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La puissance d’un tweet

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Michel Foucault est un philosophe français dont le travail porte sur les rapports entre pouvoir et savoir. L’ensemble de son oeuvre est une critique des normes sociales et des mécanismes de pouvoir qui s’exerce au travers d’institutions en apparence neutre.

Le nouveau film de Cullen Hoback affirme parfaitement les propos de Foucault. Le film dénonce la manipulation de données privées par Google Facebook et d’autres en nous faisans signer des conditions d’utilisations incompréhensible de centaines de pages. Ses mentions les autorisent à utiliser nos informations sans limite et de les partager avec les gouvernements. Le simple faite d’accepter ses conditions nous retire un certain nombre de liberté comme celle d’expression. Exemple très concret.

Un américain a twetter la veille d’un week-end avec ses amis à Las Vegas qu’ils allaient mettre la ville à feu et à sang. Pour rigoler bien sur. Quelques jours plus tard les forces spéciales américaines ont saccagés sa maison croyant que c’était un terroriste. Le gouvernement américain n’a jamais voulu reconnaître son erreur. Tout ça à cause d’un simple tweet.

pablo escobar et la cathédrale

Dans son ouvrage “Surveiller et Punir”, publié en 1975, Foucault va critiquer ouvertement le système carcéral, et sera favorable à un autre sytème et par conséquent, à une abolition des prisons. Il leur reprochait de ne pas constituer une peine, mais d’exister seulement pour permettre à ceux ayant commis un délit d’être oublier durant un certain moment. Peut-on penser à autre chose que la prison comme peine ? Jusqu’où les autorités sont prêtes à aller pour éviter qu’un crime se reproduise ?

Je vais prendre ici comme exemple le cas de Pablo Escobar, plus grand trafiquant de cocaïne colombien, qui, grace à son trafic illégal, le “narco-trafic”, devient millionnaire à 22 ans. Il est à l’origine de milliers de meurtres, que ce soit civils, policiers, juges, ou encore hommes politiques. Quand il se rend à la justice, en 1991, c’est avec certaines conditions qu’il autorise les autorités à l’arrêter, avec comme premier voeu de ne pas se faire extradé vers les Etats-Unis. Ce n’est pas tout, car Pablo Escobar va lui-même faire construire sa propre prison, avec ses propres règles.

Qu’en est-il de la peine infligée ? Est-elle légitime ? Car si l’enfermement de Pablo Escobar lui empêche de commettre d’autres assassinats de sa main, les autorités colombiennes, qui ne peuvent pas s’approcher à moins de 20km de La Cathédrale, (nom de la prison d’Escobar), n’ont aucune autorité sur l’homme continuer à régner sur son cartel.

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Peut-on dans ce cas là parler de système carcéral ? Serait-il plus judicieux d’installer en France plus de libertés dans les prisons ?

Les moyens de pression et le jugement des autres, ou l’humour français.

Michel Foucault est un écrivain et prof de philosophie. Il a notamment travaillé sur les concepts de surveillance et de punition. Il y a toute une sociologie développée autour de l’image des gens et du regard que l’on y porte.

On a souvent entendu dans nos écoles «N’hésitez pas à répondre à la question même si c’est faux ; on ne se moque pas» en observant malgré tout une réticence de la part des élèves à participer. Ce phénomène est en parti dû au fait que si, on se moque. Cela fait parti de notre culture, de notre humour français de rire des plus faibles, des gens qui ne savent pas faire et qui tentent quand même, avec leurs moyens (bien souvent) inappropriés.

C’est l’image de Louis de Funes, Coluche ou encore de Kaamelott, Pierre Desproges,…                                                                                                     Des petits exemples :

On cherche toujours à regarder chez les autres et à dénoncer ce qui ne va pas, ce qui ne nous plait pas. Effectivement, c’est marrant ; mais quand ça reste de la fiction. Or la culture qui nous berce depuis notre enfance a forcement une influence (souvent de manière inconsciente) sur notre manière de voir les choses, et c’est ainsi que l’on fini par retranscrire, mais cette fois dans la réalité, les jugements méprisant envers les autres.

Un dernier point pour conclure, l’exemple de la télé-réalité : on regarde une bande de jeunes paumés filmés 24h/24, en train de s’embrouiller à longueur de journée pour des problèmes aussi épineux et passionnants que « il n’y a plus de jambon dans le frigo » et nombre de personne vous dirons pourtant « Nan mais j’aime pas, hein ; je regarde parce que ça me fait rire ».

La série télévisée, pourquoi ça marche et ce que ça implique?

A partir des années 80 le nombre de séries concernant les tribunaux, les commissariats et les hôpitaux a fortement augmenté.

Ces lieux régissent des professions souvent fantasmées, ils évoquent une forme de pouvoir avec des fonctions à hautes responsabilitées. Le charisme et la parfaite éloquence qui caractérise ces personnages en font de très bons orateurs. Ces caractéristiques aident à fixer l’attachement entre le spectateur et le personnage, le héros éthiquement correct va permettre l’identification et faire naitre l’empathie voir la compassion chez le spectateur. Dans les séries judiciaires, la collaboration entre police et justice est omniprésente, sans elle, le résultat serait inéficace : délivrance de mandats d’arrêt, autorisations de perquisition ou de garde à vue…

Le concept de la série est tout réfléchi, il propose de régler une affaire anecdotique, la plupart du temps pendant les 40 à 52 minutes de l’épisode qui n’est pas forcément en lien avec la trame narrative principale. Cela permet de faire perdurer une série par de nombreuses saisons, distillant des informations primordiales au compte goute pour suivre le fil rouge. Cette technique permet l’adhésion et le suivi du spectateur pour connaître le fin mot de la série.

Paul-Michel Foucault, un philosophe français s’est intéressé à l’étude médiatique car la surveillance et la discipline font partie intégrante du processus communicationnel d’une société, cette dernière est transmise par les médias. La télévision et ses séries délivrées font donc parties intégrantes du processus communicationnel de notre société.

Bien consciente que les programmateurs choisissent leurs émissions en fonction de leur rentabilité (rediffusions de séries à la place de films suite à leurs coûts) – on peut se demander quels seront les effets de cet engouement face au macabre. Ce constant contact avec la mort et la souffrance par la télévision démystifie les questions du supplice, la discipline et la prison évoquées par Foucault, historiquement ces sujets étaient d’abord théâtralisé puis cachés. Aujourd’hui cette ambiance stressante et angoissante est devenu une partie de loisirs pour certains cinéphiles.

Le binge watching, le phénomène qui consiste à suivre à un rythme très accéléré des séries a fait fleurir un nombre d’étude dont une américaine concluant que le visionnage de série dramatique développerait notre capacité empathique et notre intelligence émotionnelle. Les programmes visionnés auraient donc une influence sur notre état d’esprit. On peut s’intéresser à la place et l’influence que peut avoir les programmateurs face à notre consommation, où le stress pousserait les gens à consommer et dépenser plus.

 

Aux origines de la prison

Charles Foucault publie en 1975 Surveiller et punir. Il est alors déjà un penseur influent et omniprésent du XXème siècle, et il s’attaque alors à ce sujet de pensée longtemps négligé. Par une analyse historique des derniers siècles, il va démontrer que la prison n’a, dans les faits, plus vraiment de rôle éducatif ou de réinsertion, et qu’elle est plutôt une manière pour la société de se venger du mal qu’on fait à certains de ses membres, en le faisant payer par un mal au moins aussi important.

Difficile de donner tort à ce livre, quarante ans plus tard. Aujourd’hui la prison comme on la connait en France ou aux Etats-Unis est devenu une preuve permanente de son propre échec : désargenté, l’Etat est incapable de fournir des conditions décentes et d’assurer l’ordre qui est censé y régner. De nos jours, la prison, au lieu de donner envie à des prisonniers repentis de changer de vie, va plutôt faire de la petite frappe un grand bandit, ou transformer un jeune illettré désœuvré en fanatique. Des exemples de réussite existent, notamment dans les pays nordiques, justement dans des systèmes carcéraux où la prison n’est pas un lieu de punition mais un lieu de retrait social qui encourage au changement : les prisons norvégiennes en sont l’exemple brillant.

Comment une société en arrive à créer des lieux comme les prisons ?
Lors d’un long débat en voiture avec des amis, nous avions parlé de prison. J’avais imaginé, pour démontrer mon point de vue, revenir aux origines de notre espèce.

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Parce qu’on l’aime bien notre planète

Notre société est de plus en plus confrontée aux problèmes qui concernent l’environnement.  La COP 21 qui va bientôt avoir lieu en est une bonne preuve. Pour limiter les dégâts, il faudrait freiner l’augmentation des températures à 2°C sur les 100 prochaines années. Pour cela, l’Etat met en place des restrictions et des amendes, qui depuis quelques années sont prises plus au sérieux et ont augmenté poussant alors les entreprises à préférer la dépollution aux taxes.

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 » Here, you will repent for your crimes to the only judge that matters : the Almighty God. »

     Surveiller et punir, publié en 1975 par Michel Foucault, est un ouvrage dont les chapitres étudiés lors du cours d’introduction aux Etudes Médiatiques se regroupaient autour d’éléments communs : l’idée de la punition ; finalement de la loi et des règle mises en place pour faire régner la discipline.

     American Horror Story est une série née en 2011 du réalisateur Ryan Murphy. En 2012, il sort sa deuxième saison : « American Horror Story : Asylum ». C’est sur cette saison que je vais baser mon article.

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     Caractérisée comme malsaine, trop fantastique, trash, gore, cette série a pourtant beaucoup de qualités. Derrière son caractère d’épouvante, on apprend beaucoup de choses sur la qualité des hôpitaux psychiatriques des années 60.

     Bâtiment catholique dirigé par des soeurs, Briarcliff abrite des centaines de personnes qualifiées d' »insane » ou même de « freaks », en d’autres termes, des personnes souffrant de maladies mentales. Ambiance sombre, inquiétante, angoissante et pessimiste, le spectateur n’est pas mis en confiance. Les personnages ne sont pas très attachant, l’injustice règne ce qui peut être très déstabilisant dans certaines situations.

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     L’asile à l’image d’une prison, la moindre faute est punie par de la violence. Les patients sont traités comme des personnes ne valant rien. La discipline tente d’être instaurée par la crainte de Dieu, du diable. Nous sommes dans une époque d’après guerre, une époque, dans le récit, sombre et soucieuse.

     Foucault parle des lois qu’il faut respecter ; quand elle ne le sont pas, la punition est la violence, la peur.

     Ce lieu est une prison, un endroit d’incarcération pour personnes à dysfonctionnement mentale, mais les conditions sont terribles ; les patients vivent presque seul, certains ne voient pas la lumière du jour, trop peu important pour qu’on leur porte de l’attention.

     Par des pratiques barbares telles que l’électrocution, le personnel soignant tente de faire changer le comportement des patients. L’éducation n’est pas leur principale priorité.

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     Même si ce n’est que fiction, assister à des scènes violentes, injustes, voir à l’écran une discipline presque malsaine est très déstabilisant. Esthétiquement parlant, la série est magnifique. Les images sont belles, l’ambiance est particulière et parfois touchante dans son côté dérangé et décalé. Mais il faut savoir parfois s’accrocher. La saison deux est de loin à mes yeux la plus frappante.

Michel Foucault n’est pas Faux-Cul

Homme brillant hors du commun, Michel Foucault (1926-1984) remplit les fonctions croisés de philosophe, d’historien et de psychologue après avoir réussi ses études à l’Ecole Normale Supérieur en littérature.

Son œuvre se compose de livres aux contenus analytiques où il se propose à critiquer les éléments sociaux-politiques de son époque par le biais de l’étude de leurs passés respectifs dans le temps (notamment la prison, la sexualité, le pouvoir de l’état, et la psychologie).

Foucault interroge, bouleverse mais nuance aussi, car, même si ses propos historiques ne sont pas forcément véridiques, son contenu critique soulève de graves questions vis-à-vis du gouvernement et de son pouvoir, vis-à-vis des enjeux des minorités sociales et raciales qui luttent pour leur identité contre l’enfermement.

Symbole de la liberté de penser et du structuralisme, Foucault est aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, une icône de la France du XXIème siècle.

Donc Michel Foucault n’est pas faux-cul.

Mais quels sont les véritables faux-culs de la pensée française ?

Jetons plutôt un coup d’œil du côté des nombreux penseurs en vogue issu de l’intellectualisme parisien contemporain. Car c’est d’eux qu’il est ici question. En évoquant la grandeur de Foucault, je me propose ici à suggérer la piètre production française à l’œuvre aujourd’hui.

Comme le dit  Sudhir Hazareesingh dans son article issu du site des Crises et disponible sur https://www.les-crises.fr/le-declin-des-intellectuels-francais-par-sudhir-hazareesingh/ : les intellectuels français sont dans leur ensemble actuellement en déclin.

De nombreux penseurs comme Bernard-Henry Lévy, comme Alain Finkielkraut ou encore comme Éric Zemmour propagent par leurs écrits des messages nostalgiques aux penchants pessimistes et réducteurs où il n’est nullement question de solutions et du futur.

La France a perdu ses repères, piégée entre un système politique individualiste et des médias manipulateurs, sa course ralentit, et n’est malheureusement pas aidée par la majeure partie de sa force intellectuelle qui la fait freiner davantage.

 

Alors le seul remède est peut-être de se replonger dans les écrits des grands penseurs structuralistes comme Foucault, Sartre, Barthes ou encore Derrida, et de s’imprégner de leur recherche au niveau du savoir et de la vérité, et ce, afin de s’élancer vers le futur avec les bonnes armes, ou plutôt les bonnes plumes, en mains.

 

Sources et références :

Hazareesingh, S. (2015). Le déclin des intellectuels français. Consulté le 26/11/2015 sur https://www.les-crises.fr/le-declin-des-intellectuels-francais-par-sudhir-hazareesingh/

Photographie : Portrait de Michel Foucault

Le Panoptique, un système de surveillance sans faille

Michel Foucault est un grand intellectuel qui s’est intéressé notamment à la psychologie et qui a proposé un nouveau regard sur différents sujets de la philosophie. Il est notamment connu pour être un acteur du structuralisme. Dans son ouvrage « surveiller et punir » paru en 1975 Foucault s’intéresse aux questions de contrôle et de discipline en s’appuyant notamment sur le domaine carcéral. Dans cet ouvrage il consacre un chapitre au panoptique, une invention de Jeremy Bentham. L'intérieur de la prison Presidio Modelo, à Cuba, construite sur le modèle du panoptique

Le panoptique est une tour placée au centre de la salle principale ou se trouvent les cellules disposées en cercle. Ce système de sécurité permet aux surveillants de contrôler toutes les cellules systématiquement.

Cette technique de surveillance peut nous faire penser à celle utilisée durant les émissions de télé-réalités. Je prends l’exemple de Secret Story pour illustrer mon rapprochement.

Dans cette émission  les « Acteurs » sont surveillés constamment et dans toutes les pièces de la maison dans laquelle ils sont enfermés. Tous les faits et gestes sont enregistrés et les séquences les plus « intéressantes » pour le spectateur sont transmises à la télévision. Dans ce cadre les personnes sont surveillées mais pas pour la même raison. Cependant on peut rapprocher Secret Story de la prison car dans les deux cas l’individu perd toute intimité.

La prison: la solution?

Michel Foucault, grand philosophe de son siècle, s’est intéressé aux prisons et à leur fonctionnement durant une majore partie de sa vie. En effet, il décrit la prison comme un lieu d’incarnation de fautif auprès des loi et le condamné serait alors perçu comme différent des autres hommes.

Bien qu’aillant dans le but de “punir” les criminels, ils restent tout de même des être humain et certaines choses devraient être à améliorer si l’on veut vraiment que les détenus en ressortent changés. Tant que le respect de la personne et les conditions de travail pitoyables ne seront pas changés, aucune évolution ne sera possible.

De ce fait, beaucoup de réalisateurs se sont intéressés aux conditions de vies au sein des prisons. La série Orange is the new black s’y est intéressé et dénonce de manière implicite la situation des prisonnières d’une prison américaine. On y voit en effet la présence de trafic de drogues, de téléphone, de produits alimentaire autorisés par les surveillants pénitentiaires corrompus par les détenues. De plus, les viols y sont banalisés mais malheureusement bien présents, tout comme l’hygiène de la prison qui nous est montrée comme déplorable.

La prison devient du coup comme un cercle vicieux: on enferme une personne pour un mauvais comportement, on ne le traite pas à sa juste valeur au sein de la prison, et quand il ressort, rien ne lui aura donné envie de se comporter d’une manière différente. Alors, à la vue de cela, des mesures ne seraient-elles pas bonne à prendre?  

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