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#instasouvenir

Je suis tombée tout à l’heure sur cet article de Vice sur “l’art” de la photo, et sur ce phénomène grandissant où tous les détenteurs de smartphone avec un appareil photo digne de ce nom s’improvisent plus ou moins artistes à travers le réseau social aux 400 millions d’utilisateurs qu’est Instagram.

L’article en question : http://www.vice.com/fr/read/je-ne-pige-rien-a-instagram

Je ne partage pas forcément la vision de l’auteur sur la critique qu’il fait du réseau, mais une phrase en particulier a retenu mon attention, quand le journaliste dit “C’est comme si on nous disait de ne pas nous fier à nos propres souvenirs.” lorsqu’il pointe du doigt le besoin qu’on les  gens en général de tout prendre en photo. Par là, on peut entendre que l’individu est perdu dans sa propre réalité.

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On peut lier cette idée à la pensée de Jean Baudrillard qui écrit Simulacres et Simulation en 1981. Dans cet ouvrage, il introduit et définit le terme de “simulacre” en expliquant qu’il remplace le sujet auquel il se rapporte. En ce sens, il est possible de relier ce point de vue avec le lien photo/souvenir qui se mélangent. Lequel représente la réalité, lequel est vrai ? Un souvenir il n’y a rien de plus réel, mais il peut s’oublier, et dès lors il est impossible à rattraper, une photo, c’est immortel.

Je finirais en citant un passage du chapitre “La précession des simulacres” qui traite donc de l’image :

“Telles seraient les phases successives de l’image:

    1. elle est le reflet d’une réalité profonde
    2. elle masque et dénature une réalité profonde
    3. elle marque l’absence de réalité profonde
    4. elle est sans rapport à quelque réalité que ce soit : elle est son propre simulacre pur.

Dans le premier cas, l’image est une bonne apparence – la représentation est de l’ordre du sacrement. Dans le second, elle est une mauvaise apparence – de l’ordre du maléfice. Dans le troisième, elle joue à être une apparence – elle est de l’ordre du sortilège. Dans le quatrième, elle n’est plus du tout de l’ordre de l’apparence, mais de la simulation.”

Pour imager, on peut associer ces quatre étapes à ce qu’il se passe quand on prend une photo pour immortaliser un moment jusqu’à celui où on va la poster sur un réseau après l’avoir modifiée, arrangée. Pour ceux qui vont la voir, elle est effectivement de l’ordre de l’apparence et ne représente rien.

Walter BENJAMIN, un artiste en herbe

Ilustracion-Walter-Benjamin-Ilustraciones-MepolWalter BENJAMIN à étudié la reproductibilité de l’œuvre d’art ; il étudie ainsi la notion d’aura et dit : ce qui, dans l’oeuvre d’art, à l’époque de la reproduction mécanisée, dépérit, c’est son aura. A la reproduction même la plus perfectionnée d’une œuvre d’art, un facteur fait toujours défaut : son hic et nunc, son existence unique au lieu où elle se trouve. Les composantes de l’authenticité se refusent à toute reproduction, non pas seulement à la reproduction mécanisée. L’authenticité d’une chose intègre tout ce qu’elle comporte de transmissible de par son origine, sa durée matérielle comme son témoignage historique. On peut par exemple étudier la photographie qui est une des sources de reproduction les plus développé.

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Walter BENJAMIN a écrit un texte appelé « La petite histoire de la photographie » , il y dénonce la reproduction d’œuvre d’art et par exemple celle de la photographie, en effet il nous montre comment la reproduction d’une œuvre d’art lui fait perdre son aura, comment la reproduction qu’elle soit mécanisé ou non détruit le hic et nunc de la photographie : « Le hic et nunc de l’original forme le contenu de la notion de l’authenticité, et sur cette dernière repose la représentation d’une tradition qui a transmis jusqu’à nos jours cet objet comme étant resté identique à lui-même. ». On peut ainsi faire un lien avec nos réseaux sociaux liés à la photographie comme Instagram. En effet comme le dit Walter BENJAMIN la photographie est un élément reproductible, on le remarque avec Instagram, cette application photo permet de partager des photographies quelles soient personnelles ou autres, seulement ces photographies sont exposées à la reproduction et à la réutilisation, elles peuvent également se retrouver sur plusieurs appareils ce qui permet de déduire que leur reproduction est pratiquement immédiate lorsqu’un individu utilise ce type d’application. La photographie permet également de transformer une œuvre physique en œuvre électronique ce qui vaut à une reproduction ; on peut donc dire que les réseaux sociaux dédiés à la photographie sont un des moyens les plus courants pour la reproduction d’une œuvre ou autre. La perte de l’aura des œuvres d’art est ainsi de plus en plus présente, on a une massification de leur reproduction et une perte de la valeur culturel de celle-ci ; aujourd’hui les œuvres d’arts sont rarement uniques ; cette valeur devient du loisir.

Par exemple nous pouvons citez la « Joconde » de Léonard de Vinci qui présente aujourd’hui de nombreuse répliques et une numérisation photo surdimensionner; cette oeuvre d’art à été manipuler à tout va, on peut actuellement retrouver plusieurs version de la « Joconde ». C’est un exemple de l’oeuvre de la reproduction, qui dénature les œuvres et leur font perdre leur aura; nous sommes faces à une dégradation de la culture et de se qui la nourrit.