Archives pour l'étiquette Birdman

L’esthétique du scrolling

Siegfried Kracauer était convaincu que l’on pouvait comprendre une époque en étudiant les films qu’elle produit.

Notre époque semble être celle du tactile (cf. les analyses de McLuhan et Baudrillard sur notre époque digitale/tactile), et même celle du scrolling.

Le scrolling, c’est la pratique consistant à faire glisser sous ses doigts ce qui s’affiche sur un écran tactile.

Pour « faire glisser » quelque chose du bout des doigts, il faut que les surfaces en contact soient lisses, homogènes, évidentes, formatées. Le complexe, l’irrégulier, l’ambigu, ce qui ne se réduit pas à 1 et 0, ça glisse mal.

Les films d’Alejandro Inarritu, en particulier ses plus récents, Birdman et The Revenant, sont des produits parfaitement adaptés au scrolling : de longs plans-séquence portés par une steady-cam « glissante », une image sans défaut, un scénario limpide, une symbolique évidente…

The Revenant (Alejandro Gonzalez Inarritu, 2015)
The Revenant (Alejandro Gonzalez Inarritu, 2015)

« Les surfaces les plus lisses sont celles qui prennent le mieux la peinture… » écrivait Louis-Ferdinand Céline à propos des « peoples » de la télévision.

L’hyper-réalité des spectacles


Jean Baudrillard est un philosophe français du XX
ème siècle, dont les pensées ont été connues internationalement et appréciées notamment aux Etats-Unis. Baudrillard dans Simulacres et simulation (1981) aborde le sujet de la réalité. De son point de vue, nous sommes entré dans une ère où le réel a disparu pour laisser place à sa copie, tellement réaliste soit dit en passant, que nous ne percevons pas la différence. Il n’existe plus de référentiel, seulement des substitutions. Il qualifie ce phénomène de crime parfait, car personne ne se rend compte de la supercherie. Il met cela en rapport avec notre système de signes (d’images). Il est en effet de plus en plus présent dans notre quotidien, et ce sont ces images qui nous induisent en erreur car elles sont facilement falsifiables.

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