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Marcuse marque sa cause révolutionnelle

En tant que philosophe, il est avec Herbert Marcuse et Max Horkheimer l’un des principaux représentants de l’École de Francfort, au sein de laquelle a été élaborée la Théorie critique.

En tant que musicien et musicologue, il est représentant de laseconde école de Vienne et théoricien de la Nouvelle Musique. Et c’est en tant que philosophe (esthétique), sociologue, musicologue et musicien qu’il introduit avec Max Horkheimer la notion interdisciplinaire d’industrie culturelle, première traduction en français du titre de l’essai fondateur Kulturindustrie dans La Dialectique de la raison.

La participation d’Adorno à la vie politique de la République fédérale d’Allemagne est marquée par ses désaccords avec la gauche allemande. Se trouve alors mise en cause la possibilité même de son enseignement et de la théorie critique en tant que celle-ci ne serait précisément qu’une théorie de la société, à quoi les étudiants marxistes ou maoïstes opposent l’activisme de la pratique.

Les étudiants ont le sentiment qu’ils sont formés à la théorie critique pour devenir ensuite « des alibis de l’État autoritaire ».

Adorno est pris dans une contradiction, car il refuse de suivre les contestataires, ce qui reviendrait à ruiner la possibilité de la démocratie qui se construit péniblement en Allemagne sur les ruines du national-socialisme, comme il refuse également de faire le jeu des forces réactionnaires en ne reconnaissant pas les raisons du mouvement révolutionnaire.

 

Sources et références :

Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Herbert_Marcuse

Il n’y a pas que des saucisses à Francfort !

Malgré la réputation de cette ville allemande en matière de saucisses, il faut admettre qu’elle a aussi fait chauffer le cerveau de grands esprits. Un groupe d’intellectuels allemands s’est réunit autour de l’Institut de Recherche Sociale à Francfort à la fin des années 20 comprenant par exemple Max Horkheimer, Theodor Adorno, Erich Fromm ou encore Walter Benjamin.

Le courant de pensée les unissant est assez critique : ils travaillèrent sur la philosophie sociale afin de démonter le capitalisme et de montrer l’intérêt du communisme et l’idée d’émancipation des Lumières. Précisons tout de fois qu’ils souhaitaient se détacher du marxisme orthodoxe (Lénine, URSS) et du marxisme révisionniste (Bernstein).

L’intérêt de cet article est de parler de leur critique des médias.

Selon cette école, en gros, l’homme se retrouve confronté à lui-même dans la société et se combat sous la forme de relations entreprise-salariés et gouvernement-peuple. C’est pourquoi le capitaliste est une société inégalitaire où est régie une logique marchande de concurrence qui pourrait être assimilée à une dictature.

Tout cela assermente l’homme, le cadre et l’anéantit dans ses activités et valeurs sans même qu’il le sache. Même ceux qui sont en haut de l’échelle sociale l’ignorent et sont compris dans cet asservissement global.

Les médias deviennent l’outil de communication par excellence pour faire passer des messages, pour propager ses idées de manière implicite à des fins financières ou culturelles. Ils deviennent standardisés afin que leur reproduction technique soit réalisable comme les films Hollywoodiens par exemple.

Dans l’intérêt du capitalisme aux Etats-Unis, par exemple, des films démontent le communisme en montée à l’est.

L’un des films les plus enclin à la propagande capitaliste est The Red Menace, réalisé par Springsteen, un réalisateur qui fut très prolifique à l’époque et qui enchaîna les tournages selon la cadence hollywoodienne.  Sorti en 1949, ce film est avant-gardiste de la Guerre Froide.

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C’est l’histoire de jeunes amoureux engagés dans le communisme qui quittent et s’enfuient de leur parti sous la menace et le commandement autoritaire de leurs leaders.

Selon la vision assez négative de la société capitaliste de l’Ecole de Francfort, on peut réellement se demander si tous les messages passés dans les médias servent l’objectif de faire de l’argent ou de distribuer des principes et idéaux culturels.

Même dans le cas du bénévolat ou de l’écologie, on sait qu’il existe de grands scandales financiers moraux derrière les campagnes éthiques proposées, c’est pourquoi la question se pose.

 

 

Sources et références :

Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Francfort

Springsteen, R . (1949). The Red Menace. USA : Republic Pictures.

Capitalisme : domination ou ambition ?

Herbert Marcuse était un intellectuel allemande du 20eme siècle ayant fait partie de la théorie de pensée de l’Ecole de Francfort. Il est très engagé politiquement et est un des précurseurs de la New Left, une nouvelle gauche rejetant les erreurs du communisme et s’ancrant parfaitement dans le mouvement culturel et social de l’époque : le mouvement hippie des années 60.

Pour lui, la société occidentale empêche de manière volontaire à l’échelle individuel et collectif tout changement social et personnel. Elle veut assurer la pérennité de sa logique capitaliste, c’est une logique de domination.  Cette société va assimiler toutes les forces contraires, illusions d’une liberté de pensée. D’ou le terme d’unidimensionnel. La société ne laisse pas exister ce qui ne s’adapte pas à elle. La société contemporaine se veut démocratique alors qu’elle est sous une logique de domination due à l’industrialisation.

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Seulement, c’est comme en politique aujourd’hui : le discours du « Tous pourris » ne fait pas avancer les choses et est un peu simpliste ; ici dire que cette société est vraiment cruelle, ne laisse pas sa chance aux individus et les prive de liberté est un peu facile. Cette société a de nombreux travers c’est vrai, mais elle offre aussi de nombreux avantages. Jamais dans l’histoire de l’humanité autant de personnes ont pu cohabiter avec des standards de vie aussi haut dans les pays occidentaux. La vie que nous offre le système capitaliste, bien qu’elle soit loin de celle dont chacun rêverait au fond de soi, est une vie très confortable, nous ne manquons de rien ! Des vêtements, de l’eau, de la nourriture, des divertissements, etc… Même sans avoir particulièrement réussi professionnellement, nous pouvons jouir de tout cela, ce qui n’est pas donné dans tous les pays.
Ensuite Marcuse affirme que la société empêche volontaire tout changement social et personnel. Ah bon ? L’ascenseur social est-il vraiment bloqué ou est il bloqué pour ceux qui n’ont même pas envie d’appuyer sur le bouton ? Je ne dis pas que pour réussir il suffit de le vouloir, je dis que tout ceux qui ont réussi le voulait, et on compte une multitude d’histoires d’homme et de femmes partis de 0 et ayant aujourd’hui accompli leurs rêves.

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«  LE VRAI VISAGE DU COMMUNISME »

     Louis Althusser, philosophe français est au XXème siècle un des nombreux membres que contient le parti communiste.

     Si à travers l’histoire l’idéologie communiste a pris une connotation négative, au début du XXème il était tout a fait courant de faire parti de ce parti. Revisitons sa définition même : cette idéologie prône une « formation économique et sociale caractérisée par la mise en commun des moyens de production et d’échange, par la répartition des biens de produits suivant les besoins de chacun, par la suppression des classes sociales et l’extinction de l’Etat qui devient l’administratif des choses ». Comme il est explicité, c’est tout d’abord un ensemble de doctrines qui visent à l’instauration d’une société sans classes sociales.

     Cette idéologie découverte par Marx au XIXème s’est vue très vite écrasée par différentes personnalités. L’exemple le plus revisité est celui des soviétique et du bloc communiste qui a fait l’objet de la Guerre Froide, s’opposant aux Américains, Pays-continent capitaliste,

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mais il s’agit aussi de Mao Zedong, chef du parti communiste chinois, à l’origine du courant maoïsme.

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     Ce qui était avant tout un tout, une union, derrière cette idéologie qui semble pacifique, le communisme cherchait avant tout à détruire la bourgeoisie, à la rendre à néant. La violence a répondu face à la violence, le parti a été rapidement suivi, puis dirigé de manière totalitaire. C’est ainsi que le tout est devenu division.

Althusser, avant tout philosophe, a ainsi voulu revisiter le parti communiste, plus particulièrement marxiste et s’est ainsi rapproché du structuralisme, ainsi, il rejoint étroitement par ses réflexions des chemins de pensée  de Barthes, de de Saussure, de Jakobson.

L’Industrie Cinématographique : Production Reproductive ?

 Depuis La sortie de l’usine Lumière à Lyon des frères Lumières à Autant en emporte le vent de Fleming, c’est-à-dire depuis le premier film jamais réalisé sorti en 1895 à celui de 1939 qui connut le plus gros succès de l’histoire du cinéma avec actuellement 3.3 milliards de dollars américains de recettes, nous remarquons qu’une évolution a pris forme dans l’industrie cinématographique.

En effet, comment comprendre que le cinéma, du cinématographe à la caméra, ait connu une telle évolution, qu’il soit passé du statut d’expérience technologique à celui d’industrie lourde mondialisée ?

Influencé par les théories classiques du Marxisme, Althusser, philosophe associé au structuralisme, se proposa, dans ses Idéologies et appareils idéologiques d’état, paru en 1970, à montrer entre autre comment la reproduction des conditions de production permet d’assurer une production future.

En effet, selon cette théorie classique marxiste, la production future à court terme n’est possible que si l’on réitère ses conditions de production. Il faut savoir, par exemple, remplacer ce qui s’épuise dans une entreprise ou ce qui s’use dans une production, car sinon cela pourrait nuire au futur processus de production.

En fait, sur le long terme, cette théorie s’applique de manière évolutive. C’est-à-dire que si l’on juge à un moment donné que de nouvelles conditions de production sont bonnes, et si on les reproduit alors, on peut changer le processus de production dans le temps. De cette manière, petit à petit, les entreprises s’adaptent, les industries grossissent, les conditions de production changent.

Cette théorie fournit des éléments de réponse afin de comprendre le processus évolutif que connut l’industrie du cinéma.

Au départ, les avancées techniques ont permis aux frères Lumières de créer ce qui est propre au cinéma, c’est-à-dire l’enregistrement vidéo. Puis petit à petit, alors que les technologies liées au cinéma étaient en pleine évolution, notamment par les travaux que mena Thomas Edison dans les années 1890, le cinéma a été utilisé à des fins commerciales, et c’est là qu’il se mit à évoluer.

En effet, il y eu d’abord des court-métrages de Dickson filmant des performances des gens du spectacle. Puis les premiers longs métrages sont apparus comme Le Mari de l’Indienne de DeMille, sorti en 1914. Ceux-ci étaient produits alors dans le berceau Hollywoodien par les premières grandes sociétés de production américaines comme La Fox Film Corporation ou la Goldwyn Picture Corporation. Enfin, le processus de conception d’un film s’est complexifié lorsque les studios eurent recours aux financements extérieurs (banques, particuliers) afin d’augmenter leur budget (décors, figurants, costumes).

Petit à petit, les conditions de productions des films vont changer : les producteurs vont s’adapter face aux attentes du public et changer leur manière de procéder afin de maximiser les bénéfices attendus.

Petit à petit, du cinéma expérimental aux grosses productions hollywoodiennes, un schéma va se mettre en forme dans le processus de création. Conception, pré-production, production, post-production, et enfin distribution : tel est l’ordre que les productions américaines mettront en place et respecteront afin de créer, produire, et faire projeter leurs films.

Ainsi comme l’écrit Althusser, les conditions de production de ces longs métrages sont reproduites dans le temps afin de pouvoir produire de nouveaux films.


Cette théorie marxiste permet donc de percevoir sous un nouveau jour le septième Art. Elle permet de montrer que la conception hollywoodienne d’un film est un véritable travail à la chaîne qui semble parfois se rapprocher d’un capitalisme dont les intérêts sont d’utiliser le matériel artistique à des fins productives.

 

Sources et références :

Lumière, L. (1895) Sortie de l’usine Lumière à Lyon. [Film] Lyon : Société Lumière.

Fleming, V. (1939) Autant en emporte le vent. [Film] Hollywood : Selznick International Pictures, Metro-Goldwyn-Mayer.

Althusser, L. (1970) Idéologies et Appareils Idéologiques D’Etat. [Article]. Publié dans La Pensée à Paris.

DeMille, C. (1914) Le Mari de l’Indienne. [Film] Hollywood : Jesse L. Lasky Feature Play Company.

Photographie : Charlie Chaplin tournant The Gold Rush.

Chaplin, C. (1925). The Gold Rush. [Film.] Etats-Unis : United Artists.

 

Avant de comprendre Althuser, comprendre Marx

Quand on m’a dit que nous allions étudier Althuser, philosophe marxiste, j’ai de suite été enchanté. Je ne le connaissais pas, mais étant moi même marxiste, le sujet portait à mon intérêt. C’est en écoutant l’exposé de mes camarades qu’un constat m’a frappé, la méconnaissance de Karl Marx et de son œuvre par notre génération. Peu importe les opinions, le marxisme est l’un des plus grands courants de pensée de notre époque et sa connaissance me paraît donc primordiale, que ce soit pour le défendre ou le combattre. Je vais donc tenter de présenter les grandes lignes du marxisme, en restant le plus neutre possible.

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Dans un contexte de révolution industrielle et d’émergence du capitalisme, Marx met au point une théorie selon laquelle les travailleurs (prolétariat) devraient se rebeller contre le patronat (bourgeoisie), il appelle ceci la lutte des classes. Marx montre que la lutte des classes a toujours existé dans l’histoire : durant l’Antiquité, les maîtres et les esclaves, au Moyen-Age, la noblesse et le tiers-état (lutte qui a aboutit à la Révolution française par exemple) et à notre époque entre la bourgeoisie et le prolétariat. Cette lutte des classes est le moteur de l’Histoire qui fait avancer l’humanité selon Marx. Voir des esclaves se révolter contre leurs maîtres ou des paysans contre leurs rois nous paraît relativement normal mais alors pourquoi des travailleurs devraient ils faire la révolution face à leurs patrons ? Car ces derniers exploitent leurs salariés selon Marx.

La production est l’articulation de deux facteurs ensemble : le capital (les moyens de production : machines, locaux etc…) possédé par la bourgeoisie, et le travail qu’exerce le prolétariat. Ces deux facteurs sont indissociables l’un de l’autre pour permettre la production. Mais les détenteurs du capital profiteraient de leur position pour exploiter les travailleurs. En effet un travailleur produit plus qu’il ne gagne, son salaire est largement inférieur à l’argent qu’il a fait gagner à son entreprise. Les « vrais » travailleurs, producteurs de richesse, obtiennent moins que leur patron qui lui ne produit rien directement, se contente de faire produire par d’autres, pour ensuite s’accaparer une plus grande part des richesses. Marx y voit une exploitation de la classe travailleuse par la classe dominante.

A ce constat, Marx propose la collectivisation des moyens de production. La propriété privée des moyens de production par une élite créerait l’exploitation, il faut donc que cette propriété des moyens de production soit collective à l’ensemble des travailleurs. Lénine a théorisé cela par les nationalisations, l’état représentant le peuple, si l’état est propriétaire c’est le peuple qui est propriétaire. D’autres, comme Rosa Luxembourg, préconise la possession des entreprises par les travailleurs qui la constituent (comme les SCOP de nos jours). Si les entreprises appartiennent à leurs travailleurs, la logique d’exploitation disparaît et ça permet une meilleur répartition des richesses et un meilleur investissement des travailleurs dans leurs entreprises.

Ce résumé très concis fait des raccourcis et peut parfois être un peu caricatural mais je pense qu’il constitue une bonne base d’information pour comprendre le marxisme. Mes opinions me font bien sûr présenter le problème sous un certain angle mais je pense avoir été relativement neutre dans mon exposition. J’espère avoir été compréhensible dans mon analyse et sur mes intentions (ce n’est pas un article de propagande) et suis évidemment ouvert au débat.