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Cette-fois, ça y est ! C’est la guerre !

François Hollande, le 14 novembre 2015
François Hollande, le 14 novembre 2015

New York, 11 septembre 2001 ; Madrid, 11 mars 2004 ; Londres, 7 juillet 2005 ; Paris, 7 janvier 2015 ; Paris, 13 novembre 2015. Ces dates resteront-elles dans l’Histoire ? Dans plusieurs siècles, si l’humanité étudie encore son Histoire, fera-t-elle référence à ces dates et aux événements survenus alors ? Notre époque en est convaincu : voir un avion s’écraser dans une tour du World Trade Center, c’est vivre un événement historique. Cette-fois, on y est. Ce n’est plus du cinéma. C’est réel. Cette-fois, c’est vraiment la guerre.

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Le Parisien, novembre 2015

Cette sensation d’être témoin d’un événement historique, de voir du « jamais vu », voir soudain du réel et de la mort en direct, d’assister pour de bon au déclenchement de la troisième guerre mondiale, nous sommes tentés de l’éprouver chaque fois que les médias annoncent la survenue d’une attaque terroriste en cours d’exécution. Et puis, les jours suivants, un autre sentiment peut s’insinuer, plus diffus, plus honteux : une sorte de déception… Le jour de l’attentat, nous pensions qu’il y aurait un avant et un après, que désormais plus rien ne serait comme avant, que le monde venait de changer… Ne sait-il rien produit le 7 janvier dernier ? N’était-ce pas l’Apocalypse le 13 novembre dernier ?

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L’Express, novembre 2015

Jacques Derrida définissait l’événement ainsi : « L’événement, l’autre, c’est aussi ce qu’on ne voit pas venir, ce qu’on attend sans attendre et sans horizon d’attente. » Cette conception Freudienne de l’événement nous invite à nous poser plusieurs questions : un phénomène peut-il « faire événement » s’il est attendu ? L’impression de vivre l’Histoire en direct, la guerre en live, être là au moment où le monde bascule, est-elle suscitée par les médias ou par notre désir inconscient ? Désir inconscient de quoi ? Désir de l’événement, désir de la catastrophe, désir de voir, désir de mort en direct… désir de guerre.

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Challenges, novembre 2015

Slavoj Zizek dénonçait l’erreur d’interprétation consistant à voir dans les images des attentats du 11 septembre 2001 « l’irruption du réel dans notre quotidien ». Pour Zizek, c’était au contraire l’imaginaire des films catastrophes hollywoodiens qui faisait soudain irruption dans l’actualité médiatique.

Depuis le 13 novembre dernier, le mot « guerre » est survenu à de nombreuses reprises : dans la bouche du président de la république, en Une de la presse, sur les réseaux sociaux… Posons-nous la question : estimons-nous que la troisième guerre mondiale EST imminente ou DESIRONS-NOUS PLUS QUE TOUT cette troisième guerre mondiale tant annoncée ?

la pub : on la voit tellement, qu’on l’oublie complètement, et pourtant…

Afficher l'image d'origineAh la pub, tellement présente… A l’arrêt de bus comme sur le journal, dans la boîte aux lettres comme dans les réseaux sociaux, la pub présente un « bourrage de crâne » qui génère beaucoup de réflexions humaines, sans forcément que l’humain ne s’en rende compte.

Par quels moyens la publicité rend l’humain inconsciemment « addict » à son objet ?

Barthes est un critique littéraire et sémiologue français qui a beaucoup étudié la publicité, notamment à travers Mythologies. L’article précédent présente le même terme : le langage. Ici, Barthes le présente comme la capacité d’exprimer une pensée et de communiquer au moyen d’un système de signe. Il présente également la sémiologie ainsi que le mythe.

La publicité concentre ces trois idées : elle présente un système de signes qui font passer un message dans son contexte.

Le but de cette publicité est de fixer l’attention d’une cible visée, pour inciter le public viser à adopter le comportement visé. Dans chaque pub, le destinateur choisit, pour son destinataire, quelque chose qui l’attire : par exemple la femme (et oui, la femme est surtout un objet pour la publicité), car pour les hommes, elle est un désir, et pour les femmes, en général, c’est le corps qui est désiré…

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Mais il n’existe pas uniquement la femme, par exemple la pub evian « live young » donne le désir de se sentir jeune, et de plus, la publicité vidéo donne un sentiment de folie, de jeunesse et est assez recherchée.

 

C’est donc en faisant passer un signe, désiré par le destinataire, que celui-ci retient inconsciemment l’objet de la publicité.

 

 

Billy & Butler

Judith-ButlerJudith Butler est une philosophe féministe américaine, connue pour ses positions audacieuses. Ses raisonnements exprimés à travers des mots ardus mais soigneusement choisis empruntent parfois des sentiers inhabituels.

Dans son dernier livreVers la cohabitation: Judéité et critique du sionisme la philosophe précise la distinction entre le sexe (naturel, biologique) et le genre (social, construit) et enfin le désir (ou la sexualité).

La philosophe montre qu’il n’y a pas de lien nécessaire entre ces trois pôles : on peut-être femme au niveau biologique, mais s’inventer un genre d’homme et ressentir un désir homo, hétéro, bi ou même asexuel. Pour elle, si notre identité sexuelle est un rôle social, libre à nous de l’interpréter à notre guise. Continuer la lecture de Billy & Butler