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Le petit blouson en daim d’Herbert Marcuse

Herbert Marcuse (1898-1979) est un philosophe américain et allemand. Il a théorisé l’idée de l’homme unidimensionnel et dénonce la « société industrielle avancée » qui crée le besoin chez l’individu pour l’intégrer à la société de consommation. Dénonciation bien ancrée dans l’univers du groupe Stupeflip.

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À quoi ressemble réellement le monde ?

Marshall McLuhan, intellectuel et professeur du XXème siècle, émet la théorie des médias. Son postulat fondamental repose sur la notion de l’équilibre des sens, équilibre qui serait présent chez l’enfant comme chez le primitif, mais que les technologies et l’éducation perturbent, en donnant la primauté à la vue dans l’école traditionnelle, puis à l’ouïe depuis l’apparition de la radio et, enfin, au système nerveux central depuis l’arrivée de la télévision. Il va même plus loin. Selon lui, les média connaissent une hiérarchisation en fonction de l’ampleur des effets qu’ils ont sur le public. Avec la technologie de l’électricité, « nous approchons rapidement de la phase finale des prolongements de l’homme : la simulation technologique de la conscience. Dans cette phase, le processus créateur de la connaissance s’étendra collectivement à l’ensemble de la société humaine, tout comme nous avons déjà, par le truchement des divers média, prolongé nos sens et notre système nerveux. »

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Es-tu du genre Butler ou pas ?

Difficile de tout savoir sur les gens. L’image que nous donnons aux  autres peut s’ouvrir à toute sorte de projection fantasmatique. C’est sur cette idéologie que se base le film de Mario Fanfani.      Les Nuits d’Etés sont à la fois un hommage rendu à toutes les femmes et un questionnement sur les identités de genre. Cela fait l’objet de nombreux débats depuis quelques années notamment aux Etats-Unis avec la philosophe Judith Butler. Ses écrits portent sur notre identité sexuelle basé sur la construction sociologique. Elle approfondi le propos en que la biologie ne se suffit pas à elle-même pour être une femme ou être un homme. Dans Les Nuits d’Eté c’est l’histoire d’un notaire de province des années 50 qui décide de se travestir en secret avec des ami(e)s. Une facette que l’un de ses amis, puis plusieurs autres l’aide à explorer. En effet ce film met bien en relation le sexe biologique, l’identité des genres ainsi que la performance du genre. C’est également ce que illustre Tomboy avec un regard sur l’enfance. Mais cette fois perçu à travers le jeu sur notre identité sexuelle et celui de notre construction sociale.

 https://www.youtube.com/watch?v=NHebAaxnxKM               Bande annonce de TomBoy

 

L’homme euphorique dans son malheur

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Dans son ouvrage L’homme unidimensionnel, Herbert Marcuse interprète la société capitaliste (la « société industrielle avancée ») comme une société totalitaire, dans le sens ou elle absorbe toutes formes d’opposition et ne laisse rien en dehors d’elle. Cette absorption créerait une société unidimensionnelle parce qu’elle ne permettrait pas à l’homme d’accéder à une existence autre que celle qu’on lui propose.
Marcuse donne pour exemple la large distribution des ouvrages classiques, qui certes permet leur accessibilité au plus grand nombre, mais leur ferait perdre leur singularité et leur force d’opposition.
Il est alors intéressant de s’intéresser à la réinterprétation de certains ouvrages classiques. J’ai choisi de prendre pour exemple L’amour de Phèdre de Sarah Kane. Dans cette pièce, Hippolyte est mis en scène comme un enfant gâté qui passe ses journées devant la télévision et n’a plus d’intérêt pour sa propre existence. On pourrait voir ici une critique des médias de masse et de la société industrielle avancée décrite par Marcuse. Cependant, il me semble que Sarah Kane nous invite à voir plus loin : ce malaise vient du personnage, pas de la télévision. Il est inhérent à la nature humaine, et le personnage d’Hippolyte qu’elle met en scène n’est pas différent de celui de Racine.
Il me semble que lorsque Marcuse qualifie d’ »euphorique dans son malheur » l’homme contemporain, il accuse la société industrielle avancée d’un comportement inhérent à la nature humaine. Il ne ferait que réitérer les tentatives de tous les artistes et auteurs avant lui : trouver une cause « aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair » (acte III scène 1,Hamlet, Shakespeare).

Il me semblerait plus juste d’accuser cette société de fournir une distraction qui lui permettrait d’être seulement d’être euphorique.