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Transgenre et Image

Il existe certainement un rapport intime et mystérieux entre l’image et l’idéal androgyne, entre le virtuel et l’effacement de la différence des sexes.

Devenir un ange… Devenir une image…

C’est ainsi que nous nous expliquons la place importante des gender studies, en particulier les travaux de Judith Butler, dans les études médiatiques.

La quête du transgenre est l’idéal des adorateurs d’images. Les Wachowski en sont un exemple intéressant.

Mais nous songeons ici à l’ultime opéra de Richard Wagner: Parsifal.

Parsifal de Richard Wagner
Parsifal de Richard Wagner

La question du dépassement des sexes est au cœur de Parsifal. Le désir sexuel est vécu par les protagonistes du drame comme une tension insupportable, une plaie affreusement douloureuse dont l’humanité doit guérir. La figure du méchant est incarnée par Klingsor, chevalier déchu qui s’est châtré pour gagner un pouvoir maléfique.

L’opéra se conclut dans une fusion magique de symboles mâles et de symboles femelles : la Sainte Lance (symbole phallique) et le Saint Graal (symbole de la fécondité) sont réunis ; les voix d’hommes se mélangent aux voix de femmes ; le roi Amfortas et la tentatrice Kundry tombent sans vie au pied de Parsifal.

Richard Wagner aurait adoré le cinéma.

L’hyperréel, plus vrai que nature.

Au cours du XXème siècle, de nombreux philosophes ont tenté d’analyser la société de consommation alors en gestation. Parmi eux, Jean Baudrillard était l’un des plus radicaux. Toujours en rupture, il refusera par exemple de passer le concours de l’Ecole Normale Supérieure, pour lequel il s’était préparé, pour aller s’établir en tant agriculteur puis  maçon dans le sud de la France. Radical, il le fut dans toute son œuvre qui allait chercher dans le fond des choses jusqu’à l’épuisement du sens de celles-ci. C’est pourquoi il précisait que sa pensée visait à créer des modèles qu’il ne considérait pas comme vrais mais comme intéressants. Il y a donc une certaine provocation dans ses propos et ses concepts.

Il en est ainsi dans sa description d’une forme d’épuisement de sens de la Société du spectacle, selon le mot de Guy Debord, dans laquelle nous vivons. Baudrillard estimait que nous pouvions l’interpréter comme une hyperréalité. L’hyperréel, c’est un réel factice qui n’existe que par les signes et est donc vide de sens et d’essence.

Si Baudrillard estimait à l’époque que cette interprétation n’était qu’une provocation censée nous pousser à la réflexion, peut-être changerait-il d’avis de nos jours. En effet, nous avons, dans les dernières années écoulées, fait la connaissance de la réalité virtuelle. Elle apparait comme un synonyme du concept d’hyperréel. La réalité virtuelle désigne une technologie informatique qui reproduit un environnement virtuel à 360 degrés autour de l’utilisateur d’un casque spécialement conçu pour cette utilisation.

Comment cette technologie peut-elle être utilisée ?

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« Ceci n’est pas une pipe »

L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique est un des textes majeurs de l’histoire de l’art, souvent utilisé comme référence. Dans son ouvrage, Walter Benjamin effectue sa réflexion autour de trois axes, dont la reproduction technique et ses conséquences sur l’art.

Ce qui se dégage de la réflexion de Benjamin, c’est que le développement des techniques de reproduction a modifié la perception du spectateur, qui paradoxalement a l’impression que l’art lui est plus accessible (il peut avoir accès à des images en permanence), alors qu’en même temps ces images lui révèlent leur absence. De plus, l’apparition de la photographie et du cinéma ont permis de révéler le sens politique et social de l’art, jusqu’alors négligé au profit d’une valeur cultuelle : c’est l’essor de l’exposition comme lien social et pouvoir politique.

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#instasouvenir

Je suis tombée tout à l’heure sur cet article de Vice sur “l’art” de la photo, et sur ce phénomène grandissant où tous les détenteurs de smartphone avec un appareil photo digne de ce nom s’improvisent plus ou moins artistes à travers le réseau social aux 400 millions d’utilisateurs qu’est Instagram.

L’article en question : http://www.vice.com/fr/read/je-ne-pige-rien-a-instagram

Je ne partage pas forcément la vision de l’auteur sur la critique qu’il fait du réseau, mais une phrase en particulier a retenu mon attention, quand le journaliste dit “C’est comme si on nous disait de ne pas nous fier à nos propres souvenirs.” lorsqu’il pointe du doigt le besoin qu’on les  gens en général de tout prendre en photo. Par là, on peut entendre que l’individu est perdu dans sa propre réalité.

Entrée

On peut lier cette idée à la pensée de Jean Baudrillard qui écrit Simulacres et Simulation en 1981. Dans cet ouvrage, il introduit et définit le terme de “simulacre” en expliquant qu’il remplace le sujet auquel il se rapporte. En ce sens, il est possible de relier ce point de vue avec le lien photo/souvenir qui se mélangent. Lequel représente la réalité, lequel est vrai ? Un souvenir il n’y a rien de plus réel, mais il peut s’oublier, et dès lors il est impossible à rattraper, une photo, c’est immortel.

Je finirais en citant un passage du chapitre “La précession des simulacres” qui traite donc de l’image :

“Telles seraient les phases successives de l’image:

    1. elle est le reflet d’une réalité profonde
    2. elle masque et dénature une réalité profonde
    3. elle marque l’absence de réalité profonde
    4. elle est sans rapport à quelque réalité que ce soit : elle est son propre simulacre pur.

Dans le premier cas, l’image est une bonne apparence – la représentation est de l’ordre du sacrement. Dans le second, elle est une mauvaise apparence – de l’ordre du maléfice. Dans le troisième, elle joue à être une apparence – elle est de l’ordre du sortilège. Dans le quatrième, elle n’est plus du tout de l’ordre de l’apparence, mais de la simulation.”

Pour imager, on peut associer ces quatre étapes à ce qu’il se passe quand on prend une photo pour immortaliser un moment jusqu’à celui où on va la poster sur un réseau après l’avoir modifiée, arrangée. Pour ceux qui vont la voir, elle est effectivement de l’ordre de l’apparence et ne représente rien.

Mon portrait sonore: Geoffrey Turpin, compositeur à l’image

Rencontre avec Geoffrey Turpin, compositeur diplomé d’un Master de Musique Appliquée aux Arts Visuels. Enseignant en musique d’un côté, compositeur à l’image de l’autre, Geoffrey Turpin fait de la musique depuis maintenant 10 ans.

Je vais vous faire découvrir cette personne, son travail, ses projets et sa façon de percevoir la musique et de la composer.

Mon angle d’interview permettra de découvrir qui est cette personne au travers d’un portrait sonore basé sur trois points. A savoir, ce qu’il fait aujourd’hui au moment de l’interview, comment il en est arrivé à composé pour l’image et quels sont ses projets à venir.

Un Mitchell avant-gardiste

William Thomas John Mitchell établit une nouvelle science de l’image, considérée comme étant une étude généralisée des représentations. Traitant à la fois de la création, du pouvoir et du fonctionnement de l’image, l’auteur jugea bon d’étudier l’image au sens large du terme, s’imposant de jour en jour. Il définit l’image comme un mot auquel nous avons systématiquement recours, étant emprunt dans le même temps à de nombreuses transformations. Il considère effectivement l’image  capable de délivrer un message, et ce depuis de nombreuses années maintenant.

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En effet, nombreux d’entre nous traduisent leurs messages par des images. Nous nous intéresserons particulièrement aux GIF (Graphic Interchange Format) : un format de données informatiques d’images numériques. Facebook a notamment mis en avant ces GIF, placés dans la barre d’outil dans les fenêtre de conversations Messenger. Dorénavant, les utilisateurs sont plus emprunts a traduire leurs messages par des images que sont les GIF, que par des textes écrits. Le visuel prend ainsi de plus en plus le dessus sur l’écrit

Kubrick, couleurs, et quelques mots.

On utilise massivement le mot « image », hors, ses significations sont multiples : phénomène optique ou graphique, métaphore purement verbale…

Mitchell est l’intellectuel qui a su poser des différenciations claires, théorisées en bonne et due forme, et il a précisé les études de ces domaines par le Visual Studies, l’étude des médiums visuels (du cinéma aux jeux-vidéos).

Dans ce supercut, réalisé par Rishi Kaneria, on peut observer l’utilisation que fait le méticuleux réalisateur Stalney Kubrick des couleurs dans la composition de ses plans.
Le rouge, couleur récurrente de la filmographie du réalisateur, apparaît pour des scènes de violences, de passions, alors que le bleu, couleur plus froide, est liée à des scènes plus planantes ou résolument tristes, comme les discussions de lit du couple Kidman-Cruise dans Eyes Wide Shut.

Ces analyses peuvent sembler évidentes, parfaitement claires, mais il faut remarquer que leur existence résulte aussi des théories de Mitchell. Le cinéma Kubrick est un exemple parfait pour matérialiser le Pictural Turn, cet expression qui désigne l’idée que le langage visuel a un rôle prédominant face au langage verbale.

De Kubrick, on retient l’esthétique, pas les dialogues. Il existe très peu de répliques fortes, employées comme citations, et pour cause : ce qui est le plus parlant chez ce réalisateur, c’est le cadre, les couleurs, les images. Elles résument à elles seules les émotions, l’action, les pensées des personnages.

L’image porte donc une force de signe bien supérieure à ce qu’on pourrait imaginer de prime abord, et elle a cela d’insidieux que son impact est, très souvent, inconscient.

ça veut dire, ce que ça veut dire

Mitchell dans ses réflexions développe une théorie sur l’image. Ayant une préférence marqué pour les réflexions construites autours des signes. C’est sans complexe que Mitchell nous propose sa réflexion sur le vécu du monde, qui selon lui ne peut se faire sans les images.

Selon Mitchell le monde ne peut vivre sans les images car même sans elle il resterais tout ce quelle représentent… Aussi une image de fleur, même si on l’enlevait on garderait toujours en nous la signification de ce qu’est une fleur. tableau-design-fleurs-multicolores

Prenons alors une image plus abstraite. Le monde est construit de tel sorte que même si on pouvait soustraire une image abstraite on en garderait quant même le sens. Nous prendrons l’exemple de de la musique, même si on lui enlève son iconographie habituelle de la double croche, ou de la clef de Sol, on en garde quant même le sens.musique

On touche avec les yeux

W.L.T. Mitchell, professeur d’histoire de l’arts et la littérature, il était également iconologue. Il prétendait que les images sont des êtres animés par des désirs et/ou des besoins.
Aujourd’hui nous vivons dans un monde de l’image, et celles-ci nous influencent quotidiennement jusqu’à nous manipuler. Les photomontages, effets spéciaux, les retouches sont des outils de manipulation majeurs.
De très réalistes photomontages arrivent encore malgré leur ancienneté à tromper de nombreuses personnes, par exemple dans la presse people, les fausses paparzzade lorsque l’on fait croire au public que telle personne était avec telle personne à un moment donné avec pour base de cela seulement deux photos de ces personnes séparés, ou encercles lieux de vacances commet les hôtels, ou sur leur site on découvre un cadre tout à fait charmant, à l’arrivé on s’aperçoit que le dépotoir à côté de l’hôtels, le lieux non entretenu, sont très bien photoshopés.

Ici les enjeux de ces photomontages ne sont pas réellement dangereux, mais certaines images modifiés ou non peuvent avoir un réel incident politique, ou créer une peur, une vie etc.
Récemment la une de valeur actuelle à trompé son public en illustrant sa page de couverture d’une photo de djihadistes qui d’après le titre seraient en France, or la photo avais été prise à Tunis.original.82203.demi