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Jean Baudrillard, Hyper-Réalité et craintes. Mass Media 6/9

Gourou, philosophe, poète, on ne le sait pas. Il se définissait comme un penseur, et est décrit comme « théoricien de la société contemporaine ». Jean Baudrillard, un français, est l’auteur de vastes réflexions dans des domaines différents. Il critique aussi la société de consommation, mais refusait de se donner une quelconque couleur politique.

« Simulacres et simulations« , daté de 1981, est l’ouvrage sur lequel nous allons nous pencher ici, il est l’auteur qui conceptualise « L’Hyper-Réalité ». Ici se pose une question cruciale, la question de la distinction entre imaginaire et réalité.

De nombreuses œuvres ont traité de ce sujet, telle que « Alice in Wonderland » (« Alice au pays des merveilles »), de Lewis Carroll. L’écrivain britannique met en scène Alice dans un monde où les lois de la physique n’ont pas cours, traitant de la notion de réalité, et d’imaginaire surtout. Le domaine des rêves est aussi intéressante, le principe de rêve lucide coïncide bien avec ce sujet.

La question est d’actualité, car en effet la réalité virtuelle ne cesse de prendre de l’importance : De nombreux jeux vidéos tentent au mieux de reproduire la réalité, quel que soit leur genre : Simulations en tous genres, jeux de sport, de guerre, les ennemis et intrigues, ainsi que les PNJ (Intelligences artificielles qui interagissent avec le héros), se doivent d’être de plus en plus réalistes. Ces simulacres de vie posent la question des intelligences artificielles.

Ces questions éthiques sont de plus en plus préoccupantes.

La théorie du complot ou la liberté de se sentir illusionné

 

)Il est courant dans l’esprit de l’homme de se demander s’il est pris au piège quand il ne semble pas l’être. Si une quelconque forme de pouvoir le nuit en lui faisant croire des choses qui sont fausses, en l’immergeant dans une illusion.

Descartes s’est lui-même tellement demandé cela qu’il s’est mis à douter de sa propre conscience, de sa propre existence et s’est enfermé seul dans sa maison pour y réfléchir pendant de longs moments. Sa pensée logique en a conclu que même si une quelconque forme d’esprit « diabolique » pouvait le plonger dans l’illusion la plus totale, le simple fait qu’il essaie de le faire prouve que Descartes existe car on cherche à le nuire en tant que personne.

La question que je me pose est : si l’on fait le postulat qu’on est trompé, doit-on se sentir malmené ou ne peut-on pas l’appréhender en fonction du bonheur que l’on a et du bonheur qu’on donne : la seule finalité qui compte vraiment.

Baudrillard est un écrivain qui fut en vogue dans la créativité des artistes aux Etats-Unis car il émit de nombreuses théories en rapport avec l’illusion dans la société de manière assez provocatrice. Selon lui, nous vivons dans des simulacres, c’est-à-dire dans des simulations que nous nous faisons qui sont bien réelles et modélisés par l’homme mais qui remettent en cause la différence entre le vrai et le faux.

Le monde est élargi à une vision abstraite hyperréaliste où tout est signes, pertes de repère s et modèles orchestrés dans une disposition gigantesque à la simulation, c’est-à-dire à la « substitution » du réel par des signes du réel.

On peut voir cela dans le célèbre Matrix : la matrice est un programme informatique modélisés de signes qui illusionne des humains afin qu’ils croient vivre une vraie existence dans les années 90 alors qu’ils sont en réalité utilisés en pâture dans un monde post-apocalyptique où règnent des machines.

Dans l’idée, Néo et sa bande se batte pour leur liberté, pour la vérité mais surtout pour sauver la véritable humanité du contrôle des machines.

Mais un personnage n’a pas les mêmes préoccupations. Cypher connait tout de la matrice et sait que c’est un leurre mais préfère y rester afin de vivre sur une terre enrichie de plaisir plutôt que de vivre dans son monde actuel en désolation. Cela est moral, mais ce qui ne l’est pas, cher Cypher, c’est de dénoncer ses amis afin de pouvoir devenir riche sur Terre dans la matrice.

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Je pense qu’il ne faut pas voir le monde partout, et que toute illusion n’est pas forcément un mal en soi, que l’on peut l’accepter. La recherche de la vérité est un idéal pour tout homme qui croit en la justice. Mais la quête du bonheur est une nécessité pour tous.

 

 

Sources et  références :

Wachowski, L. Wachowski, L. (1999). Matrix. USA : Warner Bros,
Village Roadshow Pictures, Groucho II Film Partnership, Silver Pictures.

Préférez vous la copie, ou la réalité ?

Au regard de la situation actuelle et du contexte médiatique d’aujourd’hui, il semble pertinent de se poser la question : peut-on croire les médias ?

Pour Jean Baudrillard, proclamé chef de file du postmodernisme, ce n’est pas le manque d’accès aux informations qui leur fait perdre leur sens, mais la prolifération de ces images qui les rend dures à croire.
En fonction d’ou vous allez chercher vos informations, vous pouvez trouver des preuves que le réchauffement planétaire n’a en fait pas lieu, ou n’est en fait pas un réel problème, que Paul McCartney est mort, ou que le 11 septembre était un coup monté. Si vous cherchez assez, vous pouvez trouver des preuves du contraire de la plupart des évènements mondiaux. Ces interprétations multiples ne rendent pas le monde inaccessible, c’est l’explosion d’informations, d’évènements qui rendent la compréhension du monde quasiment impossible.
L’objectif d’une caméra rend chaque image suspecte, la guerre est réduite à un théâtre, la maladie au telethon, la faim en couverte de magasine… Cela peut rendre le plus horrible évènement possible questionnable, chaque image peut être truquée, recrée, simulée, à des fins politiques ou commerciales. Il y a des centaines de chaines de news, toutes en compétition pour des spectateurs, des abonnés…

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Les médias et la publicité opèrent sur la même longueur d’onde et le résultat est que la ligne entre réalité, marketing et journalisme est quasiment impossible à discerner. Les médias et la publicité ont pour but de nous faire rester assis sur notre canapé, c’est la vente d’un mode de vie, une promesse d’accès à la vérité, c’est pourquoi les journalistes vont sur les lieux lors d’un crime, sur le front lors d’une guerre ou encore sur la place lors d’un ouragan, tout cela sont des images spectaculaires prêtes à êtres consumées.

Ils diffusent des histoires d’évènements réels, mais en empêchant aux spectateurs d’avoir accès au monde réel, les médias créent une copie de l’évènement, un non-évènement qui est facilement accepté par notre société, habituée à la consommation et à la publicité.

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Pour Baudrillard, nous sommes complice de cette désinformation, les gens choisissent volontairement la distraction, les masses veulent être dupées, distraites de la réalité de leurs vies. En simple : nous préférons la copie de la réalité.

Cachez ces penseurs que je ne saurais voir.

Le semestre qui vient de s’écouler fut marqué par un cours à l’intitulé mystérieux : nous devions y étudier les « modèles théoriques de la communication de masse ».

Marshall McLuhan, le canadien

Je repars de ce cours avec la découverte d’une grosse dizaine de penseurs dont je n’avais jamais entendu parler. Benjamin, McLuhan, Kracauer, Adorno, Marcuse (dont j’ai acheté et prévu de lire L’homme unidimensionnel), Baudrillard ou Lipovestsky me reviennent en tête au moment d’écrire ce billet.

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Les Etats-Unis, maître de l’illusion et des faux semblants

En 1974, le président Richard Nixon démissionne de ses fonctions en raison de son implication dans l’affaire du Watergate. En effet des journalistes du Washington post et un indic mystérieux font tomber le voile de la vérité sur une affaire d’espionnage des plus douteuses.
Impliqué dans le scandale, Nixon quitte la présidence après sa réélection de 1972, 2 ans plus tard.

En 1947, est créée la plus grosse agence de renseignements au monde :  la CIA.
Celle ci va jouer un rôle dès sa création dans les affaires internationales, notamment en Amérique du Sud.
En plaçant des hommes de confiance à la tête de certains pays comme Cuba avec Baptista ou encore Noriega au Panama, qui sera jugé dans les années 90 pour traffic de drogues et meurtres.

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A la base double agent de la CIA, Manuel Noriega se retrouve piégé par les serres de l’aigle impérialiste Américain, lorsque celui ci fait importer illégalement des tonnes de cocaïne sur les côtes floridiennes. Cet exemple montre bien à quel point les Etats Unis sont maîtres de l’illusion et dresse un portrait de la première puissance économique aujourd’hui, tandis qu’ils sont aussi en partie responsable de certains problèmes politiques, religieux (CIA en Afghanistan dans les années 80, formant les premiers talibans) mais aussi sociaux (réouverture du blocus Cubain détruisant d’ici peu la culture de l’île au profit de la marchandise et du rapport bénéfique qu’ils vont pouvoir à nouveau en tirer).

L’exemple dernier est bien entendu la première visite d’un président américain Barack Obama au Japon, à Hiroshima pour la commémoration des attaques à la bombe nucléaire 71 ans auparavant. Première visite en 71 ans dans une ville encore bien meurtrie par les actes perpétués.
« La mort est tombé du ciel », annonce-t-il. Les japonais attendant cet évènement avec impatience, sont heureux de la prise de décision mais reste marqué surtout lorsque Barack Obama n’apporte aucun éclairement sur l’utilisation du nucléaire durant son mandat.

L’hyperréalité d’un compte Facebook

Baudrillard expliquait que nous vivions dans une société de surconsommation d’image. Cette surconsommation d’image entrainait une rupture avec la réalité car une image n’est pas le reflet du monde mais déjà une interprétation.  Dans ce sens, un compte Facebook est l’apogée de cette hyperréalité comme l’appelait Baudrillard.

En effet, Facebook est une mise en scène de sa vie, je vais m’arrêtez ici seulement sur la publication de photo. Lorsqu’on publie une photo sur Facebook, on attend un jugement de cette photo par notre communauté. On recherche le « J’aime » (et maintenant plus avec les nouveaux émoticônes) pour jauger la popularité d’une photographie.

Dans cette logique, les photos Facebook deviennent des mises en scène de la vie, nous éloignant toujours plus de la réalité. Une autre réalité (hyperréalité) apparaît alors. Qui n’a jamais scruter le compte Facebook d’une personne pour en apprendre plus sur elle et se rendre compte que la réalité était bien éloigné. Même moi j’ai été le premier en début d’année scolaire à espionner le compte Facebook de mes camarades en croyant en apprendre plus sur eux, mais je m’étais trompé.

 

Exploration urbaine

« Derrière la plupart des images, quelque chose disparaît, quelque chose d’unique. » écrit Baudrillard. Selon le philosophe, sociologue et photographe, les images contrôlent notre vision en nous donnant l’impression d’une réalité. Elles reflètent l’absence de ce qui est montré. Par le biais de la photographie, le monde réel disparaît. Il n’a plus d’odeur, plus de relief, plus de poids. Plus d’espace ni de temps, il est figé dans une sorte de souvenir qui est faux.

Baudrillard tout comme Roland Barthes, dans La Chambre Claire, évoque la photographie comme étant, d’une certaine manière, la mort du réel. Par le biais de cet art, la réalité disparaît, elle est transformé, l’instant photographié est déjà passé. Par la photographie mais aussi, par le cinéma, nous sommes entrer dans l’air de l’hyper réalité. L’individu confond aujourd’hui le réel avec sa représentation, c’est à dire le simulacre. (photographie, vidéo, film etc)

« Il ne s’agit plus d’imitation, ni de redoublement, ni même de parodie, mais d’une substitution au réel des signes du réel.  »Jean Baudrillard, Simulacres et Simulations (1981)

 

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Beauté réelle et imaginaire

« L’hyperréalité » est, d’après Baudrillard, la façon dont la conscience perd toute notion de réel ou d’imaginaire. À cause de cela, elle s’engage dans l’imaginaire sans forcément avoir de recul sur ce qu’elle fait. C’est à ce moment là qu’elle s’inscrit dans l’hyperréel.

L’hyperréel est un fait une amélioration de la réalité opérée par la société de masse sur la population. L’exemple de la publicité est la plus flagrante. En effet, les images qu’elle emploi ne sont que des prototype de ce que la société veut que l’on soit.

Par exemple, les images présentes dans les publicités sont pratiquement toutes retouchées par photoshop. Les plus flagrantes sont celles reprenant le culte de la femme. Celles-ci montrent un portrait type de la femme séduisante de notre époque. Elle projette l’image d’une femme « parfaite » (selon les critères de la société), ce qui influence la pensée de la population. 

Voyant ces publicités au quotidien, le peuple se fie à ces images et ne fait pas la distinction entre la réelle beauté d’une femme qui n’est pas conditionnée par des critères, et la beauté que nous renvoie les médias de masse.

#instasouvenir

Je suis tombée tout à l’heure sur cet article de Vice sur “l’art” de la photo, et sur ce phénomène grandissant où tous les détenteurs de smartphone avec un appareil photo digne de ce nom s’improvisent plus ou moins artistes à travers le réseau social aux 400 millions d’utilisateurs qu’est Instagram.

L’article en question : http://www.vice.com/fr/read/je-ne-pige-rien-a-instagram

Je ne partage pas forcément la vision de l’auteur sur la critique qu’il fait du réseau, mais une phrase en particulier a retenu mon attention, quand le journaliste dit “C’est comme si on nous disait de ne pas nous fier à nos propres souvenirs.” lorsqu’il pointe du doigt le besoin qu’on les  gens en général de tout prendre en photo. Par là, on peut entendre que l’individu est perdu dans sa propre réalité.

Entrée

On peut lier cette idée à la pensée de Jean Baudrillard qui écrit Simulacres et Simulation en 1981. Dans cet ouvrage, il introduit et définit le terme de “simulacre” en expliquant qu’il remplace le sujet auquel il se rapporte. En ce sens, il est possible de relier ce point de vue avec le lien photo/souvenir qui se mélangent. Lequel représente la réalité, lequel est vrai ? Un souvenir il n’y a rien de plus réel, mais il peut s’oublier, et dès lors il est impossible à rattraper, une photo, c’est immortel.

Je finirais en citant un passage du chapitre “La précession des simulacres” qui traite donc de l’image :

“Telles seraient les phases successives de l’image:

    1. elle est le reflet d’une réalité profonde
    2. elle masque et dénature une réalité profonde
    3. elle marque l’absence de réalité profonde
    4. elle est sans rapport à quelque réalité que ce soit : elle est son propre simulacre pur.

Dans le premier cas, l’image est une bonne apparence – la représentation est de l’ordre du sacrement. Dans le second, elle est une mauvaise apparence – de l’ordre du maléfice. Dans le troisième, elle joue à être une apparence – elle est de l’ordre du sortilège. Dans le quatrième, elle n’est plus du tout de l’ordre de l’apparence, mais de la simulation.”

Pour imager, on peut associer ces quatre étapes à ce qu’il se passe quand on prend une photo pour immortaliser un moment jusqu’à celui où on va la poster sur un réseau après l’avoir modifiée, arrangée. Pour ceux qui vont la voir, elle est effectivement de l’ordre de l’apparence et ne représente rien.