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Quand le réel devient hyper-réel

Jean Baudrillard est un philosophe français né en 1929 et mort en 2007. Il est surtout connu par ses travaux sur les modes de médiation et de communication de la postmodernité.

Dans son oeuvre Simulacres et Simulation  publié en 1981, il analyse le monde moderne et soutient que la réalité n’existe plus. On est dans un monde où règne la simulation et l’hyperréalité.

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L’hyperréel, plus vrai que nature.

Au cours du XXème siècle, de nombreux philosophes ont tenté d’analyser la société de consommation alors en gestation. Parmi eux, Jean Baudrillard était l’un des plus radicaux. Toujours en rupture, il refusera par exemple de passer le concours de l’Ecole Normale Supérieure, pour lequel il s’était préparé, pour aller s’établir en tant agriculteur puis  maçon dans le sud de la France. Radical, il le fut dans toute son œuvre qui allait chercher dans le fond des choses jusqu’à l’épuisement du sens de celles-ci. C’est pourquoi il précisait que sa pensée visait à créer des modèles qu’il ne considérait pas comme vrais mais comme intéressants. Il y a donc une certaine provocation dans ses propos et ses concepts.

Il en est ainsi dans sa description d’une forme d’épuisement de sens de la Société du spectacle, selon le mot de Guy Debord, dans laquelle nous vivons. Baudrillard estimait que nous pouvions l’interpréter comme une hyperréalité. L’hyperréel, c’est un réel factice qui n’existe que par les signes et est donc vide de sens et d’essence.

Si Baudrillard estimait à l’époque que cette interprétation n’était qu’une provocation censée nous pousser à la réflexion, peut-être changerait-il d’avis de nos jours. En effet, nous avons, dans les dernières années écoulées, fait la connaissance de la réalité virtuelle. Elle apparait comme un synonyme du concept d’hyperréel. La réalité virtuelle désigne une technologie informatique qui reproduit un environnement virtuel à 360 degrés autour de l’utilisateur d’un casque spécialement conçu pour cette utilisation.

Comment cette technologie peut-elle être utilisée ?

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Nighcrawler : la réalité de l’hyperréalité

« A la télé, tout parait si réel » – voilà la réplique du personnage principal Lou lorsqu’il se met à travailler pour la télévision.

Nighcall, de Dan Gilroy, est sorti en 2014 et a montré une grosse critique des médias : toutes les images montrées sont faites pour choquer, et les histoires racontées ne sont pas forcément vraies. Le film présente l’histoire de Louis Bloom, un pigiste qui va évoluer dans le monde médiatique. Il rencontre Nina, femme qui travaille pour KWLA et qui lui achète ses images; puis il rencontre Rick, son assistant.

Si nous suivons la logique de Nighcall, en effet, les médias sont manipulateurs : ils modifient les histoires en fonction du public et de son intérêt pour l’histoire. Comme dit Nina : ce qu’on veut, ce sont des images chocs qui oppose deux milieux différents, de préférence une victime aisée blessée par une minorité.

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On tv it looks so real : en réalité il parle de l’écran qui représente la ville de Los Angeles, cependant, on comprend que Dan Gilroy a placé cette réplique pour faire référence aux médias.

Alors la question ici est est ce que le public se rend compte de cette manipulation des médias ?

La réponse serait non, car les médias présente une hyperréalité : dans le film, les images sont réelles, mais les histoire ne le sont pas, les médias crée une simulation de la réalité en montrant la fiction.

Jeux vidéos, à la recherche du réalisme

Depuis l’apparition du premier jeu vidéo, les prouesses techniques n’ont cessé d’évoluer à tel point que la culture jeu vidéoludique a prit la même ampleur que la culture cinématographique. Aujourd’hui nous pouvons distinguer deux types de jeux : les jeux se revendiquant réalistes  et les autres.

dans la catégorie des jeux de courses nous retrouvons Assetto Corsa, la référence pc de la simulation automobile.http://images.spaziogames.it/articoli/2013/11/pc/15437/15437_1a.jpg

 

Dans la catégorie fps on retrouve battlefield 4 dans lequel l’avatar du joueur est confronté à des montées d’adrénaline lors de tirs de suppression ennemis. La destruction de l’environnement grâce au moteur graphique frostbite 3 contribue à renforcer le sentiment d’immersion.https://i.ytimg.com/vi/X5Y1zPIhFj8/maxresdefault.jpg

Nous pourrions encore en citer bien d’autre. Mais aujourd’hui c’est un nouvel outil qui est lancé sur le marché, la réalité virtuelle. Casques ayant déjà fait vivre le motion sickness à de nombreux joueurs.

http://www.realite-virtuelle.com/motion-sickness-solution

Quelques jeux d’horreur ont déjà fait leur apparitions, et pour peu que la personne soit sensible, ce simulacre hyperréel qu’est la réalité virtuelle, peut en traumatiser certains. Nous sommes face à une technologie nouvelle encore peu exploitée. Quels en seront les limites ? Espérons que simulacres et réalité ne sois pas confondus, car cet volonté à toujours vouloir repousser les limites du réel pourrait nous mener à confondre réalité et simulation.

http://www.francetvinfo.fr/economie/tendances/sante-la-realite-virtuelle-pour-guerir-les-phobies_1477043.html

Et si le réel était passé ?

Pour Baudrillard nous vivons dans une copie d’un monde d’avant, tout n’est que simulation. C’est encore plus vrai depuis d’exposition d’internet et des nouvelles technologies. Le vrai est remplacé par le virtuel, les progrès sont tel qu’il va devenir de plus en plus difficile de les distinguer. Pour ne prendre que l’exemple des jeux vidéos, ceux-ci sont de plus en plus réaliste ! les personnages virtuels sont par ailleurs de vrai acteur qui ont été rendu virtuel par différents logiciels. Et la ressemblance entre film et graphisme de jeu vidéo montre bien la volonté de vouloir copier le monde réel, d’en crée un nouveau, dans le quel tout est réalisable mais non réel. 

Il en va de même pour un exemple aussi simple que le paysage. Il existait déjà la photographie qui était là pour recopier une image à un instant t. Mais désormais tout est numérisé et cartographié sur Google map, le paysages est fondu dans la carte, il ne reste plus la représentation, ni le vrai mais seulement l’hyperréalité. 

L’apparition de casque de réalité virtuel pose aussi la question des limites d’une telle technologie, est-il vraiment nécessaire de savoir cuisiné dans un monde virtuel ? 

La pornographie biaise notre perception

Le mot pornographie est apparu au siècle des lumières, il désignait les études concernant la prostitution. Une immense industrie de consommation de pornographie a vue le jour grâce à l’apparition des cassettes vidéos, des DVD et d’internet. Les films pornographiques  sont aujourd’hui très populaires sur internet et sont définis comme étant des objets de divertissements qui ont pour finalité la masturbation.

Jean Baudrillard est un philosophe, poète et sociologue Français né en 1929 et mort en 2007. Il est à l’origine de la French Théorie appropriée par les USA dans les années 1970.  Il publie en 1981 «  simulacres et simulation  » dans lequel il émet des hypothèses saugrenues pour faire réfléchir.

Avec la métaphore de la carte  » Le territoire ne précède plus la carte ni ne lui survit. C’est désormais la carte qui précède le territoire – précession des simulacres –, c’est elle qui engendre le territoire « , Il explique que l’imaginaire a prit le pas sur le réel avec la simulation et de ce fait l’homme ne parvient plus à faire la distinction entre les deux. Tout est mis sur le même plan, l’homme vit désormais dans « L’hyperéel. »

Pour en revenir à la pornographie, des études scientifiques actuelles ont démontrées que l’utilisation excessive de cette pratique modifie la perception du spectateur dans ses relations sexuelles. Lors d’une relation sexuelle, la personne va faire appel à une imagerie « pornographique » lors de l’acte. Par conséquent cela lui rend plus difficile d’être pleinement présent avec son/sa partenaire, comme si la personne faisait l’amour tout en regardant  la télévision.

La pornographie étant un média comme un autre, modifie notre perception du monde et influence notre comportement.

Pour reprendre l’analyse de Jean Baudrillard de l’hyperréel, nous pourrions formuler les choses ainsi : La pornographie produit une vision hyperéelle des relations sexuelles.

La représentation hyperéelle/pornographique aurait donc une influence plus importante que la réalité par l’expérience.

 

La Preuve par la Fiction

Les attentats de Charlie Hebdo ont causé des morts et des images. Une image particulièrement insoutenable est notamment apparue sur les écrans, quelques heures après la fusillade. On y voit un policier à terre, sur un trottoir, les mains levées au niveau de la tête. Un homme cagoulé entre dans le champ avec un AK-47 ; il exécute le policier à bout portant. L’exécution a eu lieu dans un certain calme, une certaine banalité : la victime n’a pas poussé de cris, des flammes n’ont pas jailli du canon, le sang n’a pas giclé… Rien de spectaculaire.

Policier abattu le 7 janvier 2015, lors des attentats de Charlie Hebdo
Policier abattu le 7 janvier 2015, lors des attentats de Charlie Hebdo

Il est désormais dans l’ordre des choses qu’à la retransmission médiatique d’un attentat suive l’analyse des événements et des images. C’est durant cette phase de relecture que généralement les théories du complot fleurissent. Les images de l’exécution du policier n’ont pas été épargnées par ladite relecture…

Or, quel argument a-t-il été employé par ceux qui ont décelé dans ces images « une manipulation de la réalité », « une mise en scène » ? Celui-ci : l’homme cagoulé a tiré à blanc car le sang n’a pas giclé.

Où voit-on le sang gicler chaque fois qu’un corps reçoit une balle ? Au cinéma, en particulier dans le cinéma d’action américain des dernières décennies. Le procédé du squib, cette poche de sang qui éclate sur commande, a été utilisé l’une des premières fois en 1969 dans le film de Sam Peckinpah : The Wild Bunch. Si cette technique a été perçue comme « réaliste » dans les années 70 et 80, dans son évocation de la violence, c’est parce qu’elle montrait soudain la conséquence sanglante d’un coup de feu. La poche de sang, dans le cinéma des années 70, est à ce titre un symbole politique (les armes à feu font couler le sang) davantage qu’une recherche de réalisme. Mais, en soi, une poche de sang qui éclate n’a rien de réaliste.

The Wild Bunch (Sam Peckinpah, 1969)
The Wild Bunch (Sam Peckinpah, 1969)

Nous nous retrouvons donc avec une objection aberrante : les images de la mort du policier de Charlie Hebdo seraient fausses car ils leur manquent un motif visuel du cinéma d’action ! Pour reprendre l’analyse de Jean Baudrillard de l’hyperréel, nous pourrions formuler les choses ainsi : le cinéma hollywoodien a produit une vision hyperréelle de la violence par les techniques suivantes : montage nerveux, cadrage instable, ralentis, gerbes de feu qui jaillissent du canon, sang qui gicle, hurlements de douleur, chute des corps… Désormais, s’il manque un de ces motifs visuels à une capture vidéo d’une scène de violence, celle-ci pourra être soupçonnée d’être fictive.

La représentation hyperréelle/hollywoodienne de la violence aurait donc un poids d’authenticité plus important que la plate réalité d’un policier abattu en plein Paris.

Egocentrisme et nihilisme

Dans son ouvrage Simulacres et simulation, Jean Baudrillard propose une réflexion sur le réel. Selon lui, le réel ne serait plus perceptible, il aurait été remplacé par un univers de signes dont les référents sont absents, qui auraient perdu toute valeur.

Cette hypothèse a été notamment exploitée par la trilogie Matrix, où les Frères Wachowski interprètent ces signes dont parle Baudrillard, comme les signes perçus par les sens. En effet, ils partent du principe que nous expérimentons le monde via un ensemble sensations, par des signes que nous interprétons. Il serait donc légitime de se questionner sur la confiance que nous avons en nos sens, en la dimension organique de l’existence.

Il me semble cependant que cette interprétation des écrits de Baudrillard est instinctive et primaire, et il est a mon avis plus intéressant de s’interroger sur les signes que nous choisissons de transmettre plutôt que sur ceux que nous percevons. Afin d’introduire mon propos, je prendrais pour exemple (trivial) la mode vestimentaire : je ne choisi pas un vêtement parce qu’il me plait, mais parce qu’il me semble être la convergence de signes que j’ai perçu, qui m’a été transmis par différents médias et que je me propose de transmettre à mon tour.

On peut alors penser que l’ensemble de signes que chaque individu renvoie n’est que la copie de ceux qu’il a déjà perçu. SI l’individu n’est perçu que via cet ensemble de signes, il devient alors un personnage creux, un personnage de simulacre, fait d’une réalité fragmentée qui ne lui appartient pas.

Il est alors intéressant de se pencher sur la pensée de Stiegler qui introduit le terme de télécratie (le règne de la télévision) en l’opposant fondamentalement à la démocratie. On comprend mieux la problématique posée par l’avènement de la télévision et de la publicité. La décomposition des désirs en pulsion par les médias de masse nous pousse à la consommation de signes qui ne sont destinés à être copiés. Le réel enjeux de la télécratie ne me semble pas être la mort de la démocratie, mais la mort de l’individu qui est réduit à une somme de signes dépourvus de sens.

On peut penser que ce schéma n’est applicable qu’à la perception des individus entre eux, mais peut-on la considérer pour la perception que l’on a de nous-même ?

Selon Walter Benjamin, la reproductibilité des oeuvres d’arts conduit à la perte de leur aura. Il me semble que la perte de cette aura peut également être appliquée à la pensée, et que les idées subissent le même sort que les biens de consommation. Paradoxalement, a mesure que les idées perdent leur aura, les penseurs gagnent en popularité, en renommée. Ainsi, il me semble que nous nous approprions la pensée de quelqu’un parce l’aura de cette personne nous est parvenue, parce qu’il existe une mythologie autour de la pensée. Ainsi, la vie intérieure est elle aussi polluée par le simulacre, si bien qu’il nous est impossible de distinguer l’original de la copie. C’est la multitude et la complexité des signes que l’on s’approprie qui rend cette distinction presque impossible. L’individu n’est plus fait que de fragments de copies qui remplacent la singularité.

Le nihilisme de la pensée de Baudrillard me parait donc profondément narcissique et vertigineuse : se regarder en permanence afin de contempler un ensemble de signes dépourvus de sens, le vide qui cache le vide.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Baudrillard, l’hyper réel remplace le réel

Baudrillard est une personnalité très controversé. Star aux Etats-Unis mais peu étudié en France il a développé le concept d’hyperréalité. L’hyperréalité serait la simulation de notre réalité. Cette simulation viendrait remplacer notre réalité. Ainsi les référentiels n’auraient plus une valeur fonctionnelle mais désormais fictionnelle. Ces écrits, qu’il assume lui-même comme hypothétiques sont souvent empreint de paradoxes.

Malgré la complexité de ses écrits sa pensée prend tout son sens avec des exemples concrets, ce qui se révèle très intéressant et soulève de nombreuses questions quant à l’authenticité de notre monde.

Lorsque le carte couvre tout le territoire…

Baudrillard est un sociologue, et philosophe français de notre siècle, il est décédé récemment en 2007.Contemporain de Guy Debord, Jacques Lacan, Roland Barthes, Gilles Deleuze et autres penseurs des années 1970, il s’éloigne, du moins en apparence, de la psychanalyse et du marxisme  en insistant en particulier sur la sémiotique, c’est-à-dire la réflexion sur les signes (linguistiques, économiques, etc.).  Son oeuvre est en filiation avec celle de Mc Luhan de part la radicalité de son propos qui tend à repenser complètement nos sociétés à travers les médias et il approfondit sa thèse principale « le médium est le message », pour Baudrillard le médium se diffuse dans la réalité de manière insaisissable. Son travail qui cherche  à théoriser et analyser les modes de médiations et de communication de notre société de manière nihiliste. Dans l’ouvrage « Simulacres et simulations » en 1981,il développe l’une des thèses centrales, ce qu’il nomme être  :  la disparition du réel au profit des simulacres.

Baudrillard nous livre ici des pistes importantes et novatrices de réflexion sur notre environnement médiatique ainsi que notre propension a vouloir recréer notre réalité. Sa manière de penser est très intéressante car elle va a contre courant de l’académisme intellectuelle que ce soit dans le style ou dans ses observations. Beaucoup de ses analyses sont très intéressante par rapport à notre réel actuel et l’analyse de Baudrillard s’applique sur des sujets aussi varié que la politique que des objets de notre vie de tous les jours. Par exemple un sapin de noêl en plastique ou encore l’évolution grandissante des technologies dites de réalité augmenté . Le mot réalité augmenté aussi lorsque l’on y réfléchit semble dénué de tout sens, comment peut-on augmenter la réalité ?  On pense aussi à tout ce qui est du ressort de Disneyland, Las Vegas. Le fait aussi que  l’on fasse désormais des films sur des événements très récent, sans recul pour l’analyser comme le film sur DSK, Welcome to NY de Abel Ferrara, on dirait que l’on cherche a saisir chaque histoire dans son immédiat, sans comprendre son sens, elle devient juste un signe.