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mommy : message du medium

LIBERTEE

Mommy est un film québécois de Xavier Dolan sorti en 2014. Il raconte l’histoire d’une mère qui récupère son enfant et doit l’élever seule en sachant qu’il a le trouble du TDAH.

Le message que veut faire passer Xavier Dolan à travers ce film est porté sur la liberté.

Mais le medium choisit pour cette histoire est le cinéma et plus particulièrement l’écran. C’est ainsi qu’on voit le réalisateur et scénariste du film « jouer » avec celui ci :

Cette scène est située avant la résolution du film, on comprend que le personnage Die est en train de rêver d’une vie normale et belle avec son fils. On peut d’ailleurs noter que la musique qui accompagne cette séquence est Experience de Ludovico Einaudi.

Dans cette scène, on remarque que le format de l’écran change : On passe d’un format carré (4/3) à un format 16/9. De plus, on remarque par moment que la profondeur de champ est très faible et le focus rend floue l’image.

Pour appuyer ces propos, il suffit de comparer ces idées avec celles de Marshall Mc Luhan : « le medium c’est le message. » Cette phrase fût développée dans son ouvrage Pour Comprendre les Médias où il explique que le ce n’est pas d’abord le contenu qui affecte le public consommateur d’un médium mais le canal de transmission lui-même.

Alors ici, le réel médium est-il l’histoire ou l’image ? D’un point de vue personnel, je pense que l’image est le médium qui sert à appuyer l’histoire raconter de base. Mais le média choisit permet de dire que ces deux mediums pourraient être égaux.

 

En r’tard, en r’tard, j’ai rendez-vous quequ’part

Gilles Lipovetsky (1944-…) est à l’origine de la mutation culturelle la plus importante, à partir du concept d’écranocratie on vit ou l’écran règne. On vit dans une société régit par le capitalisme, la mondialisation et consommation touche à tout : individualité, spiritualité, objets qui va de paire avec le sentiment d’urgence.

Toujours connectés, l’information en direct, actualisation constante des réseaux sociaux,… Nous vivons dans un monde de l’urgence de l’information. On a envie de savoir ce que fait un tel, ce qui se passe à cet endroit,  qui est concerné par quoi,.? que ce soit de près ou de loin, ce sont nos nouvelles questions du quotidiens, dont le manque de réponse entraîne une frustration démesurée, et dont l’angoisse est « j’ai plus de réseau, j’ai plus de batterie, j’ai plus de place dans ma mémoire,..! »

Aujourd’hui, plus un enfant ne veux aller à la campagne, car « y’a pas de réseau, je vais m’ennuyer, je vais pas pouvoir jouer ». Avant, le jeu c’était de parcourir cette campagne.

Une révolution numérique positive pour Lipovetsky

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Gilles Lipovetsky est un essaysite Français rattaché au courant du postmodernisme. Dans son ouvrage  » L’écran global culture-médias et cinéma à l’âge hypermoderne » écrit en 2007, il pose l’écran comme un intermédiaire incontournable dans notre rapport au monde et aux autres et de manière positive. Une pensée qui se démarque sur le sujet, on voit souvent l’écran comme un instrument d’asservissement de la masse, d’abrutissement et de manipulation du plus grand nombre. Tandis que pour Lipovetsky l’accroissement du flux d’information ainsi que la propre objectivisation du cinéma développerait notre sens critique.  Une réflexion sur laquelle je diverge lorsque l’on observe les différents films diffusés dans les salles grands publics la plupart sont des blockbusters sans saveurs, des remakes de films.

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Par exemple le film  » Total Recall  » de Paul Verhoeven sortit en 1990, c’est  le  récit sur une quête identitaire ou nos souvenirs ne pourraient être que simulacres, mélangé à l’hyper violence caractéristique du réalisateur pour former un film SF subversif. Pourquoi ressortir un remake édulcoré  en 2012, seulement 20 ans plus tard, bien sur il y a eut de grand progrès au niveau de la technique. Mais lorsque l’on voit les 2 films on voit bien que les producteurs essayent de capitaliser sur une histoire qui à déjà marché, alors que les remakes peuvent être utiles lorsque l’on laisse du temps s’écouler. Les avancées techniques vont pouvoir amener une nouvelle dimension à une œuvre, par exemple le King Kong de Peter Jackson prend une toute nouvelle perspective avec le numérique  comparé a celui de Ernest Schoedsack et Merian Copper.
La thèse de Lipovetsky est donc à nuancer je pense, car certes le cinéma cherche a réfléchir sur lui-même, il détourne ses codes mais il tombe souvent dans des travers mercantiles et le grand public n’a pas autant de discernement sur ce qu’il voit que souhaiterait Lipovetsky.

Si ça saigne, ça fera la une

Pierre Bourdieu,  sociologue français, écrit en 1996 Sur la télévision . Il explique que la télévision est un dérivé de notre société de masse. Notamment, il démontre que nous subissons une dramatisation volontaire de l’information par les journalistes.

Nous pouvons faire le parallèle avec le film de Dan Gilroy : Night Call sorti fin 2014. Le personnage principal interprété par Jake Gyllenhaal est reporter freelance. Il se déplace dans les rue de Los Angleles à la recherche de scoop pour les vendre aux chaines les plus offrantes.

Night-Call-photo-2-2« si ça saigne, ça fera la une »

Bourdieu appelle ça des faits omnibus. « Ce sont des faits qui, comme on dit, ne doivent choquer personne, qui sont sans enjeu, qui ne divisent pas, qui font le consensus, qui intéressent tout le monde mais sur un mode tel qu’ils ne touchent à rien d’important. »

Il y a beaucoup de concurrence. Dans le film, une directrice d’un chaine TV explique que : « l’audience est bonne quand les victimes sont blanches et que l’accident c’est passé dans un quartier riche »

Bien sûr en France ce n’est pas exactement le même propos. Néanmoins, nous sommes aussi dans une logique industrielle et commerciale de l’information.  Et, dans les deux cas la télévision cache en montrant autre chose, quelque chose de sensationnel.