Archives pour l'étiquette Arendt

« La vie, c’est comme une boîte de chocolat : on sait jamais sur quoi on va tomber. »

 

Quel est le rapport entre le futur et le passé, entre l’historique / le reporté et le « à venir » / l’imprédictible ?

 

C’est la question que se pose Hannah Arendt, qui, en sortant indemne des camps de la Seconde Guerre Mondiale, se rend compte de la faille existante entre la tradition et le futur.

Car Hannah Arendt remarque que personne n’avait, ni prédit cette guerre, ni prédit la situation dans laquelle les hommes allaient s’en sortir. Ce n’est pas la « tradition » qui avait alors décréter que des familles seraient dévastées mais que d’autres s’en sortiraient indemnes, ou que des hommes se prendraient pour des politiques durant l’essor de la Libération.

 

« Notre héritage n’est précédé d’aucun testament. »

Voici l’ouverture de La Crise de la Culture, où Arendt cite René Char dans sa préface.

 

René Char fut un poète résistant qui écrivit durant la Résistance que l’après-guerre serait terrible pour lui. Il dit qu’il serait sûrement confronté à son ancienne vie publique et à des polémiques politiques liées à la Résistance alors qu’il vécut la peur, le combat et l’aventure, au nom de la France et de la Liberté.

Il dit en outre : « Si je survis, je sais que j’aurais à oublier l’arôme de ces dernières essentielles années et silencieusement à m’écarter de mes trésors. »

Il avait prédit la situation de nombreux résistants de l’après-guerre, qui furent émus par leur combat et leur souffrance au nom de la liberté, mais outrés d’entendre des propos polémiques sur la Résistance menés par des « combattants de la dernière heure ».

 

Hannah Arendt reprend le terme de « trésor » dans son essai philosophique, montrant que la Résistance fut l’un des trésors de l’Histoire, car une véritable mine d’or pour les intellectuels et autres hommes de l’époque qui surent profiter de l’occasion et faire l’expérience de la Liberté plutôt que de se préoccuper de leurs propres occupations personnelles.

C’est paradoxal, qu’une chose aussi grave que la guerre soit un trésor, et qu’elle amène tant de nostalgies alors qu’on ne la souhaiterait pas sur l’occasion, privé de ses libertés et de son humanité. Mais c’est le cas de toutes les aventures, qui amènent toujours de fortes expériences (si on réussit à en voir la fin).

 

Seulement les trésors apparaissent et disparaissent, comme c’est aussi le cas des révolutions de 1776 aux Etats-Unis, de celles de 1789 en France ou encore de celles de 1956 à Budapest.

Arendt se demande pourquoi les trésors sont éphémères, si imprédictibles. Elle conclue que ceux-ci ne durent pas et ne sont pas prévisibles, non pas parce qu’ils relèvent de la chance et du hasard, mais car les hommes et leurs traditions n’ont pu prévoir leurs apparences. Les hommes n’ont pu annoncer ce qui allait arriver alors que les traditions, selon Arendt, sélectionnent et nomment, préservent et relaient : elles indiquent où sont les trésors et quelles peuvent-être leurs valeurs.

Mais durant l’époque d’Hannah Arendt, les anciens testaments sont oubliés devant les nouvelles préoccupations mondiales (la paix et la fortune). Ainsi la tradition se perd progressivement alors qu’un nouveau monde en vue se dresse sur le chemin des hommes. Voilà pourquoi les hommes sont perturbés durant l’après-guerre : accablés et émus du passé mais peu préparés à affronter l’avenir et à lui écrire de nouvelles traditions.

 

La préface d’Arendt illustre bien son livre où elle s’évertue à étudier l’histoire de la philosophie et des idées du XXème siècle autour des thèmes liés de la tradition, de la liberté et de l’autorité.

 

Mais qu’en penserait Forrest Gump ?

Que penserait-il de la prévision, de la tradition, de l’éphémère et du contingent ? Lui, qui est passé de Charybde en Sylla, surfant sur son odyssée de manière complètement incontrôlée.

Forrest Gump reprend toujours les propos de sa mère qui l’aimait tant malgré son handicap mental : « La vie c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ».

 

Elle lui disait surement cela afin de le protéger de la frustration de n’être pas satisfait des résultats des courses. Or, lorsque l’on voit son indifférence naïve et innocente tout au long du film, on assimile bien qu’il a compris la leçon.

Car dans ce conte réalisé par Zemeckis, Forrest enchaîne les opportunités et les aventures. Sa vie se porte ainsi même fidèlement garante de l’histoire des Etats-Unis des années 50 aux années 80.

Sous le regard tendre et enfantin de Forrest, on comprend que ce ne sont pas les traditions mais bel et bien le fruit du hasard qui amène à ce que les événements les plus plus graves et importants aboutissent.

Inconsciemment, Forrest invente la danse d’Elvis, crée le Smiley, finance Apple, inspire Imagine à Lennon et dénonce le Watergate. Il rencontre par la même occasion de nombreuses personnalisées et écrit l’histoire presque sans s’en rendre compte.

forrest-gump-with-president-john-f-kennedy

Mais même si Forrest Gump ne se rend pas forcément compte de tout ce qui arrive autour de lui, il fait l’expérience d’une chance inouïe dans son parcours, lui permettant notamment de s’en sortir avec une balle dans la fesse.

Son parcours montre bien que le monde moderne est en rupture après la Seconde Guerre Mondiale.  En ces temps là, les traditions ne furent plus respectées et commencèrent à être oubliées tandis que les hommes reforgeaient le monde à leur manière.

 

Si Hannah Arendt voyait le film, peut-être consentirait-elle à penser que lorsque la tradition s’affaisse, il ne reste plus que bonne fortune afin de dicter les actions des hommes et de leur faire participer à des « trésors » qu’ils ne peuvent prédire.

 

 

Sources et références :

Zemeckis, R. (1994). Forrest Gump. [Enregistrement vidéo]. Etats-Unis : Paramount Pictures.

Arendt, H. (1972). La Crise de la culture. Paris : Gallimard.

Arebdt, H. (1961). Between Past and Future. New York City : Viking Press.

Char, R. (1943-1944). Feuillets d’Hypnos.

Photographie : images extraites du film

Toujours plus

Hannah Arendt est une philosophe américano-allemande, principalement connue pour ses oeuvres sur le totalitarisme, l’activité politique et la modernité.

La modernité sera le thème abordé aujourd’hui. En effet, dans son oeuvre La Crise de la culture, l’auteur aborde le fait que plus l’on va loin dans la technologie et dans tout autre domaine, plus on perd l’essence même de l’homme.

Le film I-Robot, réalisé par Alex Proyas, montre une société futuriste où l’homme crée des robots pour qu’ils « l’assiste ». En effet, trois lois leur sont destinées; la première dit qu’il ne peuvent porter aucune atteinte à un être humain, la seconde présente le fait qu’ils doivent obéir à tout ordre d’être humain et la troisième dit qu’il faut que les robots protègent leur existence, sans pour autant transgresser aux autres lois.

Ici, on peut faire le lien avec les propos d’Hannah Arendt. En effet, dans ce film (pour ne pas spoiler), un robot nommé Viki tente de prendre le contrôle global des humains en utilisant d’autres robots, lesquels n’hésitent pas à transgresser les lois leur étant adressées.

Cet exemple donne une parfaite illustration des propos de l’auteur. À force de vouloir contrôler, inventer, innover, l’homme perd son essence même. Il crée des machines pour tout et veut conquérir tout ce qui sera en son possible.

oublions la conjugaison

Hannah Arendt, philosophe allemande et américaine du XXème siècle. Selon elle sa profession fait « professeur de théorie politique » et non philosophe.

En s’interessant sur la conquête de l’espace par l’homme, Arendt en est arrivée à dénoncer l’orgueil de l’homme, qui pourrait le mener à sa perte. La science moderne et l’homme vont créer et créent déjà deux cultures différentes créant ainsi un fossé faisant donc directement obstacle à une mixité. D’un côté des savants caractérisé d’ordinateur du fait de leurs connaissances et de l’autres les hommes  ne comprenant pas toutes les choses expliqués par les chercheurs (majeure partie de la population).  Dans la conquête de l’espace pour elle les savants vont trop loin dans leur recherche, elle suppose qu’il serait bon pour l’homme de ne pas TOUT savoir. A cause de tout cela  on pourra perdre l’essence même de l’être humain, si l’on va trop loin dans la technologie, elle pense que les mathématiques prendrait l’avantage sur le langage.

Transhumanisme et singularité technologique : la peur d’Arendt prend forme.

 

La philosophe politique Hannah Arendt, connue pour son ouvrage majeur Les Origines du totalitarisme où elle décortique le fonctionnement de ce type de régime, qu’elle a vu naitre puis fui, en tant qu’allemande juive des années 30, a aussi analysé la décadence culturelle de son siècle dans La Crise de la culture. Elle exprime notamment dans cet ouvrage sa peur de voir la technologie, déshumanisée par une science qui met l’Homme hors de la nature, nous dépasser. Elle écrira ainsi : « Notre capacité actuelle à conquérir l’univers est due à notre aptitude à manier la nature d’un point de l’univers extérieur à la terre. »

Quelles pourraient être les conséquences d’une telle constatation ?

Continuer la lecture de Transhumanisme et singularité technologique : la peur d’Arendt prend forme.

Partage des connaissances

Hannah Arendt explique qu’un faussé de connaissance s’est créé entre les « savants » et les « profanes ». En écoutant l’exposé qui portait sur elle, je n’ai pu m’empêcher d’être déçu qu’elle ne puisse pas concevoir que ce faussé puisse se restreindre et même s’était restreint.

votre-cerveau

En effet, entre le moyen-âge et notre époque moderne, les « profanes » et les « savants » ne sont plus autant éloignés par leur niveau de connaissance. Le faussé va même continuer de e restreindre, en particulier avec l’avènement d’Internet qui permet un formidable accès aux connaissances.

Les « profanes » ont donc de nos jours accès à autant de connaissance que les « savants » mais n’ont pas forcément accès à leur compréhension.  Avec le temps et l’éducation les « profanes » auront une meilleur compréhension des connaissances. Même si les « savants » augmentent le nombre de connaissances humaines, les « profanes » les comprennent de plus en plus vite, de manière exponentiel.

C’est pour ceci que je trouve Hannah Arendt pessimiste, même si elle ne pouvait se douter de l’arrivée d’Internet, je trouve qu’elle n’a pas grande foi dans le genre humain. Le capital culturel est le seul capital qui peut se partager infiniment contrairement aux capital économique par exemple. Son partage s’inscrit dans la continuité de l’Histoire, nos populations sont de plus en plus instruite et donc ont de plus en plus accès aux connaissances. Le faussée entre « savants » et « profanes » est donc, à très long terme, amené à disparaître.

Apollo 11 : repousser les limites de la science

Aujourd’hui nous allons étudier un axe d’analyse en lien avec les idées de Hannah Arendt, la conquête spatiale avec la réussite de la mission Apollo 11 comme marqueur d’une écrasante avancée scientifique sur l’époque moderne.

Hannah Arendt philosophe allemande du XXème siècle connue pour ses travaux sur la politique et la modernité sort en 1961 un ouvrage intitulé « la crise de la culture ». Dans son oeuvre, la philosophe allemande va s’interroger sur la modernité et l’impact de l’avancée de la science voulant traverser l’infini (notion de voyage spatial) et découvrir l’infiniment petit. En effet elle met en opposition des classes gouvernés par les hommes de savoir voulant repousser les limites du connu pour voir plus grand et avides de pouvoir intellectuel (connaissance).

En 1969 de Cap Canaveral est lancé la mission spatiale Apollo 11, à bord 3 astronautes ayant pour but de marcher sur la lune. Auparavant  en pleine période de guerre froide l’URSS et les Etats Unis sont entrés dans une guerre de l’espace. A la fin de la seconde guerre mondiale des scientifiques allemands sont recrutés par les deux camps et se lancent dans le projet fou de partir conquérir l’espace. Commence alors une course effrénée entre 1957 et 1969 entre les deux grands, le but étant de montrer sa suprématie aussi sur ce domaine mais aussi de repousser les limites humaines et partir à la conquête de l’univers. De nombreuses missions américaines comme soviétiques sont menées, en 1957 Laika une chienne russe est envoyée dans l’espace, puis en 61 le premier chimpanzé est envoyé suivi du premier homme russe Youri Gargarine. Le président Kennedy annonce le 25 mai 1961 qu’un homme posera le pied sur la lune avant la fin de cette décennie. La machine est lancée, pour les scientifiques il est question de repousser encore plus loin et aider par des budgets faramineux, la mission est menée à terme le 21 juillet 1969 par les deux astronautes Neil Armstrong et Buzz Aldrin. Les Etats Unis s’imposent en maître sur le domaine spatial.
Depuis quelques années maintenant la question que se posent les scientifiques est bien plus avancée, en effet ceux ci explorent davantage à la recherche d’exoplanète (on peut penser aux planètes de la fiction Star Wars qui sont toutes des exoplanètes répertoriées.), d’autres formes de vies, d’implantations sur Mars… L’homme scientifique dans son évolution est avide de connaissance, il repoussera les limites afin de s’imposer mais ne vas t’il pas trop loin dans sa soif de savoir, le cinéma n’est’il pas un bon exemple des catastrophes possibles ou de retournement de situations avec aussi les avancées technologiques (robots, intelligence artificielle…), l’homme veut malheureusement créer un univers à son image sans prendre conscience qu’il s’autodétruit. L’univers est la création mais aussi la destruction.

Afficher l'image d'origine

 

l’amour contre la science

La science, très bonne et très mauvaise, fait perdre toute la magie de l’humanité. En effet, s’il parait que fait un bac scientifique ouvre toutes les portes, il en ferme d’autres inconsciemment : les portes de la magie.

La science est un domaine fondé par l’homme, qui mènerait presque à sa propre perte. C’est la philosophe Hannah Arendt qui affirme ces propos dans un passage de La Crise de La Culture : La conquête de l’Espace et La Dimension de l’Homme. Ici, elle différencie l’homme « ordinateur » et celui qui va contre celui-ci. L’homme ordinateur cherche toujours plus loin, tandis que l’autre cherche simplement à vivre avec la vie qu’on lui a donné.

Vivre aujourd’hui ne signifie pas atteindre des nouveaux objectifs pour l’humanité, mais profiter de la vie qu’on nous a offert. On doit tous mourir un jour, et certains humains ne profitent pas de cette vie pour chercher à la rallonger plus et plus. L’humain a perdu son aspect anthropomorphique : on perd l’être humain et ce qu’il est.

La science fait perdre cette magie de l’inconnu. La magie de la naissance et de tout ce système est perdu à cause des recherches profondes effectuées dessus et dévoilées.

L’amour est l’exemple parfait de ces propos : l’amour est magique, car la plupart des gens ignorent sa provenance, ce qui le rend extraordinaire et magnifique. L’amour incarne l’humanité en profondeur. Un être qui n’éprouve pas d’amour est rare et ne semble normal pour personne.

Comme morale, on retient qu’il faut arrêter de sans cesse vouloir aller plus loin, et vivre la vie comme elle est.

Où est la frontière entre objet de culture et objet de consommation?

Afficher l'image d'origine

Hannah Arendt  née à Hanovre le 14 octobre 1906 est une philosophe allemande naturalisée américaine. Elle est connue pour ses travaux sur l’activité politique, letotalitarisme et la modernité.

Prenons l’exemple du cinéma. On peut aujourd’hui parler de l’industrie du cinéma. Ce qui été à la base un objet culturel devient un objet de consommation. Il doit être renouvelé sans cesse comme le montre la trilogie le Hobbit. Les producteurs ont décidé de produire trois films au lieu de deux ce qui aurait été largement suffisant narrativement. Seulement même si cela nuit aux films ils ont décidé d’en produire trois pour augmenter leurs chiffre d’affaire. En se renouvelant constamment ils détruisent leurs caractères durables et symboliques d’une époque. (Pirate des Caraïbes, pas besoin d’en faire un quatrième et cinquième de mon point de vue)

Annah Arendt critique cela dans son livre intitulé “La crise de la culture” Elle dit que les hommes dans la société moderne, libérés du travail ont plus de temps pour les loisirs. Or avant il était utilisé pour acquérir une meilleur position sociale par exemple.

L’art a pour simple but d’apparaître alors que les loisirs doivent satisfaire un besoin. On ne verra jamais dans la rue autant de publicités pour la nouvelle exposition d’art moderne que le dernier Avengers par exemple. Les moyens dégagé ne sont pas proportionnels. Les œuvres ne sont pas fabriqués pour être utile à la société, ainsi elles le peuvent êtres consommées.

Réserve d’organes

Le monde doit il toujours aller plus loin ?

hqdefault

Le film The Island (2005) de Michael Bay propose d’imaginer que serait le monde s’il existait une assurance vie qui serait sous la forme de clones. Chaque clone correspond alors à un individu en particulier et lui sert de réserve d’organe en cas d’accident. Nous évoluons aux cotés des clones sans savoir leur origines, ils semblent seulement être les seuls survivants d’une catastrophe naturelle et sont par conséquents enfermés dans un bâtiment. Le film dénonce  l ‘égoïsme et  la cruauté des « vrais »  humains qui considèrent que les clones sont que des vulgaires machines et n’ont aucune pitié envers eux. Ils n’ont pas de d’intérêt pour le monde à par faire vivre d’autres personnes. Le spectateur est alors touché et ému par le destin de ces personnes condamnées à mourir sans avoir vraiment vécu.

Continuer la lecture de Réserve d’organes

The Man in the High Castle : une uchronie peu représentative de son totalitarisme ambiant

The Man in the High Castle est une mini-série uchronique produite par la récente plateforme vidéo d’Amazon : Amazon Instant Video. Il s’agit de l’adaptation du roman Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick, publié en 1962.

Continuer la lecture de The Man in the High Castle : une uchronie peu représentative de son totalitarisme ambiant