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Krakauer et le pouvoir d’expression du 7 ème art

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Journaliste et sociologue, écrivain et théoricien proche de l’école de Francfort, Siegfried Kracauer  reste surtout connu pour son essai célèbre sur le cinéma expressionniste allemand, De Caligari à Hitler : Une histoire du cinéma allemand 1919-1933.  Se basant sur les acquis de la psychanalyse jungienne, Krakauer entend démontrer que le cinéma allemand de cette période est un reflet de sa société. Il cherche à decrypter une culture de masse à une époque ou la notion n’existait pas. Son regard et son analyse sont une clé de la compréhension de cette époque et son cinéma mais pas seulement.
L’hértiage de l’expresionnisme allemand est insoupçonné, que ce soit les innombrables figures d’ épouvantes ( nosferatu, jack l’eventreur…), le grandiose Metropolis qui sera le père de nombreux films de SF, les films de Tim Burton,David Lynch en passant par  le graphisme. Ce cinéma hante notre univers culturel, cela est saisissant au regard du film L’homme qui rit film de 1928 de Paul Lenni adapté du roman éponyme de V. Hugo. La ressemblance avec une figure célèbre qui à laissé une empreinte indélibile dans l’univers des  comics et aussi dans une récente adaptation cinématographique  est frappante.

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Kracauer / Allemagne hitlérienne

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Siegfried Kracauer née en 1889  et mort 1966 est un journaliste, sociologue et critique de films allemand. Il se situent pour l’essentiel dans le prolongement du mouvement expressionniste.

En 1973, il publie De Caligari à Hitler. Son oeuvre est destiné à approfondir d’une manière particulière notre connaissance de l’Allemagne hitlérienne. Kracauer nous montre que le septième art, révèle dans sa vérité la mentalité d’une nation. Suite à la publication de ce livre, il y eu un impact profond sur l’image que l’on s’est fait du cinéma weimarien.

Une histoire psychologique du cinéma allemand

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Dans De Caligari à Hitler,  Siegfried Kracauer analyse le cinéma expressionniste, et tente d’y déceler tous les symptômes qui prédisaient la montée du nazisme et les horreurs de la seconde guerre mondiale.

Kracauer y décortique (entre autres) Le Cabinet du docteur Caligari et Metropolis, tentant parfois de faire plier les oeuvres analysées à la vision qu’il en a.

Cependant, le mouvement expressionniste ne peut pas être arraché à son contexte historique, surtout en Allemagne. Un mouvement artistique véhiculant un malêtre de cette violence ne peut qu’être le symptôme du malêtre de tout un peuple, d’une époque.

Ainsi, il me semble que l’expressionnisme allemand est bien la voix d’une nation, portée par les artistes et ne peut donc qu’avoir été annonciateur des évènements des années 30 et 40 en Allemagne et dans le reste de l’Europe.

 

 

 

 

 

 

Et un petit cadeau du soir :

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Où était-il ?

« Appartenant à la génération des intellectuels juifs contraints d’émigrer lors de la montée  du nazisme, Siegfried Kracauer aura vécu sa vie dans un exil permanent tant du point de vue théorique que géographique. »

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« Les figures de l’exil ou, du moins, celles de l’étrangeté, de la non-appartenance apparaissent dans l’œuvre de Kracauer dès les années 1920. » En effet, pendant les années 30, Siegfried Kracauer semble s’être tenu à l’écart des polémiques politiques et symboliques qui agitent les exilés, et ne pas avoir participé à la grande mobilisation anti-fasciste, dont Paris est à l’époque l’épicentre.

Ceci peut paraître étonnant, puisque Kracauer s’était beaucoup exposé au monde sous la République de Weimar et avait suscité des réactions violentes.

Plusieurs raisons peuvent expliquées cette absence.

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Tout d’abord, le sociologue avait encore de la famille proche en Allemagne -comme sa mère ou sa tante- dont il ne voulait pas mettre la vie en danger. De plus, les autorités françaises demandaient expressément aux exilés de ne pas s’engager contre leur pays d’origine. A cette époque, Kracauer souhait s’intégrer en France. Par ailleurs, on peut penser qu’il n’a pas été beaucoup sollicité. Enfin, il dit avoir eu lui même l’impression de subir la vengeance des victimes qu’il avait autrefois offensées. Il est dit que Kracauer a considéré son exil comme définitive, qu’il s’est installé dans cet exil, et n’a pas envisagé le retour dans une « bonne » Allemagne. Toutes ces raisons politiques expliquent en partie la discrétion politique du critique Kracauer dans les années trente.

Mais si Kracauer s’est si bien installé dans l’exil, c’est finalement que cette situation faisait écho à sa pensée intellectuelle : en effet, « Kracauer était existentiellement un exilé avant de connaître matériellement la situation de l’exil ».

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