Tous les articles par Rémi Opalinski

Ohayo Japan !

Bonjour à tous,

cela fait maintenant 2 semaines que j’ai commencé mon stage chez « Mutual Images ». Cette association créée en 2013 à  pour but de faire des ponts entre les différentes disciplines universitaires afin d’avoir une vision globale sur l’attraction particulière que le Japon exerce sur les autres pays.

3 étudiants sont à l’origine de « Mutual Images » :
Aurore YAMAGATA-MONTOYA, présidente de l’association, Maxime DANESIN, vice-president et Shogo YAMAGATA, trésorier.
Ils organisent chaque année un workshop ou des doctorants de nombreux pays viennent échanger. Cette année le workshop se déroulait à l’université de Kobe au Japon. Le sujet quant à lui portait sur l’influence de la pop culture japonaise sur l’Europe. Cela m’a d’abord donné l’occasion, en amont du stage, de faire l’affiche du workshop :

affiche

Ensuite, ma mission principale à consisté à mettre en avant  le travail de « Mutual Images » sur place, accompagné de mon camarade Charlton FREDOC. Cela correspond tout d’abord à faire des captations vidéos de ces conférences afin que les personnes n’ayant pas pu se rendre sur place, à Kobe, puissent quand même y assister. Mais aussi à réaliser un petit film teaser qui retrace le programme de ces 2 jours. Ces parties de mon stage  sont terminées , et elles furent très enrichissantes : la découverte du monde universitaire, mener des interviews en anglais, une visite du musée du manga de Kyoto par la conservatrice, la planification de nos journées, la gestion de notre matériel… La grande autonomie dont nous disposions m’a permi d’apprendre  par certaines de mes erreurs et aussi grâce aux gens qui m’entouraient durant ce workshop. La partie la plus facile est terminée, maintenant il me reste un gros travail de montage vidéo.

Voilà, bye bye Kobe !

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Et un petit échantillon  du travail  que nous avons accompli, avec une interview du Professeur Yui de l’université de Kobe. Il nous parle du rôle qu’il a eut durant ce workshop et aussi de l’intérêt de réunir des personnes de tant de nationalités pour ce genre d’évènements.

Des effets néfastes de la culture sur un jeune homme naïf

C’est le dernier article, et pour finir j’aimerais penser les notions abordées par rapport à notre environnement et ses nouveaux déterminismes numériques qui ont accentuées certaines notions de évoquées de la communication de masse. Par exemple la consommation devient un critère majeur d’identification individuelle. Sur facebook, la personne se décrit à travers les livres, la musique, les films et les séries qu’elle consomme. La culture devient « à la fois le résultat et le projet du mode de vie existant », souligne Guy Debord. Nous devenons chacun nos propres entreprises culturelles individuelles, faisait son auto promotion et vouant son propre culte. Chacun gère son blog et son compte facebook pour devenir son propre capitaliste, en croyant devenir sa propre star, son propre héros mais surtout son propre unique fan.

Désormais, même le temps libre doit se soumettre à la logique marchande. La culture, les loisirs, les divertissements, le sport, la télévision participent à l’aliénation dans la vie quotidienne. Par exemple la promotion de la culture pop valorise la forme et les postures au détriment du contenu, le style prime sur la vraie réflexion. On attache plus d’importance aux vêtements, aux accessoires. Il suffit de regarder brièvement le top 50 des charts musicales,  ce sont des chansons superficiels, dénuées de toutes recherches ou complexités et qui se ressemblent beaucoup pour la plupart, qui sont les plus rentables. On ne recherche que l’efficacité.

On valorise aussi souvent  le postmodernisme et la pop culture qui se contentent de transgressions formelles, comme les films de Quentin Tarrantino qui adoptés par le plus grand nombre grâce à l’habile recette qui mêle référence, hyper-violence et dialogues léchées pour en faire des œuvres dites cultes. Mais en soi ses films sont devenu des objets complètement conformes au standards du capitalisme, il n’y a plus vraiment d’âme, ni de contenu profond dans ces films.

Le constat global que j’en tire est assez négatif,  jusqu’ici mais n’étant pas quelqu’un de fataliste  je désire finir cette année sur une note légère mais tout en réfléchissant sur la modifications de nos comportements par rapport au capitalisme et aux médias :

Some like it hot : précurseur de la théorie du genre

Judith Butler est une philosophe américaine, née en 1956 aux Etats-Unis, elle a signée Trouble dans le genre (1990 ) qui a fait d’elle l’une des figures de proue des gender studies. En s’appuyant sur les acquis de autres disciplines ( sociologie…) sur le genre, elle va le définir à son tour comme une performance. La sexualité serait un effet dut à la répétition.  Ce qui va être l’un des fondements des théories sur l’identité sexuelle. Son ouvrage a eut fort retentissement 20 ans après sa sortie, après de nombreuses récupérations politiques, beaucoup se sont offusquées des idées avancé par Judith Butler. Alors que ces idées étaient déjà présente dans des films grands publics, bien antérieures à l’ouvrage de Judith Butler.

C’est le cas du célèbre film de Billy Wilder  » Some Like it Hot », sortit en 1959. Les personnages masculins principaux sont certes dans une performance  de déguisement théâtrale plus que dans le drag. Mais une analyse factuelle de la narration révèle une critique de la norme hétérosexuelle. Le film adopte une vue performative du sexe, du genre et de la sexualité. On peut noter trois couples qui défient les structures de la romance hétérosexuelle. La fameuse réplique de fin du personnage interprété par Jack Lemmon  » Nobody’s perfect » s’inscrit dans la pensée de Judith Butler car elle repense le genre avec humour. C’est d’ailleurs probablement ce ton léger qui à permis d’avancer des idées si novatrices sur la sexualité.

Lorsque le carte couvre tout le territoire…

Baudrillard est un sociologue, et philosophe français de notre siècle, il est décédé récemment en 2007.Contemporain de Guy Debord, Jacques Lacan, Roland Barthes, Gilles Deleuze et autres penseurs des années 1970, il s’éloigne, du moins en apparence, de la psychanalyse et du marxisme  en insistant en particulier sur la sémiotique, c’est-à-dire la réflexion sur les signes (linguistiques, économiques, etc.).  Son oeuvre est en filiation avec celle de Mc Luhan de part la radicalité de son propos qui tend à repenser complètement nos sociétés à travers les médias et il approfondit sa thèse principale « le médium est le message », pour Baudrillard le médium se diffuse dans la réalité de manière insaisissable. Son travail qui cherche  à théoriser et analyser les modes de médiations et de communication de notre société de manière nihiliste. Dans l’ouvrage « Simulacres et simulations » en 1981,il développe l’une des thèses centrales, ce qu’il nomme être  :  la disparition du réel au profit des simulacres.

Baudrillard nous livre ici des pistes importantes et novatrices de réflexion sur notre environnement médiatique ainsi que notre propension a vouloir recréer notre réalité. Sa manière de penser est très intéressante car elle va a contre courant de l’académisme intellectuelle que ce soit dans le style ou dans ses observations. Beaucoup de ses analyses sont très intéressante par rapport à notre réel actuel et l’analyse de Baudrillard s’applique sur des sujets aussi varié que la politique que des objets de notre vie de tous les jours. Par exemple un sapin de noêl en plastique ou encore l’évolution grandissante des technologies dites de réalité augmenté . Le mot réalité augmenté aussi lorsque l’on y réfléchit semble dénué de tout sens, comment peut-on augmenter la réalité ?  On pense aussi à tout ce qui est du ressort de Disneyland, Las Vegas. Le fait aussi que  l’on fasse désormais des films sur des événements très récent, sans recul pour l’analyser comme le film sur DSK, Welcome to NY de Abel Ferrara, on dirait que l’on cherche a saisir chaque histoire dans son immédiat, sans comprendre son sens, elle devient juste un signe.

 

Le soft power : diktat de la culture ?

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Ignacio Ramonet, le rédacteur en chef du Monde Diplomatique, dont nous connaissons les prises de positions tranchées en matière d’anti-mondialisation, s’est attaché, dans cet ouvrage, à nous montrer de manière tangible et empirique comment nous étions tous manipulés, plus ou moins selon les cas à notre insu, voire parfois avec notre accord complaisant ou délétère.

A l’heure d’Internet et de la révolution numérique, événements qui nous impactent tous et sans lesquels vous ne seriez pas en train de lire ces lignes, Ignacio Ramonet a choisi d’illustrer ce constat évident de manipulation par des exemples pris dans les domaines culturels : cinéma, télévision…

Par exemple on encense souvent la formidable industrie culturelle américaine, qui rayonne sur le monde entier. Mais cela revient au fait que les mass médias des différentes nations sont dominé par l’influence américaine, et si nous ne disposons pas de notre imagerie singulière comment pouvons-nous nous considérer comme étant maitre de nos propres déterminismes.

Le bêlement du troupeau médiatique

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Pierre Bourdieu est un sociologue français l’un des plus importants du 20 ème siècle. Dans son ouvrage Sur la télévision publié  en 1996 il démontre que le système concurrentiel capitaliste pousse les différents médias à relayer les mêmes informations. Et qu’à cause de  ce flux médiatique ininterrompu et monotone les informations essentielles sont dissimulés. Des réflexions aisément vérifiables lorsque l’on regarde les gros titres des différents journaux papiers et télévisés.  Lorsque l’on complète sa thèse avec les récentes observations faites sur le nouveau grand média d’information qu’est internet ou tout le monde à la liberté de promulguer sa parole comme vérite, on rentre dans un système médiatique ou il est très dur de discerner la réalité tangible. Entre les écrans de fumée de la presse traditionnelle et l’inexactitude et le manque de sérieux de certains sites internet rend le paysage médiatique confus. La vision de Bourdieu est extrêmement juste et je pense que pour endiguer cela il faut que l’on développe notre littératie médiatique dès le plus jeune âge.

Une révolution numérique positive pour Lipovetsky

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Gilles Lipovetsky est un essaysite Français rattaché au courant du postmodernisme. Dans son ouvrage  » L’écran global culture-médias et cinéma à l’âge hypermoderne » écrit en 2007, il pose l’écran comme un intermédiaire incontournable dans notre rapport au monde et aux autres et de manière positive. Une pensée qui se démarque sur le sujet, on voit souvent l’écran comme un instrument d’asservissement de la masse, d’abrutissement et de manipulation du plus grand nombre. Tandis que pour Lipovetsky l’accroissement du flux d’information ainsi que la propre objectivisation du cinéma développerait notre sens critique.  Une réflexion sur laquelle je diverge lorsque l’on observe les différents films diffusés dans les salles grands publics la plupart sont des blockbusters sans saveurs, des remakes de films.

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Par exemple le film  » Total Recall  » de Paul Verhoeven sortit en 1990, c’est  le  récit sur une quête identitaire ou nos souvenirs ne pourraient être que simulacres, mélangé à l’hyper violence caractéristique du réalisateur pour former un film SF subversif. Pourquoi ressortir un remake édulcoré  en 2012, seulement 20 ans plus tard, bien sur il y a eut de grand progrès au niveau de la technique. Mais lorsque l’on voit les 2 films on voit bien que les producteurs essayent de capitaliser sur une histoire qui à déjà marché, alors que les remakes peuvent être utiles lorsque l’on laisse du temps s’écouler. Les avancées techniques vont pouvoir amener une nouvelle dimension à une œuvre, par exemple le King Kong de Peter Jackson prend une toute nouvelle perspective avec le numérique  comparé a celui de Ernest Schoedsack et Merian Copper.
La thèse de Lipovetsky est donc à nuancer je pense, car certes le cinéma cherche a réfléchir sur lui-même, il détourne ses codes mais il tombe souvent dans des travers mercantiles et le grand public n’a pas autant de discernement sur ce qu’il voit que souhaiterait Lipovetsky.

Krakauer et le pouvoir d’expression du 7 ème art

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Journaliste et sociologue, écrivain et théoricien proche de l’école de Francfort, Siegfried Kracauer  reste surtout connu pour son essai célèbre sur le cinéma expressionniste allemand, De Caligari à Hitler : Une histoire du cinéma allemand 1919-1933.  Se basant sur les acquis de la psychanalyse jungienne, Krakauer entend démontrer que le cinéma allemand de cette période est un reflet de sa société. Il cherche à decrypter une culture de masse à une époque ou la notion n’existait pas. Son regard et son analyse sont une clé de la compréhension de cette époque et son cinéma mais pas seulement.
L’hértiage de l’expresionnisme allemand est insoupçonné, que ce soit les innombrables figures d’ épouvantes ( nosferatu, jack l’eventreur…), le grandiose Metropolis qui sera le père de nombreux films de SF, les films de Tim Burton,David Lynch en passant par  le graphisme. Ce cinéma hante notre univers culturel, cela est saisissant au regard du film L’homme qui rit film de 1928 de Paul Lenni adapté du roman éponyme de V. Hugo. La ressemblance avec une figure célèbre qui à laissé une empreinte indélibile dans l’univers des  comics et aussi dans une récente adaptation cinématographique  est frappante.

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« Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. »

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Son ouvrage phare, « la société du spectacle » parle de l’importance que les divertissements ont prit dans notre système politique, dont l’image, par un biais sociologique. Très critique à l’égard de tout ce qui concerne le “spectacle”, l’auteur définit ce mot comme un bien marchand qui a perdut tout son sens, il est divertissement pour divertissement. Ces distractions nous rapprochent physiquement mais nous isolent mentalement ce qui est plus important. Tout ce qui attrait à la société de spectacle est un prolongement de la
doctrine capitaliste, qui n’a pour objectif que la possession, imposture de satisfaction. Ce jugement très acèrbe
Que ce soit par la publicité ou en érigant des vedettes, fausses idoles de notre temps,les nouveaux médias sont acteurs de cette dissimulation du vrai et ainsi d’une certaine forme de négation de la vie. C’est ce qu’essaye de dénoncer Guy Debord dans la plupart dans ses ouvrages qui sont des manifestes engagés, ils suivent tous un courant de pensée révolutionnaire dont il était l’un des grand acteurs : L’International situationniste. Son combat contre notre aveuglement médiatique était acharné et on peut regretter aujourd’hui que notre monde ressemble de plus en plus à  1984 de G.Orwell  malgré son abnégation.

Critique des sociétés modernes par Herbert Marcuse

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Penseur phare de l’école de Francfort, Herbert Marcuse utilise l’illusion du choix comme un des arguments majeure pour destituer nos démocraties souveraines de leur semblant de liberté. Communisme, capitalisme, gauche, droite, industrialisation… pour lui ce ne sont qu’un ensemble  coercitif qui pousse l’homme à rentrer dans le système pour un meilleur rendement. Son livre à été reçu comme un manifeste pour les révoltes estudiantines de mai 68 mais pour lui même les dissidents au système sont une force normale au sein de ce système.

Dans sa pensée c’est la communication de masse qui est la cause de cet effondrement, elle a transformer la culture en produit ce qui lui à fait perdre sa subversion. C’est ainsi que nos démocraties sont devenu des régimes autoritaires déguisés.