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Jean Baudrillard, Hyper-Réalité et craintes. Mass Media 6/9

Gourou, philosophe, poète, on ne le sait pas. Il se définissait comme un penseur, et est décrit comme « théoricien de la société contemporaine ». Jean Baudrillard, un français, est l’auteur de vastes réflexions dans des domaines différents. Il critique aussi la société de consommation, mais refusait de se donner une quelconque couleur politique.

« Simulacres et simulations« , daté de 1981, est l’ouvrage sur lequel nous allons nous pencher ici, il est l’auteur qui conceptualise « L’Hyper-Réalité ». Ici se pose une question cruciale, la question de la distinction entre imaginaire et réalité.

De nombreuses œuvres ont traité de ce sujet, telle que « Alice in Wonderland » (« Alice au pays des merveilles »), de Lewis Carroll. L’écrivain britannique met en scène Alice dans un monde où les lois de la physique n’ont pas cours, traitant de la notion de réalité, et d’imaginaire surtout. Le domaine des rêves est aussi intéressante, le principe de rêve lucide coïncide bien avec ce sujet.

La question est d’actualité, car en effet la réalité virtuelle ne cesse de prendre de l’importance : De nombreux jeux vidéos tentent au mieux de reproduire la réalité, quel que soit leur genre : Simulations en tous genres, jeux de sport, de guerre, les ennemis et intrigues, ainsi que les PNJ (Intelligences artificielles qui interagissent avec le héros), se doivent d’être de plus en plus réalistes. Ces simulacres de vie posent la question des intelligences artificielles.

Ces questions éthiques sont de plus en plus préoccupantes.

Exploration urbaine

« Derrière la plupart des images, quelque chose disparaît, quelque chose d’unique. » écrit Baudrillard. Selon le philosophe, sociologue et photographe, les images contrôlent notre vision en nous donnant l’impression d’une réalité. Elles reflètent l’absence de ce qui est montré. Par le biais de la photographie, le monde réel disparaît. Il n’a plus d’odeur, plus de relief, plus de poids. Plus d’espace ni de temps, il est figé dans une sorte de souvenir qui est faux.

Baudrillard tout comme Roland Barthes, dans La Chambre Claire, évoque la photographie comme étant, d’une certaine manière, la mort du réel. Par le biais de cet art, la réalité disparaît, elle est transformé, l’instant photographié est déjà passé. Par la photographie mais aussi, par le cinéma, nous sommes entrer dans l’air de l’hyper réalité. L’individu confond aujourd’hui le réel avec sa représentation, c’est à dire le simulacre. (photographie, vidéo, film etc)

« Il ne s’agit plus d’imitation, ni de redoublement, ni même de parodie, mais d’une substitution au réel des signes du réel.  »Jean Baudrillard, Simulacres et Simulations (1981)

 

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La mort de Jean Baudrillard n’a pas eu lieu.

Le sociologue et philosophe Jean Baudrillard est décédé mardi 6 mars à Paris, à l’âge de 77 ans. Né le 20 juillet 1929 à Reims, germaniste de formation et traducteur de Brecht, Jean Baudrillard a enseigné la sociologie à partir de 1966 à l’Université de Nanterre. Il a élaboré, au cours des trente dernières années, une critique radicale des médias et de la société de consommation.

Théoricien du concept de la « disparition de la réalité » d’un monde qui bascule dans le virtuel, le philosophe se décrivait comme un « désillusionniste »; désillusion qui le guidera toute sa vie. Auteur d’une cinquantaine de livre, dont celui-ci: La guerre du Golfe n’a pas eu lieu, œuvre qui sera mise en relation lors de sa mort par une constatation de René Schérer, présent à son enterrement.

La tombe de Jean Baudrillard se situe dans le cimetière du Montparnasse. Tel qu’il l’avait souhaité de son vivant, sa femme fît en sorte que les condoléances n’ait pas lieu. Ainsi pourrait-t-on dire que « l’enterrement de Baudrillard n’a pas eu lieu ! » remarqua opportunément le philosophe René Schérer se tournant vers le cinéaste Vincent Dieutre, qui se trouvaient parmi le public venu rendre un dernier hommage, et ajoutant: “… Et c’est tant mieux. A présent il va vivre”.

Finalement, en prônant l’hyper-réalité, Jean Baudrillard vivait pleinement de son postulat en admettant toute formes de simulation de son vivant, mais aussi de sa mort. Peut-être celle-ci est une forme de signe mettant en scène une simulation ? Peut-être n’a-t-il jamais réellement existé ?