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Perdu dans ma réalité

L’expression « réalité virtuelle » (ou multimédia immersif ou réalité simulée par ordinateur) renvoie typiquement à une technologie informatique qui simule la présence physique d’un utilisateur dans un environnement artificiellement généré par des logiciels, environnement avec lequel l’utilisateur peut interagir. La réalité virtuelle reproduit donc artificiellement une expérience sensorielle, qui peut inclure la vue, le toucher, l’ouïe et l’odorat (visuelle, sonore ou haptique).

L’individu faisant expérience de la réalité virtuelle se retrouve donc immergé dans un monde parallèle mais dans le monde réel.

La comparaison avec la prise de drogues parait donc évidente.

En effet, les consommateurs de psychotropes ont le même désir en consommant des drogues que l’individu qui s’initie à la réalité virtuelle : quitter son environnement.

La réalité virtuelle peut-être être aussi addictive que des drogues ?

Selon moi, oui.

La seule chose qui puisse différencier les drogues de la réalité virtuelle est l’addiction physique. Mais la majeure partie du temps, c’est l’addiction psychique qui influe le plus sur l’Homme.

L’Homme qui n’est pas heureux dans sa réalité peut s’en créer une nouvelle grâce à la réalité virtuelle, au même titre que le consommateur de psychotropes entrera dans un état qui n’est pas le sien naturellement.

De plus, le risque physique reste présent autant en réalité virtuelle que pour les drogues. Si l’on en ‘consomme’ trop, des effets corporels sont visibles : un certain nombre de symptômes indésirables ont été causés par une utilisation prolongée de la réalité virtuelle. Par exemple, des dommages au système visuel (crise d’épilepsie, migraines, lumière infrarouge et lumière ultraviolette, etc.); des dommages au système auditif; des dommages dermatologiques (thermique, radiation, transmission d’agents infectieux entre utilisateurs, etc.); des dommages physiques.

Le risque sera présent si l’individu ne garde pas en tête que ces moyens restent des moyens d’évasion temporaires et ne constituent en aucun cas un mode de vie sain permanent. Tout est une question de modération et de lucidité.

A la recherche de l’immersion parfaite

L’homme a toujours recherché à atteindre l’immersion dans ses œuvres culturels, en art ou en divertissement. Les outils numériques nous permettent de plus en plus d’atteindre un but d’immersion totale. Le video mapping, la réalité augmentée ou la réalité virtuelle viennent agir sur l’environnement propre de l’humain, la frontière entre le medium et la réalité devient flou, ce qui propose de nouvelles expériences immersives.

Mais ces outils numériques ne sont pas encore (du moins dans notre position actuel) capable de créer l’immersion parfaite. Le cerveau, bien qu’impressionné, bloque encore pour créer un sentiment de réel alter-réalité. Les possibilités d’évolutions technologique dans le numérique ne me paraît donc pas la meilleure hypothèse pour atteindre l’immersion final.

Mais il existe un domaine où les possibilités immersives me paraissent beaucoup plus grande : la drogue. La drogue altère la réalité et peut créer des cadres extrêmement immersifs. Ce sont principalement les drogues psychédéliques (LSD, champignons hallucinogènes, salvia divinorum, ayahuasca etc…) qui arrivent à immerger l’utilisateur dans un autre monde avec des qualités immersives extraordinaires.

Actuellement, il est assez difficile de donner une direction particulière aux « trips » que procurent ces différentes drogues mais les rites chamaniques tendent quand même à nous montrer que le contraire est possible. Dans l’hypothèse où nous arriverions à maitriser les effets de ces drogues ou alors à en découvrir des nouvelles, cela pourrait être un grand pas supplémentaire vers l’immersion total et parfaite. La culture, l’art et le divertissement serait incroyablement renouvelé.

Le patron de Netflix partage aussi cette opinion comme il a pu en parler dans cette interview au Wall Street Journal. http://www.wsj.com/video/generation-netflix/55754B1F-E0DE-47CE-8699-8FE94CF4C665.html

Quand on sait que ce sont les grandes compagnies d’Internet (Google, Facebook etc…) qui construisent actuellement notre futur, on peut supposer que l’hypothèse d’utilisation de drogue à des fins récréatives, culturelles et immersives est parfaitement possible et pourrait même arrivée plus vite que l’on ne le pense.