects de la vie. Les commerciaux utilisent les médias de masse pour que toute la société pense la même chose . Un produit est montré de façon extraordinaire dans les média mais lorsque la masse obtient cet objet, il devient vulgaire car un nouvel objet est présenté.

NO SPOIL

Dans le dernier Martin Scorcese (Le Loup de Wallstreet) Jordan Belfor, trader, est addict à l’argent. Il nous raconte au fil de l’histoire (biographie) ses sensations (achat des derniers modèle de voiture…), ses désirs (la mode), ses motivations dans la vie (toujours acheter,  dépenser). Tout ce que dit Guy Debord sur l’emprise de la société sur les individus est illustré dans ce film.

Comme l’explique Guy Debords : « le spectacle est une idéologie économique ». Il font leur réunion pendant les soirées.

Enfin, le travail de Jordan Belfor le déshumanise. Il se perd dans les drogues, les femmes… Le spectacle des marchandises fait aussi parti du processus de son aliénation. On pourrait même dire qu’il devient  le spectacle à la fin…

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Culture de masse et cinéma : Weimar / Iran

Siegfried Kracauer (De Caligari à Hitler, 1947) interprète le cinéma de la république de Weimar comme l’expression des attentes inconscientes de la société allemande. C’est-à-dire que les réalisateurs comme Fritz Lang ont essayé de faire ressortir de leur film la souffrance et la volonté de la population allemande.

Mais encore, aujourd’hui nous pouvons appliquer l’analyse de Kracauer sur le cinéma de Weimar au cinéma iranien. Prenons par exemple Asghar Farhadi né en Iran en 1972 à Isfahan. Son cinéma est dans la même ligné que celui de Fritz Lang.

Leur cinéma rend compte du problème des masses. Il est un média qui peut influencer la culture de masse. Voici le passage d’une interview de Farhadi consacré au Monde :

Depuis 2009, votre pays semble plongé dans une sorte de dépression…

Je ne dirais pas que l’Iran souffre d’une plus grande dépression que d’autres pays. Cependant, si je compare l’Iran d’aujourd’hui à celui d’il y a quelques années, il me semble que les Iraniens vont mal. Mais ils ne sont pas résignés. Il y a encore beaucoup de gens qui continuent de se battre dans l’espoir de jours meilleurs. Je n’aime pas ce cliché qui présente les Iraniens comme des gens désemparés et passifs, qui acceptent tout ce qu’on leur inflige. Ce que nous traversons aujourd’hui est un passage obligé. Mais toute cette énergie ne sera pas perdue.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2013/05/17/asghar-farhadi-je-veux-vivre-en-iran_3285983_766360.html#k6ZywEpCQRTmIoIe.99

 

C’est en partant des « manifestations discrètes de surface » qu’il devient selon lui possible de déterminer le « lieu qu’une époque occupe dans le processus historique » explique Kracauer. Peut-être que le cinéma de Farhadi est une manifestation discrète de surface…

 

 

 

L’ obsolescence programmée.

La société essaye de nous uniformiser et de nous abrutir. Un citoyen normal passe 1/3 de son « temps domestique » à consommer (voir lien ci-dessous). Notre système « manipule nos besoin », c’est ce que  Herbert Marcuse explique dans sa thèse.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1533

Marcuse est encore d’actualité. En effet, une loi a été adopté interdisant l’obsolescence programmée (voir les détails dans le lien ci-dessous). Le gouvernement l’a fait dans le cadre d’un « projet de loi sur la transition énergétique ».

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/10/15/l-obsolescence-programmee-des-produits-desormais-sanctionnee_4506580_3244.html

Apple-Planned-Obsolescence

Marcuse avait raison, nous sommes dans un énorme piège. Nos besoin primaire (se nourrir, se loger et s’habiller) sont mis de coté. Les faux besoins (consommation) font naître une certaine agressivité chez nous (la mode des vêtements). Ce confort empêche de nous faire réagir.

Cette loi peut nous aider à mieux comprendre le problème. Elle permet de freiner cette abrutissement.

 

L’art doit « élever mais pas flatter » in Big Eyes de Tim Burton

« Big Eyes » de Tim Burton sort sur les écrans cette semaine. C’est une histoire vraie et étrange, notamment sur l’essence de l’oeuvre d’art. Nous pouvons ainsi rapprocher la réflexion de Tim Burton avec les théories de Walter Benjamin : « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique »

The First Grail by Margaret Keane, Courtesy Keane Eyes, San Francisco.

 

 

Les Keane ont un petit succès avec les « Big Eyes ». Cependant ils choisissent d’étendre leur réputation en faisant toutes sortes de copies qu’ils vendent de partout. Walter Benjamin explique que l’oeuvre d’art perd son « aura ». Dans le film plus la toile (ci-dessus) est promue et reproduite plus l’artiste se sent dépossédé et perdu. Les œuvres de Keane deviennent des divertissements. Les gens achètent les affiches, qui font la promotion de la galerie d’exposition, plutôt que de s’intéresser aux œuvres de Keane en elles-mêmes. Burton, comme Benjamin, partage les spectateurs entre critiques : « L’art doit élever mais pas flatter » ; et spectateurs soumis. Le succès des Keane est partiellement dû au fait de cette promotion à échelle industrielle (imprimerie, presse, télévision). Es-ce-que les Big Eyes de Keane sont encore des œuvres d’arts ? Walter Benjamin expliquerait que leur reproductibilité a provoqué la perte de leur « aura » et de leur « hic et nunc » : ici et maintenant.