Archives pour l'étiquette Adorno

La culture est une dépravée

Adorno et Horkheimer ont écrit Dialectique de la raison, texte édité en 1944. C’est un ouvrage qui vise à déconstruire toutes les valeurs sur lesquelles les sociétés occidentales se sont construites depuis la Révolution Française, ou plutôt à démontrer que leur application est défaillante. Ils faisaient partie de l’école de Francfort, école de pensée allemande qui a visé à élaborer la théorie critique des media.

Dans leur texte fondateur issu de Dialectique de la raison, « La production industrielle des biens culturels », ils décrivent la dépravation de la culture.

Selon le dictionnaire, dépravé signifie : dénaturé, pervers, indigne, ingrat, corrompu, immoral, vicieux, cynique, malhonnête, malsain, obscène, dissolu, licencieux, inconvenant, scandaleux, débauché, libertin, dévergondé, mauvais, gâté, altéré, vicié, perverti, impudique.

Si vous souhaitez vérifier la dépravation de la culture, vous pouvez allumer votre téléviseur à 18h sur D8. Cyril Hanouna y anime Touche pas à mon poste, une émission à laquelle beaucoup des qualificatifs cités au-dessus.

Je ne cherche pas ici à faire de leçon de morale, il m’arrive moi-même de regarder. Cette émission est un divertissement qui peut nous prendre au piège en quelque sorte, mais cela n’empêche pas de poser un regard critique sur celle-ci.

dialectique de la raison

T.W. ADORNO est un philosophe, écrivain et musicien. C’est l’un des cofondateurs de l’école de Frankfurt avec HORKEIMER, dans laquelle ils analysent de manière critique les mutations sociales des années 30 en Europe.

Leur pensée repose sur des postulats philosophiques : l’homme ce serait émancipe de la nature par la raison, cela créée nouvelle domination de l’homme par l’homme, en abandonnant une forme d’asservissement pour une autre.

Cette nouvelle domination de l’homme par l’homme prend donc la forme de société capitaliste, ils vont ainsi rattacher cette nouvelle forme de système au totalitarisme dont le fascisme. C’est une rationalisation de la société, pour Adorno, l’homme est instrumentaliser au service du pouvoir politique.

 

ADORNO et HORKEIMER ont une pensée commune, qui se concrétisera dans l’ouvrage « Dialectique de la raison » en 1944. C’est un ouvrage critique, dans lequel ils brisent les valeurs et les concepts que la société occidentale qui est l’héritière du siècle des Lumières.

Pour eux la société occidentale a intensifiée le capitalisme, et donc  à partir de ce constat ils cherchent à quel moment l’Homme est libre. Le développement de leur pensée apporte comme réponse qu’il n’y a pas de liberté. Il n’y a pas de liberté possible car le monde est régit par une domination, une violence où l’homme est devenu un objet, un bien marchand comme un autre.

Cela permet de montrer une vision aliénante de la société qui est véhiculée par les medias de masse dans lesquels l’homme est déshumanisé, il a donc perdu son essence.

C3-PO, Jiminy Cricket, le chat du cheshire, Astérix, Winnie l’ourson ; tous les mêmes.

Adorno (1903-1969) est un philosophe de l’école de Francfort, au même titre que Marcuse ou Horkeimer.

Adorno critique très sévèrement ce qu’il appelle « l’industrie culturelle ». La pensée d’Adorno est centrée sur une critique de la Raison, au sens où celle-ci est à la fois considérée comme émancipatrice et dans le même temps comme instrument de domination.

Le lien avec les personnages de fictions que je cite en titre de cet article ? Roger Carel, un immense comédien de doublage français, dont je ne cite là que quelques rôles des plus fameux. Il est l’exemple de l’artiste qui sait varier son art tout en  gardant le même outil de travail : sa voix.

Il y a là du point de vue d’Adorno exprimé au travers du prisme de ma pensée, une manifestation de la reproduction de l’art,  du manque d’originalité, et un artifice capitaliste à renouveler toujours la même voix, pourquoi s’embetter, pour ce qu’elle fait et non pour ce qu’elle est.

Faites comme Chris… Ah bah non en fait

En 2014 sortait le film American Sniper de Clint Eastwood, un biopic sur le tireur d’élite Américain, Chris Kyle. Cette figure iconique de l’armée américaine avait été encensée. Comme Alekseï Stakhanov en URSS (un homme inventé de toutes pièces par les dirigeants qui effectuait des résultats impressionnants en tant qu’ouvrier) , il est montré comme un homme exemplaire qui peut être un modèle pour les générations à venir. Continuer la lecture de Faites comme Chris… Ah bah non en fait

Cachez ces penseurs que je ne saurais voir.

Le semestre qui vient de s’écouler fut marqué par un cours à l’intitulé mystérieux : nous devions y étudier les « modèles théoriques de la communication de masse ».

Marshall McLuhan, le canadien

Je repars de ce cours avec la découverte d’une grosse dizaine de penseurs dont je n’avais jamais entendu parler. Benjamin, McLuhan, Kracauer, Adorno, Marcuse (dont j’ai acheté et prévu de lire L’homme unidimensionnel), Baudrillard ou Lipovestsky me reviennent en tête au moment d’écrire ce billet.

Continuer la lecture de Cachez ces penseurs que je ne saurais voir.

dim, la culotte qui change la femme en objet

Quand l’homme veut réussir sa stratégie de marketing pour vendre, il est prêt à se dénigrer lui-même. Récemment, la marque de sous-vêtements DIM à sorti une pub très sexiste :

On voit donc ici une femme se balader dans les sous-vêments de la nouvelle marque.

Mais peu après cette publicité, la Compagnie Avant l’Aube a décidé d’en faire une parodie :

 

C’est avec cette comparaison homme/femme que l’on se rend compte des dangers de l’homme objet. On remarque qu’avec la parodie, tout parait plus gros : au premier abord de la vraie publicité, on a tendance à voir la femme comme un objet, mais sur la parodie, « l’homme objet » est exagéré. On assiste donc à l’idée de l’école de Francfort : l’homme s’est retrouvé face à une autre domination : celle de l’homme par l’homme. Ici, l’homme objet (homme culturel) domine l’homme réel (homme naturel). Actuellement, par les médias, l’homme s’émancipe de la nature par la raison. On retrouve donc l’ouvrage La Production Industrielle de Biens Culturels de Théodore Adorno qui nous questionne, dans le monde occidental, l’homme est-il toujours émancipé ?

Abêtissement de masse et décadence télévisuelle

T.W Adorno et M. Horkheimer reprochent aux médias, et en particulier la télévision de faire du public un « jouet passif ». Ils transformeraient les citoyens en consommateurs abêtis, déshumanisé et égocentrique. Le spectateur devient une sorte d’homme générique, dénué de toutes capacités critique.

Les émissions de télé-réalité et reportages en tout genre s’inscrivent merveilleusement bien dans ce contexte. C’est le cas de Tellement Vrai.

Continuer la lecture de Abêtissement de masse et décadence télévisuelle

Profitons de notre temps libre pour devenir de meilleures personnes

Théodore Adorno est un compositeur et philosophe Allemand né à Francfort en 1903 dans une famille cultivée d’origine juive. En 1934 suite à son interdiction d’enseigner en Allemagne, il rejoint les Etats-Unis et va s’installer à Los Angeles. Il était à la fois fasciné et horrifié par la société de consommation californienne de l’époque.
Il rejoint très vite l’école de Francfort qui se mettait en place et qui cherchait à comprendre à l’aide de la philosophie les problèmes dus au capitalisme moderne, notamment concernant la culture.

Il va particulièrement insister sur le danger que peuvent représenter aujourd’hui les temps de loisir. En effet Adorno avait une idée assez ambitieuse de comment devrait être utilisé notre temps libre : non pas pour se relaxer et se vider l’esprit, mais une opportunité pour élargir et développer nos horizons, pour nous améliorer nous mêmes et devenir des êtres meilleurs, et par la même occasion d’obtenir les outils nous permettant de changer la société. Ce temps devrait être mis à profit pour lire des livres et ainsi avoir une vision plus complète de la politique, de la nature et des relations entre individus, ou encore pour écouter de la musique (n’oublions pas qu’il était compositeur !), pouvant nous permettre de reprendre confiance en nous.

leshiboo.fr
leshiboo.fr

Mais dans le monde qui est le notre, nous occupons notre temps libre avec ce qu’Adorno appelle l’industrie culturelle : les films modernes, la télévision, la radio, les magasines et aujourd’hui les réseaux sociaux et internet. Le danger de ces derniers est qu’ils sont quasiment conçus pour nous garder éloignés de la compréhension de nous même, ainsi que tu monde réel.
Par exemple les information vont nous procurer un flot de mélange d’informations sans sens, sans s’intéresser aux réels problèmes sous-jacent, ne nous laissant aucune possibilité de comprendre la prison-ouverte dans laquelle nous existons. Le cinéma nous berce d’histoires d’extraterrestres alors que nous ne comprenons pas le fonctionnement profond de notre planète. La musique pop ne s’intéresse qu’à l’évocations de sentiments en lien avec l’amour romantique, suggérant que le bonheur ne peux venir qu’en étant une seule et même personne, plutôt que de nous éveiller aux plaisirs de la communauté (n’oublions pas que nous étions en plein mouvement hippie) ou même plus généralement en propageant de la bonté.

220px-Walt_Disney_1946
Walt Disney – Wikipedia

L’industrie culturelle aime donc nous maintenir dans cet état de distraction permanente, de confusion et il n’est ainsi pas étonnant de voir qu’Adorno qualifiait Walt Disney « d’homme le plus dangereux d’Amérique ».

 

L’hommage d’un président, mais pas d’excuses

Adorno est un philosophe, représentant l’école de Francfort dans laquelle a été élaborée la Théorie Critique. C’est aussi un sociologue, musicologue. Avec Max Horkheimer il introduit la notion interdisciplinaire de l’industrie culturelle.

Afficher l'image d'origine

La réflexion sur le génocide juif, qui est au centre de la réflexion philosophique d’Adorno dès les dernières années de guerre vécues aux Etats-Unis, se situe dans l’horizon de la critique de la civilisation industrielle élaborée par l’Ecole de Francfort depuis le début des années 30.

L’invention de la bombe atomique qui permet d’anéantir d’un seul coup des centaines de milliers de personnes, s’inscrit dans le même contexte historique que le génocide. En 71 ans, c’est la première fois qu’un président américain rend hommage aux victimes d’Hiroshima. 

Dans la société totalitaire, l’individu subit la domination à l’ère du fascisme, l’individu, en tant que spécimen de l’espèce humaine, a perdu l’autonomie grâce à laquelle il pouvait réaliser le genre humain. C’est la société qui fait la substance de l’individu, pour la société les différences effectives ou imaginaires sont des marques ignominieuses prouvant qu’on n’est pas encore allé assez loin, que quelque chose a encore échappé au mécanisme et n’a pas été déterminé par la totalité.

http://www.francetvinfo.fr/monde/japon-visite-historique-de-barack-obama-a-hiroshima_1472149.html

L’architecture sous l’oeil d’Adorno et Horkheimer

Dans les régimes totalitaires ou démocratiques, la culture impose une standardisation et une uniformisation esthétique.

En effet, Adorno et Horkheimer en parlent. Ils sont deux figures incontournables de l’École de Francfort proposant des idées très pessimistes au sujet des médias de masse et de leur influence sur la société. Ils affirment que « les films, la radio et les magazines constituent un système. Chaque secteur est uniformisé et tous le sont les uns par rapport aux autres ».

Ils parlent alors de l’impact de la logique marchande sur le secteur de l’art et de la culture. Au niveau architectural, les bâtiments se ressemblent tous. Il est alors difficile d’innover dans un monde où tout aspire à faire comme le reste de la population, donc comme le gouvernement nous incite à faire.

Pourtant, à Dubaï, l’art et notamment l’architecture ne sont réprimandés malgré le régime politique du pays. En effet, les habitants n’ont aucun pouvoir politique, il n’y a pas de suffrage, d’élections ou encore de parlement: ils n’ont aucun mot à dire et se plient à ce que les politiques leur imposent. Malgré cela, l’architecture de ce pays est très développée et n’a même aucune limite. Elle présente les grattes-ciel les plus haut du monde (tel que la tour Burj Khalifa mesurant 828 mètres), des bras de mer et des îles artificielles… Bref, la création de nouveaux monuments ne cesse de croitre. Elle va alors contre les pensées d’Adorno et d’Horkheimer, qui eux affirment que « pour le moment, la technologie n’a abouti qu’à la standardisation et à la production en série, sacrifiant tout ce qui faisait la différence entre la logique de l’œuvre et celle du système social ».

Des propos peut être limités, mais à remettre dans leur contexte.