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L’esthétique du scrolling

Siegfried Kracauer était convaincu que l’on pouvait comprendre une époque en étudiant les films qu’elle produit.

Notre époque semble être celle du tactile (cf. les analyses de McLuhan et Baudrillard sur notre époque digitale/tactile), et même celle du scrolling.

Le scrolling, c’est la pratique consistant à faire glisser sous ses doigts ce qui s’affiche sur un écran tactile.

Pour « faire glisser » quelque chose du bout des doigts, il faut que les surfaces en contact soient lisses, homogènes, évidentes, formatées. Le complexe, l’irrégulier, l’ambigu, ce qui ne se réduit pas à 1 et 0, ça glisse mal.

Les films d’Alejandro Inarritu, en particulier ses plus récents, Birdman et The Revenant, sont des produits parfaitement adaptés au scrolling : de longs plans-séquence portés par une steady-cam « glissante », une image sans défaut, un scénario limpide, une symbolique évidente…

The Revenant (Alejandro Gonzalez Inarritu, 2015)
The Revenant (Alejandro Gonzalez Inarritu, 2015)

« Les surfaces les plus lisses sont celles qui prennent le mieux la peinture… » écrivait Louis-Ferdinand Céline à propos des « peoples » de la télévision.