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Dismaland, une représentation sarcastique de la société capitaliste

Né d’un mouvement culturel à la fin des années 60, le street art est devenu aujourd’hui un art à part entière qui garde l’idée de défendre une cause ou de se révolter contre la société en place. Actuellement le street art reste interdit en France sous peine d’amendes (Blek le rat en ayant fait les frais à de nombreuses reprises dans les années 90).

Banksy est aujourd’hui un des street artistes les plus engagés dans son art. Avec son utilisation de pochoirs à travers le monde, l’anglais nous livre un véritable combat. Il a pour habitude de dénoncer la société de consommation capitaliste libéral.
Un de ces plus gros projets reste encore cette oeuvre éphémère de 2013 : Dismaland. Une dystopie du produit de la société du spectacle de Disneyland.
A travers les thèmes d’actualités, l’auteur de cette gigantesque oeuvre à quelques kilomètres de Bristol, sa ville natale, prouve que cette oeuvre est un moyen immersif de prendre du plaisir et de comprendre les vrais enjeux et non de se laisser avoir par la simple marchandisation de l’art ou des biens. Par exemple, plusieurs activités sont proposées comme la pêche aux canardes, du moins aux boat people qui permet de sauver de manière fictive des réfugiés.

Guy Debord, grand écrivain, cinéaste et révolutionnaire français publie en 1967, La société du spectacle, un essai pour le moins pertinent puisqu’il connaîtra un franc succès après les révolutions de mai 68.  Dans cet ouvrage, vient dénoncer entre autres la marchandisation des biens en ce qu’il appelle une société spectacle, tout est alors basée sur l’industrialisation et le marchandisage.

« Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles.  »

Disneyland peut donc être considéré comme cette société du spectacle avec la capitalisation de ses biens à travers le monde, l’ouverture de plusieurs parcs immenses, flouant notre conception de la réalité. 

Dismaland, busement park est donc plus qu’une simple oeuvre de l’artiste Banksy, elle permet la réflexion sur les priorités sociales et contemporaines. De plus l’artiste prouve encore à quel point il est possible d’organiser un évènement artistique majeur sans l’utilisation d’argent public et l’idée de but lucratif est écartée car la plupart sont bénévoles ou d’autres artistes venant aider leur partenaire dans sa cause.

Le Street Art, nouveau langage de la rue

Le street art, graffiti, pochoirs, art de rue sont apparus en masse dès les années 60 mais existent depuis les temps anciens, plus considérés comme de la peinture murale. Ces inscriptions prennent une valeur historique et significative, elles nous dévoilent un message politique, religieux, ou personnel. Aujourd’hui cet art de rue, considéré comme illégal tant à une dénonciation de certains événements, on peut penser à Banksy qui, l’été dernier, a sorti sa visualisation du parc Disneyland appellé Dismaland “life isn’t always a fairytale”.
Apparu depuis les années 60 et en masse aux Etats-Unis dans les quartiers pauvres de New York, le graffiti est d’abord un moyen d’expression pour les jeunes de la rue qui voient à travers leurs représentations murales un refus du système et une liberté d’expression.

On peut donc associer ces arts aux idées du sémiologue américain Roman Jakobson sur les fonctions du langage. En effet il va associer différentes fonctions au langage :

La fonction référentielle celle du contexte

La fonction expressive qui exprime les sentiments de l’auteur

La fonction poétique comme message principal transmis, la forme du texte devient le message principal

La fonction métalinguistique, l’objet du message
La fonction phatique, mise en place et maintien de la communication

 

A travers le graff et le street art, les artistes expriment des idées et veulent transmettre un message. Prenons un exemple pour paraître plus clair dans mes propos.

 

banksy

Banksy, auteur de cette oeuvre a pour habitude de représenter des soldats qui montrent son investissement dans l’antimilitarisme et la dénonciation de la guerre. Il mêle avec humour et poésie, à travers ce pochoir, une dénonciation de la politique de guerre et d’armement des sociétés capitalistes (autre thème qu’il dénonce dans d’autres oeuvres).

Ici, on comprend directement les sentiments de l’artiste et son combat contre la guerre. Ces deux soldats graffant assez discrètement un symbole de paix et d’amour.
L’objet de cet art de rue est de faire passer un message pour certains ou d’embellir les villes souvent ravagées pas la pauvreté, la misère et la guerre. On peut penser aux tags en Amérique du Sud dans les quartiers malfamés ou encore à Johannesburg. A la base lancé comme un mouvement de rébellion et d’anticonformisme au système, le street-art est aujourd’hui considéré comme un art à part entière, symbole d’une lutte pour la liberté d’expression puisqu’il est illégal encore en France (on peut penser à Blek le rat) et de dénonciation.